27 mars 2017

Yémen : « La souffrance et la faim ne nous quittent jamais. »

Khayriyyah fait partie des 3,1 millions de déplacés au Yémen. Malgré les efforts des ONG, telles que CARE, les conditions de vie de ceux qui ont fui restent épouvantables. Khayriyyah témoigne de la terreur des combats et de la précarité de sa situation.

CARE aide les populations au Yémen
© Thana Faroq / CARE

« Nous avons abandonné notre maison et notre dignité. »

Une nuit, nous étions chez nous lorsque nous avons entendu un bruit terrifiant qui ressemblait au tonnerre. Puis nous avons senti une onde de choc qui a fait trembler les meubles. Toute la nuit, nous avons entendu des cris et des pleurs. Quelle terreur… j’espère que vous ne vivrez jamais ça.

Au matin, les gens ont commencé à s’enfuir en courant. J’étais seule à la maison avec mes enfants, mon mari travaille en Arabie Saoudite. Je ne savais pas quoi emporter, ni où m’enfuir. Des gens nous ont dit de gravir les collines. Ils ont crié : « En bas, c’est la guerre ». Nous avons couru, ma mère, mes enfants et moi, accompagnés d’autres familles. Nous sommes avons trouvé refuge dans un autre village.

Nous avons abandonné notre maison et notre dignité. Nous étions pauvres, mais nous avions une vie décente. Nos enfants allaient à l’école. Désormais, la souffrance et la faim ne nous quittent plus. 

« Au début, personne n’était là pour nous aider. »

Les gens étaient souvent malades, parce qu’ils buvaient de l’eau du puits qui n’était pas potable. Nous avions soifs donc nous en buvions quand même. Les familles qui le pouvaient ont emmené les malades à l’hôpital… Quant aux autres… 

Au début, personne n’était là pour nous aider. Un jour, les équipes de CARE sont venues. Ils nous ont apporté de l’eau et des purificateurs d’eau, des kits d’hygiène et de la nourriture. Dieu merci, nous avons enfin pu manger. 

CARE a déjà aidé 1,3 milllions de personnes au Yémen

Depuis deux ans, une violente guerre civile déchire le Yémen. Deux tiers de la population ont besoin d’aide humanitaire. Le pays fait désormais face à un risque de famine. L'ONU et les ONG réclament un accès sans entrave pour acheminer une aide humanitaire.

Les équipes de CARE sont présentes sur place pour apporter une aide d’urgence : distribution de nourriture, accès à l’eau.