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Yémen. Armes françaises : utilisation de navires de guerre de fabrication française dans le blocus maritime

Seize ONG appellent à la fin des ventes d’armes à
l’Arabie saoudite et aux Émirats face au risque de complicité dans de graves
violations.

De multiples révélations sur le risque d’utilisation d’armes françaises contre des
populations civiles au Yémen.

Seize ONG humanitaires et de
défense des droits humains ont exhorté aujourd’hui le gouvernement français à clarifier
publiquement sa position sur l’utilisation d’armes
françaises au Yémen, après de nouvelles révélations de presse sur la participation de navires de guerre
de fabrication française à la mise en œuvre du blocus qui a contribué de
manière significative à l’aggravation de la crise humanitaire au Yémen.

Face à l’accumulation des
révélations sur le risque d’utilisation d’armes françaises contre des
populations civiles au Yémen, les autorités françaises ne peuvent plus se
contenter d’affirmer que la France a l’un des systèmes d’exportations
d’armement les plus stricts au monde.

Dans son rapport rendu public
au début du mois, le Groupe d’éminents experts de l’ONU sur le Yémen estime que le blocus maritime imposé par la coalition
menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen pourrait être
qualifié de « punition collective », en violation du droit
international humanitaire, et que la coalition pourrait avoir utilisé la « faim
comme méthode de guerre », ce qui constitue un crime de guerre.

L’enquête open source menée
par Disclose, Arte, Mediapart, Radio France
et Lighthouse apporte
la preuve visuelle de l’utilisation de frégates saoudiennes et de corvettes
émiraties de fabrication française dans l’arraisonnement de navires commerciaux
dans le cadre du blocus maritime. Frégates et corvettes, bien que vendues avant
la guerre, font toujours l’objet de contrats de maintenance soumis à des
licences délivrées par le gouvernement. L’enquête souligne une nouvelle fois le
risque, pour la France et ses entreprises de défense, d’être complices de crimes
de guerre au Yémen.

La France doit stopper ses ventes d'armes aux parties au conflit au Yémen

Face à l’inquiétude légitime
de l’opinion publique sur l’implication de la France dans le conflit au
Yémen, les ONG signataires demandent au Président de la République, au
Premier ministre, à la Ministre des Armées et au Ministre de l’Europe et des
Affaires étrangères de clarifier publiquement leur position sur la présence
d’armement français au Yémen et le respect par la France de ses obligations internationales.

Les ONG signataires appellent
une nouvelle fois la France à suspendre immédiatement ses transferts d’armes à
l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis face au risque de complicité dans
de graves violations, conformément aux recommandations des experts de l’ONU.

Une
telle décision n’aurait rien d’inédit : depuis 2016, 12 pays européens,
dont l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Royaume Uni, ont annoncé des
mesures pour suspendre ou limiter leurs exportations d’armement en raison du
conflit au Yémen.

ONG signataires

ACAT ; Action Contre la
Faim ; AIDL ; Cairo Institute for
Human Rights Studies ; CARE France ; FIDH ; Handicap
International ; Human Rights Watch ; Ligue des droits
de l’Homme (LDH) ; Médecins du Monde ; Observatoire des
armements ; Oxfam France ; Première Urgence
Internationale ; Sherpa ; SumOfUs ; Yemen Solidarity
Network

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