Relever le défi des violences basées sur le genre dans le monde

Le rapport «Relever le défi des violences basées sur le genre dans le monde» passe en revue le travail mené par CARE pour enrayer les violences basée sur le genre (VBG) et évalue l'impact des programmes exécutés entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2013.

Les violences basées sur le genre

En publiant ce rapport, CARE souhaite mieux cerner les défis et les réussites, grâce aux leçons tirées des expériences, afin de rendre compte plus précisément de son travail auprès des gouvernements et de la société civile et ainsi mieux travailler ensemble à la lutte contre les VBG .

Nous sommes convaincus de l'importance de communiquer de façon transparente autant sur nos succès que sur nos limites : cette transparence renforcera notre légitimité et pertinence et améliorera la qualité et l'impact de notre travail à l'avenir.
Nous espérons que ce rapport encouragera les discussions sur la meilleure façon de mesurer l'impact des initiatives appuyées par les ONG ainsi qu'une plus grande redevabilité.

CARE a 20 ans d'expérience en matière de programmes de lutte contre les violences basées sur le genre et a participé en 2013 à la lutte contre ces violences dans 61 pays.

Les violences basées sur le genre, un abus dans le monde entier

Les violences basées sur le genre sont l'une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde, quels que soient l'âge, le sexe, la religion, la classe sociale ou la caste.

Au niveau mondial, une femme sur trois est violée, battue, contrainte à avoir des rapports sexuels ou est victime d'abus au cours de sa vie, soit un milliard de femmes à travers le monde, selon les chiffres de l'ONU. Les hommes et les jeunes garçons peuvent également en être victimes, en particulier si leurs comportements sont perçus comme non conformes aux normes sociales qui s'appliquent aux hommes dans leur environnement. Ces abus ont lieu partout dans le monde, dans les familles, les lieux de travail, les écoles ou encore les communautés.

D'après l'Organisation mondiale de la Santé, échouer dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes compromettrait une grande part des objectifs mondiaux d'éradication de la pauvreté.

Les violences basées sur le genre ne sont pas seulement une violation des droits humains, elles ont aussi un coût économique gigantesque et affectent considérablement le PIB des pays.

Selon la Banque mondiale, les violences basées sur le genre font autant de morts et de malades que le cancer chez les femmes entre 15 et 44 ans, et elles impactent davantage la santé que le paludisme et les accidents de la route confondus.

L'expertise et la méthodologie CARE

Les 20 ans d'expérience de CARE en matière de programmes de lutte contre les violences basées sur le genre ont permis de souligner combien il est important d'aborder les causes de la violence à chaque niveau.

CARE travaille simultanément avec les individus, les couples et les familles, les communautés, les institutions de l'État, en utilisant une combinaison de stratégies préventives et de réponses. Cela signifie impliquer les hommes et les jeunes garçons, aux côtés des femmes et des jeunes filles, ainsi que les leaders traditionnels et religieux, les fonctionnaires publics et les dirigeants de la société civile, afin qu'ils s'engagent et remettent en cause les croyances sous-jacentes, les attitudes et pratiques qui favorisent la violence.

Pour lutter contre les violences basées sur le genre, CARE adopte une approche en trois volets :

  • Influencer et changer les normes sociales qui tolèrent la violence.

CARE cherche à changer les comportements en mettant en cause les normes sociales qui conduisent à perpétuer la violence. Nous travaillons avec les hommes et les garçons afin de les transformer en « champions » du changement et avec les femmes et les filles pour accroître leur capacité à reconnaître et à revendiquer leurs droits et pour réduire leur vulnérabilité à la violence. Cela se fait via diverses activités, comme le développement économique, l'éducation, la formation en leadership et dynamique de la vie.

  • Soutenir les victimes, de la déclaration d'abus aux soins.

CARE travaille avec ses partenaires - en prenant soins de ne pas isoler ni stigmatiser les survivants - dans le but de construire et d'asseoir la capacité des systèmes de support communautaires locaux qui aident à maintenir les survivants hors de portée de la violence domestique, comme par exemple les groupes de surveillance et centres d'hébergement. Parfois, le besoin le plus critique pour les communautés avec lesquelles nous travaillons est de cerner et de faire connaître aux survivants des VBG les services qui sont déjà mis à leur disposition.

  • Plaider pour des politiques publiques visant à mettre fin aux violences basées sur le genre.

Les politiques et les lois relatives à l'égalité des genres et à la violence domestique jouent un rôle fondamental dans la prévention et la réponse apportée aux VBG. CARE mène des actions de plaidoyer au niveau local, national et international afin de créer, réviser, ou améliorer la mise en œuvre des lois et des politiques destinées à lutter contre les VBG.

Un exemple de projet : L'impact du dialogue conjugal au Rwanda


Les programmes de CARE en Afrique centrale et occidentale ont permis de créer des forums pour qu'hommes et femmes discutent ensemble des problématiques favorisant les violences basées sur le genre, comme l'alcoolisme, le jeu, la violence domestique et la polygamie.

Une nette amélioration de la communication entre époux contribue à ce que chacun ait une meilleure compréhension des causes profondes des violences basées sur le genre, et à ce que les hommes jouent un rôle plus actif dans la vie du ménage. Des «couples modèles» vivant dans des conditions d'égalité se posent en exemples et peuvent «parrainer» d'autres couples qui deviendront à leur tour « couples modèles », créant un effet multiplicateur au sein de la communauté.