Équateur

Équateur : adaptation au changement climatique des populations andines par la gestion, la conservation et la restauration des landes d’altitude (páramos) dans le canton de Pedro Moncayo, dans la province de Pichincha

Fiche projet

Début : avril 2016
Fin : avril 2019
Localisation : Equateur
Budget : 379 060 €
Partenaires locaux : Gouvernement municipal de Pedro Moncayo et UCCOPEM (Union de comunidades campesinas y organizaciones de Pedro Moncayo – Union des communautés paysannes et des organisations de Pedro Moncayo) et Turujta
Financé par : Fondation Ensemble, Gouvernement autonome décentralisé du canton de Pedro Moncayo
Bénéficiaires : Bénéficiaires directs : 1000 personnes (200 familles des 2 paroisses d’intervention : Tabacundo et Tupicachi) 20% de ces familles sont dirigées par une femme. Bénéficiaires indirects : 3 000 producteurs agricoles

Le changement climatique et la migration des paysans de la province de Pichincha, au Nord de l’Équateur, vers les Hautes Andes modifient dangereusement les écosystèmes. CARE intervient afin d’accompagner les agriculteurs à développer des techniques d’agriculture durable permettant la préservation des sources d’eau et des ressource naturelles.

Contexte

Pichincha est un territoire composé d’écosystèmes de páramos1 qui englobent des zones lacustres et des agro-systèmes extrêmement sensibles aux variations du climat local. Le changement climatique constitue la menace principale pour les zones de production de Pichincha.

De plus, ces dernières années, la création d’une ceinture industrielle dans la province de Pichincha a provoqué la migration des paysans de la région vers les páramos des Hautes Andes, et donc celle de leurs modèles productifs. Cela a entraîné une extension de la frontière agricole vers une zone où ces activités n’avaient pas été prévues.

Ce phénomène a directement affecté la représentativité de divers écosystèmes qui offraient une marge de tolérance et une meilleure adaptation face aux effets du changement climatique. Il s’agit notamment des forêts de montagne et de brouillard, des páramos et des zones humides, considérés comme les écosystèmes ayant une importance hydrique cruciale pour le pays.

Cette situation est très néfaste pour l’environnement, car le déplacement systématique de la frontière agricole vers la partie haute de la montagne, en plus d’être appliquée dans des écosystèmes fragiles comme les páramos, est très peu avancée technologiquement, peu efficace et a un coût de production élevé, ce qui provoque une dégradation rapide des sols. Les petits producteurs, les communautés indigènes et les familles ne disposent pas d’une couverture de services d’assistance technique et financiers pour leur permettre d’inverser cette tendance.

Objectifs

Objectif général :
Réduire la vulnérabilité des communautés situées dans les páramos des Hautes Andes des paroisses de Tupigachi et Tabacundo du Canton de Pedro Moncayo face aux impacts du changement climatique sur leurs moyens d’existence.

Objectifs spécifiques :

1. Contribuer à la préservation des sources d’eau du páramo situé dans le système lacustre Mojanda, tributaire du bassin versant de Pisque, principale source hydrique pour la production du Gouvernement autonome décentralisé (GAD) de Pedro Moncayo.

2. Construire et mettre en place, en collaboration avec le GAD du canton de Pedro Moncayo (province de Pichincha), un service d’assistance technique pérenne pour la communauté, fondé sur des pratiques d’agriculture durable et d’adaptation au changement climatique en veillant particulièrement à la préservation des sources.

Activités

Résultat 1 : Des techniques de restauration écosystémique des páramos sont mises en œuvre par des systèmes agroforestiers, sylvo-pastoraux et de foresterie associées à une forte participation communautaire.

Résultat 2 : Programme d’assistance technique pérenne développé, mis en place et destiné aux communautés et aux familles, en mettant l’accent sur des techniques agricoles d’altitude résilientes au changement climatique et sur l’amélioration des conditions de vie.

Résultat 3 : Les GAD municipaux et paroissiaux s’appuient sur des réglementations, des méthodologies et des outils qui garantissent la planification du territoire selon des logiques d’adaptation au changement climatique.

Activités :

  • Réalisation d’un diagnostic socio-environnemental du système lacustre Mojanda-Cajas.
  • Mise en place d’un programme d’éducation environnementale et de recherche participative.
  • Mise en place de 6 pépinières familiales.
  • Développement d’une assistance technique grâce à un programme de formation via des écoles pour le développement de techniques agro-écologiques.
  • Création d’entreprises inclusives2 liées aux chaînes de valeur agricoles existantes, permettant aux personnes les plus pauvres de créer de la valeur elles-mêmes et d’améliorer leurs conditions de vie.
  • Renforcement des capacités des équipes techniques du GAD local par l’élaboration, l’utilisation et la gestion des plans d’adaptation territoriale.
  • Soutien apporté au GAD local dans la systématisation de modèles transposables pour garantir la gestion d’écosystèmes de páramos.
  • Création d’un fonds monétaire grâce au soutien technique et financier du GAD et à la communauté locale afin de financer les techniques de conservation de l’écosystème.

1. Le Páramos est un biotope néo-tropical d'altitude, qu'on trouve dans la Cordillère des Andes, entre la limite des forêts et les neiges éternelles, caractérisé par une végétation faible en arbres, une forte exposition aux rayons ultraviolet, des basses températures et une humidité élevée. Les páramos ont une valeur scientifique et écologique importante pour sa flore endémique et son paysage unique (fonction écologique). Par ailleurs, ces landes sont essentielles à la régulation de l'hydrologie régionale et constituent la source d'eau potable pour la plupart de la population de la partie nord de la Cordillère des Andes (fonction hydrologique). Au total, le stockage de l'eau dans le premier mètre de sol peut atteindre des valeurs allant jusqu'à plus de 500 mm, équivalent à la moitié des précipitations annuelles.

2. Les entreprises inclusives sont des activités économiques qui permettent de promouvoir la participation des personnes les plus pauvres dans des chaînes de création de valeur ajoutée. Ces personnes parviennent ainsi à créer de la valeur pour elles-mêmes et à améliorer leurs conditions de vie. Une entreprise inclusive s’intègre aux secteurs à faibles revenus, que ce soit en tant qu’associés, consommateurs, fournisseurs ou distributeurs.