27 juin 2017

Il a suffi d’un voyage en Roumanie en 1995 pour que Cécile ne quitte plus jamais ce pays, ni des yeux ni du cœur. Désormais responsable des projets en Roumanie à mi-temps au sein de CARE France, elle consacre l’autre partie de la semaine à son autre passion : la sculpture. Découvrez son portrait.

Cécile sur les plans d'une maison de type familial en Roumanie © CARE

En quoi consiste ta mission chez CARE France ?

Je suis responsable du suivi des programmes en Roumanie. Je m’assure que les fonds collectés en France et transférés en Roumanie soient utilisés à bon escient et que les projets se déroulent de la meilleure façon possible.

La particularité est que je travaille à mi-temps chez CARE, puisque je consacre l’autre partie de ma semaine à mon autre métier et passion : la sculpture. 

Pourquoi la Roumanie ?

En 1995, je suis partie en Roumanie en tant que bénévole dans un orphelinat. J’y suis retournée régulièrement pendant 5 ans pour créer du lien avec les enfants. Une fois diplômée, je n’avais qu’un objectif : travailler pour cette cause. Je travaille avec ce pays depuis une quinzaine d’années ; auparavant dans une ONG anglaise, et maintenant chez CARE France. 

Pourquoi as-tu décidé de t’engager auprès de CARE France ?

C’était il y a 8 ans. J’avais un atelier et je travaillais à côté, dans le secteur vinicole. J’ai appris que CARE France recherchait une personne qui correspondait en de nombreux points à mon profil : j’ai alors décidé de retourner travailler pour cette cause.  

Quel est ton souvenir le plus marquant chez CARE France ?

J’ai visité un centre pour enfants en situation de handicap dans l’est du pays, un bâtiment délabré et glauque, avec un dédale d’escaliers. Les enfants qui logeaient à l’étage sortaient très peu, à cause du manque d’équipements adaptés et de personnel – il n’y avait pas d’ascenseur par exemple.

En descendant les escaliers, j’ai aperçu une salle vitrée et, à l’intérieur, une petite fille. Elle avait été mise à l’écart car, nous avait dit le personnel, elle était violente. Mes collègues de SERA Romania et moi étions bouleversés de cette mise à l’écart totale ; cette enfant semblait sans vie. Six mois plus tard, j’ai revu cette petite fille dans la maison de type familial que nous avions construite et qu’elle avait intégrée avec d’autres enfants : elle était transformée. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un miracle car certains traumatismes restent, mais la voir souriante, en train de jouer, m’a fait un bien fou. Des cas comme celui-ci, j’en ai vus des centaines, mais je me souviendrai toujours de cette petite fille.

Zoom sur SERA

SERA (Solidarité Enfants Roumains Abandonnés) travaille en Roumanie depuis 1990 pour la protection des enfants en difficulté et lutte contre leur abandon. Nos collègues locaux sont des spécialistes des thèmes liés à la cause de l’enfant. Ils nous apportent une expertise, tant dans la mise en place des projets que dans le plaidoyer auprès des institutions politiques ou médias. 

En 2003, CARE France a fusionné avec SERA France, permettant ainsi de pérenniser l’action de l’association roumaine.