Dix-sept
organisations humanitaires travaillant au Yémen demandent l’ouverture complète
et inconditionnelle du port d’Hodeida pour permettre l’importation continue de
nourriture et de fuel.
Trente jours sont insuffisants pour réparer les dommages causés entre les mois de novembre et décembre et inverser la tendance.
Une période de concession de trente jours, autorisant la livraison de bien commerciaux, a accordé un bref répit dans un contexte de blocus prolongé des ports yéménites de la Mer Rouge. Les parties au conflit ont la responsabilité de limiter l’impact de la guerre sur les civils, ainsi que l’ensemble des facteurs qui exacerbent leurs souffrances, alors que plus de 8 millions de personnes sont déjà au bord de la famine.
Trente
jours sont insuffisants pour réparer les dommages causés entre les mois de
novembre et décembre et inverser la tendance. Des biens commerciaux et
humanitaires ont été déchargés dans les ports yéménites de la Mer Rouge depuis
que la coalition menée par l’Arabie Saoudite a annoncé l’ouverture temporaire
des ports aux navires commerciaux le 20 décembre dernier. Cependant,
l’incertitude pour les compagnies maritimes importatrices et distributrices,
favorise le maintien de l’inflation, rendant la nourriture inabordable pour la
plupart des Yéménites.
Bien que les importations de nourriture aient augmenté
au court de la période de concession, moins de 25 % du fuel arrivant
habituellement au Yemen via les ports de la Mer Rouge entrent actuellement dans
le pays. Les prix des produits de base ont à peine diminués depuis le début du
blocus, aggravant l’insécurité alimentaire déjà dramatique à travers le pays.
Les
importations de biens pour le Yémen doivent augmenter et être améliorées pour
changer les circonstances qui sont toujours sources de faim, de maladies, et de
souffrance.
Shane Stevenson, Directeur pays d’Oxfam au Yémen déclare : « Si le
port d’Hodeida est fermé une fois de plus, des millions de yéménites
souffriront sans la nourriture, le fuel et l’eau potable dont ils ont besoin
pour survivre. Dans ce qui ressemble à une guerre sans fin, toutes les parties
au conflit jouent avec le feu et doivent maintenant arrêter de mettre en péril
la vie des gens sans même sourciller. »
Le
blocus de l’ensemble des points d’accès au Yémen par la coalition a engendré
des pénuries dramatiques de nourriture et de fuel, et l’augmentation des prix a
empêché les populations d’accéder à de l’eau propre, de la nourriture et des
soins médicaux. Plus d’un million de cas suspectés de cholera ont été recensés
au Yémen, et des centaines de personnes sont maintenant affectées par la
diphtérie. Un blocus permanent, ou l’absence d’action pour sécuriser des
importations de manière continue dans le temps, auront des conséquences
irréversibles sur le Yémen, jusqu’à son effondrement.
La communauté internationale doit prendre ses responsabilités
Tamer Kirolos, directeur pays de Save the Children
au Yémen déclare: « Des millions de yéménites ont urgemment besoin de la
nourriture, des médicaments, et du fuel, qui pourraient transiter par Hodeida
si le blocus de la coalition était entièrement levé, et si le port opérait à
pleine capacité. Le pays entier peine à survivre et les enfants sont, comme
toujours, les plus affectés. Tout plan ou accord trouvé par n’importe quelle
partie au conflit qui ignorerait cela ne pourra qu’aggraver le calvaire des
populations yéménites et entraver le travail de la communauté humanitaire dont
le but est de sauver des vies et d’atténuer les souffrances. »
La livraison éminente de nouvelles grues pour le port
d’Hodeida est un signe de bonne volonté qu’il faut saluer. C’est une étape
positive pour augmenter la capacité du port le plus vital du Yémen.
Afin de
poursuivre dans ce sens, les organisations signataires appellent la coalition à
aller plus loin, et ouvrir le port d’Hodeida, sans condition ni échéance qui
empêchent les importations des biens commerciaux vitaux. Nous soulignons à
nouveau à quel point les ports yéménites de la Mer Rouge sont cruciaux pour
assurer les flux de marchandises de la manière la plus rapide, économique et
sûre possible. Aucun autre port ne peut remplacer celui d’Hodeida.
Nous
appelons la communauté internationale à faire entendre sa voix, et prendre ses
responsabilités pour assurer aux populations du Yémen l’accès à assez de
nourriture pour survivre. Il est plus que temps d’exercer des pressions
diplomatiques pour pousser les parties au conflit à faire des choix courageux, humains
et mettre un terme à ce conflit.
Signataires
ACTED, Action Contre la Faim, CARE International, Danish Refugee Council, Global Communities, International Rescue Committee, INTERSOS, Médecins du Monde, Mercy Corps, Norwegian Refugee Council, Oxfam, Relief International, Save the Children, Search for Common Ground, Vision Hope International, War Child UK, ZOA
Contacts presse
Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org ou Camille Nozières, nozieres@carefrance.org au 07 86 00 42 75