11 octobre 2018

Jordanie.  La dure réalité des jeunes réfugiées syriennes : travailler à 10 ans pour 4 euros par jour

La famille de Marwa a tout perdu à cause de la guerre en Syrie. Comme près de 3 millions de jeunes filles syriennes, Marwa a alors dû fuir sa maison et les combats. En Jordanie, elle a été obligée de travailler pour un salaire de misère à seulement 10 ans. Aujourd’hui, elle a pu retrouver le chemin de l’école, grâce au soutien financier de CARE. Découvrez son témoignage en vidéo.

« Les enfants nous ont supplié de partir, alors nous sommes partis. »

La famille de Marwa, 16 ans, était heureuse avant la guerre en Syrie. Son père conduisait un camion et sa famille possédait une maison et une voiture.

Mais en 2011, comme des millions de Syriens, leur vie a été bouleversée par la guerre. À l’époque, sa famille vivait dans la Ghouta, une banlieue de Damas qui a attiré l’attention du monde entier il y a quelques mois lorsque de violents combats, y compris une attaque chimique, ont dévasté la région. Heureusement, Marwa et sa famille avaient pu fuir avant ce drame.

Ils ont quitté la Syrie il y a plus de cinq ans, après la mort du jeune frère de Marwa, faute de soins médicaux.

« Au début de la guerre, chaque matin, nous espérions que ce cauchemar se termine mais un jour mes trois enfants pleuraient à cause des bombardements. Ils nous ont supplié de partir, alors nous sommes partis », raconte Fayza, la mère de Marwa, en larmes.

« Je partais travailler de 6 heures du matin à 18 heures. »

Aujourd’hui, ils vivent en Jordanie dans un petit appartement insalubre. La vie est difficile. Le père de Marwa, malade, ne peut pas travailler.

« Au cours des premiers mois, j'ai vendu tous mes bijoux pour payer le loyer et de la nourriture. Je travaillais mais je gagnais trop peu d’argent alors Marwa a commencé à travailler dans un salon de coiffure », raconte Fayza.

Comme Marwa, les enfants réfugiés ont cinq fois plus de risques que les autres enfants de ne pas être scolarisés. Et les filles sont encore plus vulnérables que les garçons.

« J'étais bouleversée de ne pas pouvoir aller à l’école. J’avais 10 ans et je travaillais toute la journée pour 3 ou 4 euros par jour, balayant les cheveux, épongeant le sol, faisant du thé et du café. Je n’étais pas bien traitée mais je n’avais pas d’autres choix. »

Aujourd’hui, Marwa a retrouvé le chemin de l’école

Aujourd’hui, sa famille bénéficie du soutien financier de CARE afin notamment de permettre à Marwa de retourner à l’école. La jeune fille est heureuse d’avoir troqué son balai contre un livre d’école.

Mais la famille de Marwa a toujours du mal à joindre les deux bouts. Comme 80% des réfugiés syriens en Jordanie, cette famille vit sous le seuil de pauvreté, avec seulement quelques euros par jour. Ses parents sont cependant déterminés à offrir une éducation à la jeune fille. Marwa a d’ailleurs reçu plusieurs propositions de mariage qu’ils ont refusées.

Aujourd’hui, Marwa a des rêves et peut construire son avenir : « Je veux devenir avocate pour défendre les personnes opprimées. »

Quelle est l’une des choses les plus dangereuses au monde ? Être une fille lors d’une crise humanitaire.

À l’occasion de la journée internationale des filles, le 11 octobre, CARE dévoile un rapport inédit qui liste les 13 pires crises humanitaires pour les filles : de la Syrie, au bassin lac Tchad en passant par le Venezuela ou le Myanmar. CARE dénonce la vulnérabilité de ces filles qui font face à de nombreuses menaces : violences sexuelles, déscolarisation, travail et exploitation...