Les peuples autochtones regroupent des communautés qui vivent depuis des générations sur des territoires spécifiques, avec des cultures et des savoirs profondément liés à leur environnement. Leur implication dans la gestion des écosystèmes est cruciale :  leurs savoirs traditionnels et leurs pratiques locales durables éprouvées préservent la biodiversité, maintiennent la fertilité des sols et renforcent la résilience des territoires face aux pressions climatiques et industrielles. 

Des millions d’hectares protégés en Amazonie grâce aux Réserves Communales

En quarante ans, la forêt amazonienne au Pérou a perdu 41 781 hectares — l’équivalent d’un département français comme le Val-de-Marne (1). Jamais l’urgence de protéger ce territoire vital n’a été aussi grande.

Face à cette destruction massive, les Réserves Communales du Pérou montrent qu’une autre voie est possible. Dans 10 réserves, des communautés autochtones protègent plus de 5 millions d’hectares de forêt en Amazonie. Ces zones protégées garantissent la survie des populations locales et contribuent à l’équilibre de tout le bassin amazonien, essentiel à la biodiversité mondiale et à la régulation du climat.

0 millions d'hectares

détruits en 40 ans dans le pays voisin, au Brésil, soit l’équivalent de l’Espagne (2).

L’Amazonie joue un rôle clé dans le climat mondial et de l’Amérique du Sud : elle stocke du carbone, maintient l’humidité grâce à l’évaporation de l’eau. Si la déforestation se poursuit au rythme actuel, la région risque de graves sécheresses, avec un impact direct sur l’agriculture et donc la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Forêts, rivières et faune fournissent nourriture, eau, matériaux et plantes médicinales. Dans ces réserves, les communautés locales mobilisent leurs connaissances traditionnelles pour gérer durablement la chasse, la pêche et les ressources forestières, évitant la surexploitation tout en assurant leurs moyens de subsistance.  

Les savoirs traditionnels des populations autochtones permettent de protéger la nature. Leurs solutions sont mises en place avec le soutien de l'ONG CARE.
© CARE
Vue de la forêt amazonienne
© CARE

Forte de son expertise dans la lutte contre le changement climatique et l’accompagnement des dynamiques collectives, CARE a joué un rôle clé pour rassembler autour d’une même table les peuples autochtones, les associations locales et les autorités publiques du Pérou. Cette coopération permet aujourd’hui une cogestion des Réserves Communales où les communautés ne sont pas seulement consultées, mais actrices des décisions concernant leurs territoires. Ce modèle de coopération permet ainsi aux communautés de : 

  • Développer leurs propres stratégies pour s’adapter au changement climatique. 
  • Construire des alternatives aux modèles extractifs et agricoles intensifs, en s’appuyant sur des solutions fondées sur la nature. Pour cela, ils combinent savoirs traditionnels et pratiques durables, reliant ainsi la conservation des écosystèmes au bien-être des communautés. 
  • Contribuer aux objectifs climatiques nationaux du Pérou et aux Objectifs de développement durable des Nations Unies. 
« Face aux défis climatiques auxquels l’Amazonie est confrontée, il est essentiel de reconnaître la contribution des femmes et des hommes autochtones à la création de solutions durables qui contribuent aussi bien à la conservation des forêts qu'à l’amélioration des moyens de subsistance de leurs communautés. En rendant visible le lien profond entre les gens et la nature, le bien-être local, national et mondial se renforce. »

Rosa Morales, responsable du Programme Changement climatique, Amazonie et Ressources en eau de CARE Pérou 

En Équateur : préserver les semences, protéger la biodiversité et garantir la sécurité alimentaire

Dans le village de San Juan, en Équateur, un groupe de femmes s’est donné pour mission de redonner vie à un patrimoine agricole menacé : les pommes de terre shungo, une variété indigène des Andes. Ces variétés traditionnelles sont plus nutritives et adaptées aux conditions locales. Elles représentent aussi une forme d’autonomie agricole, face à des systèmes industriels où les paysans et paysannes dépendent de semences commerciales et d’intrants chimiques qui appauvrissent les sols. Dans une région où la malnutrition est un défi majeur pour le développement des enfants et la santé des familles, ces variétés ont un intérêt particulier. 

Pour ces communautés rurales, préserver ces cultures, c’est renforcer la sécurité alimentaire, maintenir la fertilité des terres et conserver une biodiversité agricole essentielle face aux changements climatiques.

« J’ai tout appris de mes grands-parents. Ils plantaient ces pommes de terre sans produits chimiques, en fertilisant uniquement avec du fumier de vaches ou de moutons.»

se souvient Hortensia, membre du groupe.

En équateur, les agricultrices autochtones protègent la biodiversité en cultivant de manière traditionnelle
© CARE
agricultrices en équateur
© CARE

Avec les autres membres de son groupe, Hortensia s’appuie désormais sur l’agriculture traditionnelle pour renforcer la résilience des cultures face au changement climatique. Grâce à une école d’agroécologie créée par CARE, — où interviennent notamment des équipes d’experts et expertes, dont des agronomes — elles ont appris à fabriquer du biol, un engrais naturel à base de fumier et d’herbes fermentées, qu’elles appliquent sur leurs plants toutes les deux semaines. Après avoir expérimenté différentes méthodes, elles ont constaté que les pratiques naturelles favorisaient le mieux la croissance et la santé des pommes de terre, tout en respectant l’écosystème local. 

Au-delà des récoltes, ces femmes jouent un rôle essentiel de transmission. Elles enseignent à leurs filles et à leurs fils comment cultiver ces variétés ancestrales de manière naturelle, pour que ces pratiques héritées ne disparaissent pas avec elles.  

« Nous sommes les gardiennes de ces pommes de terre et de notre communauté. Si nous perdons ce savoir, il sera très difficile de le retrouver. Mais si nous réussissons à le faire vivre à nouveau, ce serait un bonheur pour nous… et pour le monde entier. »

Hortensia, membre du groupe.

Des forêts amazoniennes aux champs andins, ces initiatives montrent que travailler avec les peuples autochtones n’est pas seulement une question de droits : il s’agit de reconnaître leur expérience unique et leur lien profond avec les territoires qu’ils habitent depuis des générations. C’est une stratégie essentielle pour protéger la biodiversité, renforcer la résilience climatique et garantir la sécurité alimentaire. En préservant leurs territoires, leurs semences et leurs connaissances, ces communautés agissent comme de véritables gardiens de la biodiversité, pour elles-mêmes et pour le monde. 

Sources : (1) Biology insight, 2025 ; (2) Données satellitaires du réseau Mapbiomas compilées avec des universités, ONG et entreprises de la techseptembre 2025. 

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L'ONG CARE soutient les populations dans la lutte contre les conséquences du changement climatique.

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