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Syrie. La faim se répand dans un contexte de pandémie et d’effondrement économique

Les organisations humanitaires demandent aux États participants à la
conférence des donateurs sur la crise syrienne, qui se tient à Bruxelles
les 29 et 30 juin, de trouver des réponses adéquates face à l’impact de la
pandémie de COVID-19 sur la situation humanitaire en Syrie. 

Les Syriens, qui ont déjà enduré près de dix ans de guerre et de déplacements
forcés, sont maintenant confrontés à un risque de famine sans précédent. Les
organisations humanitaires alertent sur la dégradation de la situation humanitaire en
Syrie à l’approche d’une conférence annuelle cruciale sur la crise syrienne. 

À cause des restrictions liées à la COVID-19, de l’effondrement de la livre syrienne et
du déplacement forcé de millions de personnes, un nombre sans précédent de
familles en Syrie se retrouvent dans l’impossibilité de se nourrir ou d’obtenir des
revenus suffisants pour se procurer les produits de première nécessité. 9,3 millions
de Syriens vont dormir le ventre vide et plus de 2 millions d’autres risquent de
connaître le même sort – soit une augmentation de 42 % des Syriens menacés
d’insécurité alimentaire depuis 2019. 

Organisée par l’Union européenne et les Nations unies le 30 juin, la conférence de
Bruxelles sur la Syrie a pour but de collecter des fonds et de prendre des décisions
politiques fortes pour aider les Syriens à l’intérieur du pays et ceux refugiés dans les
pays frontaliers. Les organisations humanitaires Oxfam, Humanity & Inclusion, CARE
International, World Vision International, International Rescue Committee, Mercy Corps, and
the Norwegian Refugee Council avertissent que sans une augmentation du
financement de l’aide humanitaire et une amélioration de l’accès humanitaire, de
nombreux Syriens, dont les réfugiés dans la région, seront laissés dans une situation
de pauvreté. Près d’une décennie de guerre a plongé les Syriens dans une spirale de
désespoir et de misère qui ne cesse de s’aggraver chaque année. L’aide
internationale est plus que jamais nécessaire. 

Dans le Nord-Ouest de la Syrie, le cessez-le-feu négocié entre la Turquie et la Russie
est de moins en moins respecté, avec des combats et des bombardements aériens
signalés depuis le mois de mai. Les gouvernorats d’Idlib et du nord d’Alep, qui
abritent plus de 4 millions de personnes – dont beaucoup ont été déplacées à
plusieurs reprises – sont confrontés à une catastrophe potentielle en cas d’épidémie
de COVID-19. Beaucoup vivent dans des camps de fortune insalubres et surpeuplés
ou dorment à la belle étoile. L’eau est rare et les infrastructures sanitaires sont
détruites. Ces dernières semaines, une nouvelle vague de violence dans le sud d’Idlib
a forcé des centaines de familles à fuir dans la précipitation et à quitter à nouveau
leurs maisons ou leurs tentes. 

Dans le Nord-Est de la Syrie, les premiers cas de COVID-19 ont été confirmés il y a
plus d’un mois. Le manque de préparation suscite de fortes inquiétudes. Les
capacités de test sont largement insuffisantes, les établissements de santé sont
sous-équipés et la principale station de pompage d’eau qui fournit 460 000
personnes tombe régulièrement en panne. Comme dans le Nord-Ouest, il est
particulièrement difficile de prendre des mesures pour prévenir la propagation du
Coronavirus dans les nombreux camps surpeuplés et les campements informels.
Dans les zones contrôlées par le gouvernement, comme dans les pays voisins qui
accueillent des réfugiés, les Syriens sont confrontés à la menace de la COVID-19, à
l’impossibilité de travailler et à une crise économique croissante dans la région,
rendant leur situation plus difficile que jamais. 

 Les organisations humanitaires appellent les dirigeants internationaux à apporter un
soutien financier aux Syriens dans leur pays et aux Syriens réfugiés dans la région
pour leur donner une chance non seulement de survivre, mais aussi de reconstruire
leur vie dans la sécurité et la dignité. Nous demandons également au Conseil de
sécurité des Nations unies de renouveler la résolution sur l’aide transfrontalière à la
Syrie pour une période de 12 mois et d’autoriser à nouveau l’accès au Nord-Est du
pays pour que les personnes vulnérables puissent recevoir une aide vitale. Il est
crucial d’améliorer l’accès aux personnes dans le besoin dès maintenant afin que les
organisations humanitaires puissent soutenir les familles qui luttent contre la
pandémie et la crise économique qui traverse le pays. 

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