06 mars 2015

Dans la majorité des pays, les droits des femmes sont bafoués. Voici 6 points pour comprendre ces inégalités et la manière dont nous pouvons tous nous impliquer pour les droits des femmes.

L'association humanitaire CARE défend les droits des femmes
CARE

Quelles sont les inégalités hommes-femmes ?

Les inégalités de genre restent profondément ancrées dans toutes les sociétés. Les droits des femmes sont souvent bafoués, leurs perspectives d'avenir limitées et leurs voix réduites au silence :

En termes d'intégrité physique : 

  • Les violences contre les femmes sont l'une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde et pourtant les moins reconnues.
  • Selon la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour les femmes entre 15 et 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

En termes de vie quotidienne et d'accès aux ressources économiques :

  • Dans la plupart des pays du Sud qui ont ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, des lois sexistes régissent toujours le mariage, la propriété et l'héritage. Ainsi, les femmes ne possèdent que 20% des terres cultivées dans le monde.
  • C'est aussi le cas dans des sociétés dites « égalitaires » : dans les entreprises européennes, le salaire horaire des hommes est supérieur de 16% à celui des femmes. En France, à compétences et expériences égales, les femmes gagnaient 9 % de moins que les hommes en 2012.

En termes de prises de décision :

  • Dans de nombreux pays, aussi bien dans la sphère publique que privée, des plus hautes instances jusqu'à la cellule familiale, les femmes continuent de rencontrer de nombreux obstacles pour participer aux décisions qui affectent leur vie. Aujourd'hui dans le monde, seuls 9 chefs d'État, 15 chefs de gouvernement et 21,8 % des parlementaires nationaux sont des femmes. En France, seuls 14% des maires sont des femmes alors qu'elles représentent 53% du corps électoral.

Quelle est la base des discriminations faites aux femmes ?

Dans toutes les sociétés, des modèles sociaux définissent nos rapports aux autres. Les contextes diffèrent selon les lieux et les cultures, mais le plus souvent ces représentations enferment les hommes et les femmes dans des relations inégales.

Ces normes sociales peuvent parfois être rigides et les stéréotypes de genre sont souvent fortement ancrés dans les mentalités :

  • Parfois les femmes elles-mêmes reproduisent des comportements qui les restreignent. En Inde, par exemple, des femmes avortent de fœtus féminins pensant que les filles ont moins de valeur.
  • Les hommes souhaitant lutter contre les discriminations faites aux femmes se trouvent parfois critiqués par leurs pairs, jusqu'à ce que ces derniers réalisent que le respect des droits des femmes leurs bénéficient également.

Pourquoi défendre les droits des femmes ?

L'égalité des sexes est un droit humain fondamental. C'est également un facteur essentiel dans la lutte contre la pauvreté. Les sociétés ne peuvent prospérer durablement quand la moitié de leur population n'a pas suffisamment accès aux ressources économiques et sociales.

  • Deux tiers des 774 millions d'adultes analphabètes dans le monde sont des femmes. Pourtant, si toutes les femmes suivaient des études secondaires, la mortalité infantile serait réduite de moitié.
  • Les femmes ne possèdent que 20% des terres cultivées dans le monde, or l'égalité des genres dans l'agriculture sauverait 150 millions de personnes de la malnutrition.

Comment garantir les droits des femmes ?

CARE travaille sur la notion d'empowerment des femmes, c'est-à-dire la possibilité pour elles de :

  • décider de leur vie, notamment grâce à un accès aux droits fondamentaux, tels que l'éducation ou la santé.
  • agir et mettre en œuvre leurs choix, notamment par l'accès aux ressources économiques.
  • connaître et pouvoir revendiquer leurs droits au sein leur famille tout comme dans la sphère publique, notamment en étant représentées dans les organes de décisions.

« Il y a cinq ans, je ne pouvais pas sortir de chez moi sans être accompagnée par un homme. Aujourd'hui, je dirige un groupe local de femmes créé par CARE. Ensemble, nous avons empêché plusieurs mariages précoces. Nos actions sont variées : de la création d'un groupe d'épargne pour les femmes à l'obtention de cartes d'identité afin de pouvoir voter. A présent nous parlons directement avec le gouvernement local. Toutes nos actions ont changé la vision de notre communauté sur les femmes. » Témoignage de Rina, Bangladesh

Pourquoi impliquer les hommes ?

Les femmes dont les droits sont bafoués ne peuvent pas faire évoluer les usages à elles seules. Seul un effort collectif peut modifier les stéréotypes de genre véhiculés par les pratiques sociales, les medias et les institutions. Les hommes sont des alliés incontournables pour changer durablement les attitudes à l'égard des femmes et assurer le respect de leurs droits :

  • Le combat pour les droits des femmes est essentiellement porté par les femmes elles-mêmes. Or, les rôles de pouvoir sont majoritairement occupés par des hommes.
  • Au lieu de considérer les femmes et les hommes comme des groupes opposés dont le gain de pouvoir pour l'un impliquerait une perte de pouvoir pour l'autre, il s'agit plutôt de favoriser des relations de soutien mutuel. CARE promeut l'égalité des sexes en encourageant des relations hommes-femmes basées sur le partage et le respect.
  • Dans nos programmes, CARE prend volontairement le contre-pied des représentations patriarcales en impliquant les hommes et les garçons en tant que partenaires égaux des femmes et des filles.
L'ONG humanitaire CARE défend les droits des femmes

Ce que je peux faire ?

CARE France appelle à se mobiliser sur les réseaux sociaux avec le hashtag #SiTesUnHomme et à travers une pétition en ligne en vue des échéances clés de l'ONU en 2015 :

Les revendications de CARE (le texte de la pétition) :

« Dans le monde, les femmes sont davantage exposées que les hommes à la pauvreté, aux maladies et aux discriminations. Leurs droits sont souvent bafoués, leurs perspectives d'avenir limitées et leurs voix réduites au silence. A ce jour, aucun des gouvernements n'a pleinement mis en œuvre ses engagements pour l'égalité des sexes.

Par cette pétition, nous demandons aux chefs d'Etat et de gouvernement qui se réuniront à l'ONU en septembre 2015, à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur les Femmes et du Sommet des Nations unies pour l'adoption du programme de développement post-2015, de placer les droits des femmes au cœur de leurs engagements et de prendre les mesures nécessaires pour faire de l'égalité des sexes une réalité dans tous les domaines de la vie. »