La
famille de Marwa a tout perdu à cause de la guerre en Syrie. Comme près de 3
millions de jeunes filles syriennes, Marwa a alors dû fuir sa maison et les combats.
En Jordanie, elle a été obligée de travailler pour un salaire de misère à seulement
10 ans. Aujourd’hui, elle a pu retrouver le chemin de l’école, grâce au soutien
financier de CARE. Découvrez son témoignage en vidéo.
« Les enfants nous ont supplié de partir, alors nous sommes partis. »
La
famille de Marwa, 16 ans, était heureuse avant la guerre en Syrie. Son père
conduisait un camion et sa famille possédait une maison et une voiture.
Mais en
2011, comme des millions de Syriens, leur vie a été bouleversée par la guerre.
À l’époque, sa famille vivait dans la Ghouta, une banlieue de Damas qui a
attiré l’attention du monde entier il y a quelques mois lorsque de violents
combats, y compris une attaque chimique, ont dévasté la région. Heureusement, Marwa
et sa famille avaient pu fuir avant ce drame.
Ils
ont quitté la Syrie il y a plus de cinq ans, après la mort du jeune frère de Marwa,
faute de soins médicaux.
« Au
début de la guerre, chaque matin, nous espérions que ce cauchemar se termine
mais un jour mes trois enfants pleuraient à cause des bombardements. Ils nous ont
supplié de partir, alors nous sommes partis », raconte Fayza, la mère de
Marwa, en larmes.
« Je partais travailler de 6 heures du matin à 18 heures. »
Aujourd’hui,
ils vivent en Jordanie dans un petit appartement insalubre. La vie est
difficile. Le père de Marwa, malade, ne peut pas travailler.
« Au
cours des premiers mois, j’ai vendu tous mes bijoux pour payer le loyer et de
la nourriture. Je travaillais mais je gagnais trop peu d’argent alors Marwa a
commencé à travailler dans un salon de coiffure », raconte Fayza.
Comme
Marwa, les enfants réfugiés ont cinq fois plus de risques que les autres
enfants de ne pas être scolarisés. Et les filles sont encore plus vulnérables
que les garçons.
« J’étais
bouleversée de ne pas pouvoir aller à l’école. J’avais 10 ans et je travaillais
toute la journée pour 3 ou 4 euros par jour, balayant les cheveux, épongeant
le sol, faisant du thé et du café. Je n’étais pas bien traitée mais je n’avais
pas d’autres choix. »
Aujourd’hui, Marwa a retrouvé le chemin de l’école
Aujourd’hui, sa famille bénéficie du soutien financier de
CARE afin notamment de permettre à Marwa de retourner à l’école. La jeune fille
est heureuse d’avoir troqué son balai contre un livre d’école.
Mais la famille de Marwa a toujours du mal à joindre les deux
bouts. Comme 80% des réfugiés syriens en Jordanie, cette famille vit sous le
seuil de pauvreté, avec seulement quelques euros par jour. Ses parents sont cependant
déterminés à offrir une éducation à la jeune fille. Marwa a d’ailleurs reçu
plusieurs propositions de mariage qu’ils ont refusées.
Aujourd’hui, Marwa a des rêves et peut construire son avenir :
« Je veux devenir avocate pour défendre les personnes opprimées. »
Quelle est l’une des choses les plus dangereuses au monde ? Être une fille lors d’une crise humanitaire.
À l’occasion de la journée internationale des filles, le 11
octobre, CARE dévoile un rapport inédit qui liste les 13 pires crises humanitaires
pour les filles : de la Syrie, au bassin lac Tchad en passant par le Venezuela ou
le Myanmar. CARE dénonce la vulnérabilité de ces filles qui font face à de
nombreuses menaces : violences sexuelles, déscolarisation, travail et
exploitation…