En bref
- Les viols comme arme de guerre sont rendus visibles pour la première fois dans les médias en 1993, lors des conflits au Rwanda et en Bosnie (1).
- Cette tactique de guerre existe partout ; elle est particulièrement récurrente dans les conflits en cours en Ukraine, en Palestine, en République démocratique du Congo, en Syrie ou en Lybie.
- Lorsque les corps des femmes et des filles deviennent un champ de bataille, le traumatisme s’étend à toute la communauté et aux générations suivantes, faisant du viol la « tactique de guerre la plus durable », selon les Nations unies (2).
- Depuis 80 ans, l’ONG CARE accompagne les femmes et les survivantes de violences pendant l’urgence, mais aussi après les conflits, pour se reconstruire.
Les violences sexuelles et sexistes pendant les conflits ne se limitent pas au viol comme arme de guerre. Elles concernent une série de violences (harcèlement, mariage forcé, esclavage sexuel, etc.), pouvant intervenir dans les zones de combat, mais également au sein des populations en fuite et dans les camps de personnes réfugiées pourtant censées apporter sécurité.
Comment se caractérise le viol comme arme de guerre ?
Le viol fait partie des violences sexistes et sexuelles utilisées durant les conflits dans le monde entier, comme des instruments de guerre. Il vise à humilier, semer la terreur, dominer, contrôler et punir les parties au conflit, les populations civiles se trouvant en zone de conflit et les personnes potentiellement suspectées de complicité avec l’ennemi.
Littéralement, le champ de bataille devient le corps des femmes (2).
Certains conflits utilisent massivement le viol comme arme de guerre, comme en RDC où CARE fournit une assistance d’urgence aux survivantes (3). C’est aussi le cas du Soudan. + 288% en un an. C’est l’augmentation des violences sexuelles et des demandes pour des services liés à ces violences au Soudan en janvier 2025 (4).
Le viol comme arme de guerre n’affecte-t-il que les femmes ?
Si le viol comme arme de guerre peut toucher tant les femmes et les hommes que les enfants, 93 % des survivantes dans les cas vérifiés par l’ONU sont des femmes et des filles (5). Ce ciblage constitue donc une violence basée sur le genre.
C’est aussi souvent une violence intersectionnelle touchant les femmes et les filles d’une ethnie ou une communauté. La violence intersectionnelle désigne en effet une situation où plusieurs formes de discrimination (comme le genre, l’origine, la classe sociale, le handicap ou l’orientation sexuelle) se croisent et s’aggravent mutuellement. Dans cette perspective, le viol peut être une arme génocidaire, un instrument pour faire disparaître un groupe ethnique déterminé, en provoquant infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées, et traumatismes psychologiques graves.
En 2014, des groupes armés ont perpétré un génocide en Irak contre la communauté Yézidi, et enlevé au moins 7 000 femmes et enfants, dont beaucoup ont subi un viol comme arme de guerre (6).
Pourquoi le viol est-il la tactique de guerre la plus destructrice sur des générations ?
Les violences sexuelles entraînent des conséquences durables, qui vont bien au-delà du temps que durent les conflits armés. Elles affectent non seulement les survivants et les survivantes à titre individuel, avec des séquelles psychologiques et physiques qui, en temps de conflits, ne sont pas toujours traitées par les soins médicaux et de santé mentale adaptés.
Ces violences affectent également les familles et les communautés entières, en faisant peser la honte ressentie par les victimes sur tout un groupe social, en approfondissant les divisions sociales, en provoquant la stigmatisation et parfois même l’exclusion sociale des femmes, survivantes.
Ces stigmatisations affectent aussi les enfants nés et nées de viols de guerre qui souffrent souvent d’exclusion de l’école, de l’emploi et sombrent dans la pauvreté. (2)
Comment accompagner les survivantes de viols de guerre ?
L’accompagnement des survivantes de viols de guerre suppose différents niveaux d’actions.
- Visibiliser, mettre en lumière, sortir du silence, pour renvoyer la honte aux agresseurs.
- Soigner les blessures physiques et psychologiques, individuelles et collectives, par des soins adaptés.
- Reconstruire collectivement l’avenir des survivantes et des enfants nés et nées d’un viol.
- Demander justice pour que l’impunité n’encourage pas le viol comme arme de guerre.
L’ONG CARE, l’un des plus grands réseaux humanitaires intervenant depuis 80 ans dans des contextes d’urgence, soutient les femmes et des filles en temps de conflit. CARE apporte une réponse médicale et sociale aux survivantes de violences basées sur le genre.
Nos équipes agissent aussi dans la durée, notamment avec les autorités pour éviter que les violences ne se reproduisent et restent impunies.
Comme les survivantes deviennent parfois des leaders de leur communauté ?
Malgré le traumatisme, les survivantes de violences sexuelles dans les conflits assurent bien souvent la survie de leur famille et soutiennent d’autres femmes avec un courage et une force inégalés.
Pour soutenir les femmes dans les conflits, agissez avec CARE
(1) INA, mars 2024, https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/guerre-viol-arme-de-guerre-conflit-ukraine-russie-syrie-libye-congo-rwanda-tchetchenie ;
(2) Nations unies, juin 2025, https://news.un.org/fr/story/2025/06/1156591 ;
(3) CARE, février 2024, https://www.carefrance.org/actualites/violences-envers-les-femmes-ces-consequences-invisibles-du-conflit-en-rdc/ ;
(4) ONU Femmes, janvier 2025 https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/soudan-violences-crise-humanitaire ;
(5) ONU, 2025 https://news.un.org/fr/story/2025/06/1156591;
(7) Nations unies, septembre 2020 https://news.un.org/fr/story/2020/09/1078482