A l’occasion de la journée
internationale des travailleurs et travailleuses domestiques, des
syndicats, des associations et personnalités, se mobilisent pour réclamer le
respect de leurs droits, le 16 juin à partir de 14h à Paris sur le Parvis des
Droits de l’Homme. Un tribunal populaire sera
mis-en-scène par la troupe féministe les Culottées du Bocal, ponctué d’interventions
réelles.
L’un des métiers les plus vulnérables au monde, à risque d’esclavage moderne
Elles font le ménage dans nos bureaux, nos maisons,
gardent nos enfants, prennent soin de nos parents âgés ou malades. En France,
aux Philippines ou au Guatemala, ces 67 millions de travailleurs et travailleuses de l’ombre – à plus de 80%
de femmes – effectuent les heures de travail les plus longues pour les salaires
les plus bas. Comme s’il n’était pas considéré comme un véritable emploi, les
travailleurs et travailleuses
domestiques ne bénéficient pas d’un cadre légal adapté.
« En France, ces travailleurs et travailleuses
sont régulièrement victimes de violations de droits par certains employeurs,
une situation exacerbée du fait qu’elles s’exercent dans la sphère privée où
l’inspection du travail n’intervient pas. La plupart d’entre elles sont
migrantes et sont soumises à diverses formes de discriminations, voire
d’exploitation», indique Zita Cabais-Obra, Secrétaire Générale du Syndicat
CFDT des Assistantes Maternelles et Salariés des Services à la Personne IDF
(SAMSSAP).
Les conventions de l’Organisation Internationale du Travail,
pour garantir une protection légale
Les
gouvernements doivent prendre des mesures concrètes pour offrir une protection
spécifique aux travailleuses domestiques.
« A ce jour, seuls 25 États ont ratifié la Convention 189 de l’OIT sur le travail décent des travailleurs et travailleuses
domestiques. Il est urgent que tous les États, et notamment la France, se
dotent de ce cadre normatif pour garantir à ces personnes des conditions de
travail dignes », conclut Nicole Teke, d’ActionAid France.
La Conférence
Internationale du Travail qui vient de se terminer à Genève le 8 juin a
également traité d’un sujet qui concerne les travailleurs et travailleuses du monde entier, y compris les
travailleuses domestiques. Entreprises, syndicats et gouvernements viennent en
effet d’acter le principe d’une nouvelle convention contraignante visant à
lutter contre la violence et le harcèlement au travail pour l’ensemble des
travailleurs et travailleuses.
« Une étape décisive vient d’être franchie
pour protéger les femmes du monde entier contre la violence au travail mais le
monde du travail doit rester mobilisé pour s’assurer de l’adoption de cette
convention l’an prochain » commente Sophie Chassot, experte droits des femmes chez CARE France.
Retrouvez-nous le 16 juin à 14h sur le Parvis des Droits de
l’Homme !
Participants à la mobilisation du 16 juin
Zita Cabais-Obra, Secrétaire Générale du Syndicat CFDT
– SAMSSAP ; Nicole Teke, Chargée de mission droits des femmes chez
ActionAid France-Peuples Solidaires ; Sophie Chassot, Chargée de plaidoyer
chez CARE France ; Comité de Lutte contre l’Esclavage Moderne (CCEM), Myriam
Fofana représentante du syndicat UNSA – SNAP ; Sandrine Rousseau,
co-auteure de « Du
balai. Essai sur le ménage à domicile et le retour de la domesticité » ; Caroline Ibos, chercheure
au Laboratoire des études de genre et sexualité (CNRS), auteure de « Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les
mères » ; Charlotte Bienaimé,
journaliste.