19 février 2015

Bénin : comment améliorer l'accès des populations rurales à l'eau et à l'assainissement ?

Le manque d'eau potable et d'installations sanitaires portent atteinte aux efforts visant à mettre fin à l'extrême pauvreté et aux maladies (choléra, diarrhée...). Au Bénin, CARE participe à améliorer les conditions de vie des habitants des zones rurales en construisant des points d'eau et des latrines.

Le manque d'eau et d'assainissement a de graves conséquences sur la santé

L'ONG humanitaire CARE mène des projets d'accès à l'eau et l'assainissement au Bénin
2014/ CARE

Les départements béninois de l'Oueme et de Borgou comptent parmi les moins desservis en eau. Les problèmes d'accès à l'eau potable et de manque de latrines amènent les villageois à consommer les eaux fluviales souillées par des excréments humains.

Les équipes de CARE travaillent dans 80 villages, 32 écoles et 10 centres de santé. Elles ont déjà réhabilité 90 points d'eaux (sur les 152 prévus d'ici 2016) et débuté la construction de 540 toilettes.

« Ce projet vise à améliorer les conditions de vie des populations rurales du Bénin des maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau », explique Candice Duprix, chargé de mission chez CARE France, qui revient d'une mission de suivi au Bénin.

« Pour cela, nous travaillons sur trois niveaux : le premier est une meilleure gouvernance : nous soutenons les mairies afin qu'elles prennent en charge la gestion des ressources en eau. Notre deuxième objectif est d'améliorer la couverture en eau et l'assainissement du village par la construction ou la réhabilitation d'infrastructures. Enfin, nous soutenons le développement économique des populations par la mise en place d'associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC). »

Témoignage d'Elisabeth : « Aujourd'hui, nous avons de l'eau potable. »

L'association humanitaire CARE mène des projets d'accès à l'eau et l'assainissement au Bénin
2014 / CARE

Veuve, je suis mère de 5 enfants. Je vis dans le village de Sokpètinkon. Avant, notre seule source d'eau était loin et très difficile d'accès. Et ce n'était même pas de l'eau potable. C'était un calvaire pour toutes les femmes, traditionnellement chargée de l'approvisionnement, d'avoir de l'eau chez elles.

Un jour, CARE nous a parlé d'un projet de réalisation de forage dans le village. L'animatrice a mis en place un comité villageois d'hygiène de cinq membres pour que nous soyons impliqués dans toutes les étapes du projet. [Le comité d'hygiène est chargé de veiller à la propreté du village et de diffuser de bonnes pratiques d'hygiène, notamment concernant la gestion du point d'eau. Il permettra au projet de perdurer après le départ de CARE.]

Un matin, de grosses machines sont arrivées. Quelques jours plus tard, une quantité incroyable d'eau sortait de notre sol. L'eau sortait, sortait et sortait encore à ne pas en finir ! C'était du jamais vu, une véritable joie dans le village. Les enfants couraient dans tous les sens ; les femmes s'approvisionnaient en eau. Aujourd'hui, nous avons de l'eau potable à proximité de nos cases.

CARE nous a aussi aidés à créer une association villageoise d'épargne et de crédit (AVEC). J'en suis devenue membre afin de développer mon activité de transformation de manioc et noix de palme.

Témoignage de Moukou : « Les AVEC ont créé une nouvelle solidarité entre les femmes. »

Je vis dans la localité de Bakessini [une localité où CARE n'intervient pas]. Je parle au nom des femmes de mon village qui ont été très intéressées par ce que CARE fait dans un village voisin. Les femmes de chez moi m'ont envoyée pour suivre les réunions de l'association villageoise d'épargne et de crédit (AVEC) mise en place à Dian Badi. Malgré la distance que sépare nos villages, j'ai accepté de me déplacer à plusieurs reprises.

J'ai été très frappée par ce que j'ai vu : la bonne ambiance qui régnait au cours des rencontres. A la fin des réunions, les femmes discutent de propreté, de comment faire pour éviter les maladies, de planning familial. Je comprends mieux maintenant pourquoi le village de Dian badi, qui était toujours sale, a changé d'aspect et est devenu plus propre. Deux choses ont retenu mon attention : la solidarité entre ces femmes et le fait qu'elles ne restent plus à la maison à attendre tout de leurs maris. Elles créent leurs propres activités. Nous avons décidé, nous aussi, de créer notre AVEC.

UN WEBDOCUMENTAIRE SUR LES FEMMES ET LES AVEC

CARE et TV5MONDE présentent un webdocumentaire sur les femmes et la micro épargne, comme outil de développement pour les populations exclues de la micro finance. À travers un documentaire interactif en ligne, « Femmes Lumière » propose cinq portraits de femmes qui partagent une même volonté, sortir de la pauvreté et pour cela deviennent membres d'associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC). En Haïti, Côte d'Ivoire, Cambodge, Madagascar et Bangladesh, ces femmes expliquent leurs parcours, leurs rêves et les défis auxquels font face leurs communautés. Ces rencontres nous permettent également de comprendre le rôle de l'épargne dans la lutte contre la pauvreté.