Au sud du Zimbabwe, la superficie des forêts ne cesse de diminuer. Le changement climatique intensifie les sécheresses, et les communautés dépendent du bois pour cuisiner, se chauffer, ce qui accélère la déforestation. Découvrez l’histoire de Soeur et sa famille, qui ont pu bénéficier d’une solution écologique pour limiter l’utilisation du bois. Et les impacts positifs vont bien au-delà !

Le bois de chauffage, source d’énergie principale pour les
populations au Zimbabwe
Sœur Hlongwani a 61 ans et vit avec sa famille dans le
village de Neshuro, au sud-est du pays. Pour elle comme pour sa communauté, le
bois est une ressource précieuse, nécessaire à leur survie depuis des
générations.
« Depuis des temps immémoriaux, le bois de chauffage est
notre source d’énergie principale. »
Mais Sœur Hlongwani en a conscience. La surexploitation du
bois par sa communauté a un impact sur l’environnement, et finira à terme par
priver des milliers de personnes des ressources naturelles précieuses. Elle
nous confie même avoir vu les changements : les pâturages et les forêts
diminuent au fil des ans.
Mais les conséquences ne se limitent pas à la sauvegarde de
l’environnement. La pollution intérieure due aux feux à ciel ouvert est
également source de préoccupation. Elle peut entrainer des maladies
respiratoires, particulièrement pour les femmes et les enfants qui passent plus de temps dans les cuisines ou autour des cheminées.
Le biogaz, une solution durable contre la
déforestation qui facilite la vie des communautés
Dans le village de Sœur Hlongwani, CARE et ses partenaires
mènent un projet pour permettre de réduire la dépendance des communautés
locales au bois de chauffage, simplifier leur quotidien, et protéger
l’environnement. Comment ? En les aidant à avoir accès à une source d’énergie
écologique, grâce à la distribution de matériel pour construire un digesteur à
biogaz, qui permet de nourrir une famille entière à raison de 3 repas par jour.
Cette solution écologique permet de réduire les émissions de dioxyde de carbone
dans l’atmosphère, tout en évitant la découpe du bois.
« Nos vies ont depuis changé depuis que nous avons commencé
à utiliser le biogaz. Il nous fait gagner du temps tout en protégeant la
planète. Nous avons maintenant plus de temps pour travailler à la ferme et
faire d’autres activités, plutôt que d’aller chercher du bois de chauffage. »
La famille utilise de la bouse de vache fraîche issue de
leur bétail comme combustible. Mieux encore : le lisier restant peut être
utilisé comme engrais écologique pour leur jardin !
Un système qui permet de lutter
contre la descolarisation des filles
Vous vous demandez quel est le lien entre biogaz et accès à
l’éducation des filles ? On vous explique : dans les zones rurales du Zimbabwe,
la tâche d’aller chercher le bois de chauffage quotidiennement est souvent
réservée aux femmes et aux enfants, particulièrement et aux filles. Sur la
route, elles sont vulnérables face aux abus, et beaucoup arrivent à l’école en
retard, ou trop fatiguées pour suivre les cours.
L’arrivée du biogaz dans la famille a changé la vie de Sœur
et ses petites filles.
« Mes petits-enfants n’ont plus à aller chercher du bois de
chauffage avant d’aller à l’école. Mes petites filles ont maintenant plus de
temps pour se concentrer sur l’école et leurs corvées ont diminué. Elles n’arrivent plus à l’école fatiguées ou en retard, et elles ont plus
de temps pour lire. Je prévois maintenant de brancher le gaz pour avoir des lumières dans la maison pour que mes petits enfants puissent lire davantage et
réussir à l’école ! »
Et la routine du matin pour préparer le déjeuner du midi a
bien changé !
« Ils ont simplement
à faire bouillir de l’eau, cuire leurs aliments et les ranger dans leurs boîtes
à lunch désormais. Ils sont si heureux. »
Soutenir les producteurs et productrices pour les aider à se
développer
Vous pensiez qu’on s’arrêterait là ? Et bien non ! Nos
équipes soutiennent également les familles comme celles de Sœur Hlongwani en les
aidant à améliorer leurs cultures et développer leur élevage, en les
encourageant à produire des petites céréales et des légumineuses, et à
rejoindre les associations villageoises d’épargne et de crédit, qui permettent aux membres de la communauté de bénéficier de prêts basés sur la
solidarité. Et les effets ne se sont pas fait attendre !
« Cette année, nous avons réussi à planter des noix, des
arachides, des patates douces, du millet, du sorgho, des haricots rouges et du
maïs. J’ai aussi réussi à acheter des chèvres, des poulets, des ustensiles de
cuisine et même des assiettes, casseroles et poêles. »
Alors, on continue de changer des vies comme celle de Sœur Hlongwani et sa famille ensemble ?
L'action de CARE contre le changement climatique
La lutte contre les impacts climatiques est l’une de nos priorités sur le terrain et rejoint la lutte contre l’extrême pauvreté et les
injustices.
- CARE soutient les populations affectées par
des chocs climatiques ponctuels (tempête, inondations) ou de long
terme (variabilité des saisons et des précipitations). - CARE met
en place des programmes de préservation de l’environnement et d’adaptation au changement climatique : soutien agricole aux communautés
qui souffrent de la disparition des glaciers ; mise en place de réseaux
d’accès à l’eau ; projets de plantation de mangroves et de restauration
de systèmes de défense côtiers. - CARE participe également
aux négociations internationales sur le climat et mène des actions de
plaidoyer pour inciter les gouvernements à mettre en oeuvre des
politiques climatiques ambitieuses.