08 septembre 2020

Chaque jour, plus de 33 000 filles mineures sont mariées de force dans le monde. Soit une toutes les trois secondes. Chaque enfant devrait pouvoir vivre une enfance, aller à l’école et surtout être libre. C’est pourquoi, CARE se mobilise pour mettre fin aux mariages précoces et forcés. Comment lutte-on contre ce fléau ?

1 fille sur 5 est mariée de force chaque année dans le monde.
© CARE

L’éducation, gage de choix et de liberté

124 millions. C’est le nombre d’enfants privés de leur droit à l’éducation dans le monde, majoritairement des filles.

Les raisons sont multiples : pauvreté, pratiques sexistes, traditions...

« Mes parents m'ont retirée de l'école. Ils m'ont dit : “Pour une fille, le diplôme le plus important, c'est un mari”. À 16 ans, j'ai été mariée de force à un homme de 37 ans. Je n'avais pas d'autres choix », se souvient Consolata, 37 ans, au Burundi. 

Et pourtant ! L’éducation est un excellent moyen de lutte contre cette pratique. En allant à l’école, les filles ont moins de chance de se retrouver mariée et mère très jeune et de subir des violences conjugales. Mais surtout, l’école permet aux filles d’obtenir des opportunités économiques et favorise donc leur indépendance.

« Une fois que j’aurais finis mes études, je veux pouvoir me marier avec la personne de mon choix », explique Mikre, mariée de force à 12 ans puis divorcée, en Ethiopie. 

C’est pourquoi CARE encourage l’accès à l’éducation, en particulier des filles, dans le monde entier. En défendant les droits des enfants, CARE s’assure qu’ils acquièrent la confiance en soi nécessaire et les aptitudes dont ils auront besoin toute leur vie. 

Garantir l’émancipation économique des femmes

La pauvreté, première cause des mariages d'enfants.

Pour lutter contre la pauvreté, développer les opportunités économiques destinées aux femmes est un moyen efficace tant pour éviter les mariages forcés que pour permettre à celles qui l’ont subi de s’en sortir.

« J’ai été mariée à 13 ans à un mari violent. Je savais que je devais tout faire pour me construire une vie meilleure. J’ai compris que l’épargne collective pouvait m’aider à y parvenir »,explique Salamatou, membre d’une association d’épargne collective CARE en Côte d’Ivoire. 

CARE est à l’origine des premières associations villageoises d’épargne et de crédit. Le principe ? Les membres mettent en commun leurs économies et se soutiennent pour lancer des activités génératrices de revenus. Les femmes peuvent alors créer leurs propres entreprises et avoir un revenu régulier pour subvenir aux besoins de leur famille. Une double victoire : un moyen pour les femmes victimes de mariage forcé de s’émanciper et une baisse des mariages précoces pour cause de pauvreté.

Engager les hommes contre les mariages forcés

Parce que l’égalité ne peut se construire sans l’implication de tous et toutes, engager les hommes dans cette lutte est un gage de réussite.

« Souvent, nous pensons que le rôle des filles se limite à s’occuper de la maison...Mais nous réalisons qu'elles peuvent accomplir de grandes choses lorsqu’elles vont à l’école et que le mariage n’est pas la seule option dans leur vie. Alors, les soutenir dans la réalisation de leur rêve devient une évidence »,raconte Kailash, bénéficiaire d’une formation CARE au Népal. 

Au Népal et à travers le monde, CARE mène des actions de sensibilisation et soutient des groupes d’hommes déterminés à changer ces normes sociales discriminantes. 

« Nous voulons devenir meilleurs, de meilleurs maris et pères. Nous devons donc changer », explique Bahadur, membre d’un groupe de soutien créé par CARE au Népal. 

STOPPONS LES MARIAGES FORCÉS

Partout dans le monde, CARE se mobilise contre les mariages d’enfants, précoces et forcés. Nos programmes impliquent l’ensemble des acteurs d’une communauté – hommes, femmes, leaders religieux et autorités locales – et les sensibilisent aux conséquences néfastes de cette pratique. En Éthiopie, les communautés engagées ont empêché des centaines de mariages précoces dans le cadre d’un de nos programmes.

Dans tous nos programmes, nous défendons l’égalité femmes-hommes et aidons à lutter contre les normes sociales sexistes afin de produire des changements durables.