Dans le village de Warabaley, au Somaliland*, la plupart
des maisons ont été abandonnées. Pour ses habitants, quitter leur village
constituait la seule chance de survie face à la sécheresse. Mais Guuleed,
80 ans, n’a pas eu la force de fuir avec sa famille. Il raconte comment la
sécheresse a bouleversé sa vie.

Une terrible
sécheresse sévit dans toute la Somalie
Guuleed a 80 ans. Il a huit enfants et plus de
90 petits-enfants. Mais aujourd’hui, il se retrouve seul. Les membres de
sa famille sont partis sans lui parce qu’il était trop faible pour les
accompagner.
« J’ai décidé de rester ici pour que ma famille
puisse survivre. Ils sont partis pour sauver les jeunes enfants et le bétail
restant. Sur les 240 chèvres et 15 chameaux que nous possédions,
seuls cinq chèvres et douze chameaux ont survécu. Ce bétail est notre
principale source de revenus », raconte-t-il.
En Somalie, la coutume veut que les enfants s’occupent de
leurs parents. Mais l’ampleur de la sécheresse a forcé des familles à prendre
des décisions déchirantes et à partir en laissant derrière elles les personnes
les plus faibles.

Dans certaines
régions, il faut marcher 50 km pour trouver un point d’eau
Aujourd’hui, plus de six millions de personnes,
soit un Somalien sur deux, manquent d’eau et de nourriture. Les raisons de
cette situation : de trop faibles précipitations au cours des deux
dernières années et les impacts du phénomène climatique El Niño. Dans certaines
régions, la distance jusqu’aux points d’eau les plus proches peut atteindre
50 km.
« Notre village a été l’un des premiers à être
frappé par la sécheresse. Nous avons connu de fortes périodes de faim et de pénurie
d’eau. Voyez à quel point le village est aride et désert. Tous les habitants de
notre village ont perdu leur bétail. »
La situation est la même dans tout le pays : les
routes de Somalie sont recouvertes de carcasses d’animaux morts. Avec la hausse
des prix alimentaires et le manque de revenus engendré par la mort de leur
bétail, de nombreuses familles ne mangent plus qu’un seul repas par jour. Le
peu d’argent dont elles disposent est dépensé pour acheter de l’eau.
« Nous avons connu de fortes périodes de faim et de pénurie d’eau. »
« Cette sécheresse dure depuis des années et a profondément affecté nos vies. Nous avons connu de fortes périodes de faim et de pénurie d’eau », déplore Guuleed.

Les impacts pour les populations sont dramatiques : de nombreux enfants sont forcés d’abandonner l’école car
leurs parents ne peuvent pas payer leurs frais de scolarité et ont besoin de
leur aide pour les tâches domestiques et la recherche d’eau. Et comme c’est
souvent le cas dans ce genre de situation, les femmes et les jeunes filles sont
les plus affectées : elles mangent moins et en dernier.
Il est temps que le
monde réagisse.
Si les ONG présentes sur place ne reçoivent pas
immédiatement des fonds supplémentaires pour aider les milliers de familles
qui, comme celle de Guuleed, font face à la sécheresse, la Somalie entrera dans
une période de famine. En 2011, environ 250 000 personnes avaient
perdu la vie à cause de la famine. Il est temps que le monde réagisse. On ne
devrait pas permettre qu’une telle tragédie se répète.
* Le Somaliland est une ancienne région de la Somalie et
République autoproclamée depuis 1991
CARE a déjà aidé plus de 300 000 personnes en Somalie et au Somaliland
CARE a aidé plus de
300 000 personnes par le biais de distributions de nourriture, d’eau
potable et de produits de base. Nos équipes apportent aussi un soutien
financier aux familles les plus vulnérables et mettent en place des services de
protection pour les femmes et les jeunes filles.