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Yémen. Quatre ans de guerre : le quotidien des populations raconté par nos équipes sur place.

Depuis quatre ans, une terrible guerre ravage le Yémen. C’est
aujourd’hui, la pire crise humanitaire au monde. Les populations sont à bout de
souffle, à bout d’espoir. Découvrez les témoignages de nos équipes sur place. 

Au Yémen, chaque jour est une épreuve pour manger.

Quand sera notre prochain repas ? Telle est l’obsession de
chaque famille. Les haricots constituaient la base de notre alimentation.
Désormais, on se débrouille avec un peu de pain, du thé et du yaourt. Beaucoup
de familles sautent un ou deux repas.

En ville, tu peux trouver de quoi manger. Mais il faut
pouvoir le payer : le prix de la nourriture s’est envolé, une augmentation
de 150% par rapport à 2015. Les produits de première nécessité (nourriture,
carburant, médicaments) sont de plus en plus rares et chers car leur importation
est extrêmement difficile.
Pour ceux qui n’ont pas de travail, ceux qui ne sont
plus payés comme les fonctionnaires depuis 2016 ou dans les campagnes, c’est
très compliqué. Il y a d’ailleurs eu plusieurs alertes de zones de famine au
cours des années passées.

Aujourd’hui, 24 millions de personnes, soit 80 % de la
population totale du pays ont besoin d’aide humanitaire de toute urgence.
Mais
les combats, les embargos, les obstacles administratifs et le manque de
financements internationaux empêchent les ONG de répondre à tous les besoins
humanitaires. 

La guerre tue à cause des combats mais aussi par le manque d'accès aux soins.

Les populations civiles et les infrastructures publiques
(hôpitaux, écoles, fermes, marchés, services d’approvisionnement en eau et en
nourriture) sont régulièrement attaquées en toute impunité. Le manque d’eau
potable et la dégradation des conditions d’hygiène ont provoqué une terrible
épidémie de choléra.

Au Yémen, les populations sont piégées, dans l’impossibilité
de fuir ou de se faire soigner à l’étranger, du fait de la fermeture des ports
et aéroports. Et dans le pays, seule la moitié des centres de santé fonctionne
encore.
On peut encore se faire soigner en villes mais c’est très difficile à
la campagne. Pour une femme qui va accoucher par exemple, il faut trouver un
véhicule en état de marche, de l’essence et un itinéraire sûr. Un trajet qui
prenait dix minutes peut exiger cinq ou six heures. 

Le pays est dévasté.

L’économie est en ruine : avant une famille de trois ou
quatre vivait avec le salaire d’une personne. Aujourd’hui, celui ou celle qui
perçoit encore un salaire doit faire vivre une douzaine de proches.

Dans les centres urbains, il y a des files d’attente
partout. Des femmes dorment dans leur voiture pour accéder aux stations-services
ou acheter du gaz pour cuisiner. Comme il y a peu et il coûte cher, les gens cherchent du carton, des journaux ou des bûches pour préparer leur repas.

Les populations sont usées par la guerre.

Au début, les gens croyaient que l’affaire serait réglée en
quelques semaines ou quelques mois. Aujourd’hui, tout le monde est usé par la peur,
le stress, la mort…
Sur les murs des villes sont affichés les portraits des hommes tués au
combat. Des familles ont perdu leur père, leurs enfants.

Dans beaucoup d’endroits, on subit les frappes aériennes
nocturnes et le manque de sommeil. Des villes comme Taiz, Hodeïda ou Saada sont
en état de siège ou le théâtre d’intenses combats. Une culture de la guerre
s’est enracinée chez les enfants qui sont plus violents ou traumatisés par la
guerre.   

Aujourd’hui, tout le monde veut juste la paix. Et un même
sentiment les rassemble : celui d’avoir été totalement abandonnés par la
communauté internationale.

L’action de CARE au Yémen

CARE fait partie des rares ONG internationales
toujours présentes au Yémen. Dans des conditions extrêmement difficiles, nous
apportons une aide à 1,5 million de personnes chaque mois.

  • Sécurité
    alimentaire
    : distribution de nourriture et d’assistance financière, soutien à
    l’agriculture, distribution de semences et petits ruminants.
  • Eau et
    assainissement :
    réhabilitation des sources d’eau, construction de toilettes,
    distribution de kits d’hygiène, sensibilisation à l’hygiène pour prévenir la
    propagation de maladies d’origine hydrique comme le choléra.
  • Santé maternelle et
    reproductive :
    soutien de maternités et centres de santé, formation de
    personnel de santé et sages-femmes.
  • Soutien à
    l’autonomisation économique des jeunes :
    formations professionnelles, accompagnement
    technique et distribution de prêts pour les femmes qui veulent développer des
    petites entreprises.

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