En bref
- Sécheresses, inondations ; les conséquences du changement climatique touchent plus durement les femmes que les hommes
- Malgré cela, les femmes sont les premières à s’engager concrètement, pour adapter les cultures agricoles, les communautés, s’organisant pour s’entraider et interpeller les pouvoirs publics.
- Sur le plan politique, les femmes sont sous-représentées dans les négociations et politiques climatiques. Cela traduit un manque d’inclusion dans les politiques climatiques, qui prennent trop peu l’égalité de genre en compte.
La sécheresse creuse l'écart entre les hommes et les femmes
3 fois.
Dans le monde, les filles et les femmes passent trois fois plus de temps que les hommes à chercher de l’eau potable (1).
C’est une tâche domestique qui fait partie du quotidien de nombreuses femmes. Seulement, quand les sécheresses frappent, l’eau manque. Là encore, ce sont les femmes qui doivent assumer cette tâche, et les conséquences sont néfastes et nombreuses :
- Les filles, mises à contribution, doivent quitter l’école pour aller chercher de l’eau. C’est moins le cas pour les garçons.
- Pour les femmes, l’allongement et la pénibilité de cette tâche signifie moins de temps pour travailler. Donc moins de revenus, et moins d’autonomie.
Le changement climatique provoque plus de mariages forcés
+119%
C’est l’augmentation des mariages forcés en Éthiopie, pendant la sécheresse que le pays a traversé en 2021-2022 (2).
Les sécheresses et inondations, deux phénomènes rendus plus fréquents et intenses par le changement climatique, plongent des millions de famille dans l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire. Faute de ressources suffisantes pour nourrir la famille, de nombreux parents marient leur fille, contraints de se débarrasser « d’une bouche à nourrir ».
Les filles mariées de force voient leurs perspectives d’avenir se fermer : être mariée est souvent synonyme de quitter l’école pour gérer le foyer, devenir dépendante de son mari, et être davantage exposée à des violences conjugales physiques et sexuelles (3).
La hausse du niveau de la mer met la santé des femmes en danger
9 millions.
C’est le nombre de personnes exposées quotidiennement à de l’eau salée au Bangladesh en raison de la montée du niveau de la mer (4).
Dans les zones littorales de nombreux pays, des habitantes comme Rahima voient le niveau de la mer monter, et l’eau salée s’infiltrer progressivement dans les champs et les réserves d’eau douce. Dès lors, elle devient omniprésente pour tous les usages domestiques : se laver, cuisiner, faire sa lessive et sa vaisselle.
Cette surexposition au sel met les femmes en danger : épisodes de diarrhées aigües, hypertension, problèmes cutanés. Ces multiples problèmes de santé causés par l’eau salé sont d’autant plus dangereux pour les femmes enceintes et provoquent des fausses couches.
S’ajoutent des troubles menstruels car laver les protections menstruelles en tissus à l’eau salée provoque des risques d’infections gynécologiques.
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Les femmes sont aussi les premières à s'engager
4.6 millions.
Au Malawi, Memory, agricultrice, a mobilisé son village pour rejoindre un projet qui a planté 4.6 millions d’arbres.
Dans une région dévastée par la sécheresse, Memory a planté 200 arbres à elle seule pour restaurer l’humidité des sols et la fertilité de ses champs. Formée par l’ONG de solidarité internationale CARE, elle a transmis ses connaissances à sa communauté et généralisé la pratique de l’agroforesterie autour d’elle.
L’exemple de Memory n’est pas isolé : les femmes sont les premières à s’engager concrètement contre les conséquences du changement climatique. Plus sédentaires que les hommes car elles ont la charge du foyer, elles sont aussi les premières à cultiver la terre dans de nombreux pays.
Loin de renoncer, elles s’engagent, s’organisent et adaptent leurs lieux de vie à un climat qui change, des conditions de vie plus rudes, malgré de multiples charges et peu de soutien.
- Elles soutiennent des pratiques responsables, notamment une agriculture écologique,
- Elles interpellent les pouvoirs publics pour des politiques climatiques concrètes,
- Elles forment des collectifs d’entraide.
Les femmes restent exclues des politiques pour le climat
1/3 seulement.
C’est le nombre de délégations dirigées par des femmes à la COP30 (5), le sommet international sur le climat. Ce manque de représentation traduit le manque de considération pour les femmes et l’égalité de genre dans les politiques pour le climat.
Alors que les femmes sont les premières victimes du changement climatique, et les premières à s’engager, elles ne sont ni protégées, ni reconnues pour les solutions qu’elles portent. C’est pour porter leurs voix à la table des négociations que CARE est présente à la COP.
Les femmes font partie de la solution à la lutte contre le changement climatique. Soutenons-les.
Comment CARE soutient les femmes ?
Présente dans 121 pays, CARE lutte depuis plus de 80 ans contre la pauvreté et les inégalités, avec une attention particulière portée aux femmes et aux filles. L’ONG intervient aussi bien dans les situations d’urgence, notamment lors de catastrophes climatiques que sur le long terme, pour accompagner durablement les populations les plus vulnérables dans le monde.
Foire aux questions
Le changement climatique touche-t-il plus les femmes ?
Le changement climatique est sexiste car il exacerbe les violences et inégalités faites aux femmes déjà présentes dans les sociétés. Les charges domestiques deviennent plus pénibles, comme la recherche d’eau potable, ou la culture des champs. En périodes de crises et catastrophes climatique, la violence envers les femmes augmentent et les jeunes filles ont plus de risques d’être mariées de force.
Comment agir contre le changement climatique ?
Pour lutter contre le changement climatique, il faut avant tout réduire les émissions de gaz à effet de serre et accélérer la transition vers des énergies plus propres et renouvelables.
Il faut également s’adapter aux conséquences déjà présentes : protéger les ressources en eau, préserver les écosystèmes dont dépendent les populations et soutenir les territoires les plus vulnérables.
Sources :
- Nations unies, 2026
- UNICEF, 2022
- Oxford Academy, 2016
- Nature, 2025
- ONU Femmes, 2025