En 3 points
- Au Malawi, la crise climatique menace directement l’alimentation et les revenus des familles rurales. En 2025, le pays a déclaré l’état de catastrophe dans tout le pays face à la crise alimentaire.
- Les femmes sont particulièrement exposées aux impacts du changement climatique. Lorsque l’eau devient plus rare, elles parcourent de plus longues distances pour en trouver. Lors des crises alimentaires, elles sont les premières à se priver de nourriture.
- Memory Kassim est devenue leader de sa communauté. Elle a déjà planté 200 arbres pour aider à restaurer l’humidité et la fertilité des sols.
Memory, 45 ans et mère de six enfants, est une « Restoration Champion » : elle a planté à elle seule 200 arbres. Et elle va plus loin : elle mobilise sa communauté dans un projet qui en a planté 4,6 millions.
À Litemwe, dans le district de Mangochi, Memory est agricultrice. Elle connaît sa terre depuis toujours, mais depuis quelques années, le climat a changé. Les périodes de sécheresse se prolongent. Les sols retiennent moins bien l’humidité. Et les récoltes diminuent. Et elles diminuent radicalement : en quatre ans, la production de soja de Memory est passée de 50 sacs de 50 kilos à seulement 3 sacs.
Le changement climatique est sexiste
Les conséquences des dérèglements climatiques dépassent les champs cultivés.
Les points d’eau, puits, rivières, s’assèchent. “Nous marchons 5 kilomètres tous les jours pour trouver de l’eau”, témoigne Memory. La collecte de l’eau incombe traditionnellement aux femmes et aux filles. Lorsque la ressource se raréfie, elles doivent donc consacrer davantage de temps à cette tâche essentielle à la survie de leur famille, au détriment notamment de leurs activités économiques ou de leur éducation.
Le changement climatique ne crée pas ces inégalités, mais il les aggrave. Les crises alimentaires renforcent aussi les inégalités : souvent, les femmes sont les premières à se priver de nourriture pour que leur famille puisse manger.
C’est dans ce contexte que Memory a choisi d’agir.
Pourquoi replanter des arbres est une solution
Planter des arbres ne suffit pas à résoudre la crise climatique : il faut réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre aux niveaux des pays industrialisés. Mais la restauration des sols et l’agroforesterie sont des mesures d’adaptation nécessaires pour renforcer la capacité des familles agricoles à faire face aux sécheresses.
Les arbres jouent plusieurs rôles : ils contribuent à favoriser le maintien de l’humidité et renforcer la fertilité.
Memory l’a bien compris. Depuis 2022, elle préside le comité de management des ressources naturelles de son village. L’une des mesures principales est d’accompagner les habitants et habitantes dans l’agroforesterie et la restauration des sols.
Memory l’explique simplement :
Pour une famille qui dépend directement de son champ, restaurer un sol signifie protéger l’environnement dont elle dépend pour se nourrir.
Une action collective pour le climat
C’est là que réside l’une des clés de l’engagement de Memory soutenu par CARE : transmettre les connaissances pour que les communautés puissent elles-mêmes poursuivre le travail de manière durable et efficace.
CARE fait partie des grands réseaux humanitaires internationaux engagés dans la lutte contre les effets du changement climatique.
L’expertise des équipes de CARE composées notamment d’agronomes guide les populations pour choisir les espèces adaptées. Puis avec l’aide de volontaires, comme Memory, nous diffusons des connaissances pour protéger les jeunes plants, entretenir les parcelles et faire évoluer les pratiques agricoles.
Et les résultats sont là :
- 879 724 plants d’arbres plantés sur des parcelles agricoles
- 4 653 509 arbres plantés et protégés
- 117 367 familles ayant mis en œuvre des pratiques d’evergreening, pratique d’agroforesterie qui intègre des arbres et des arbustes au cœur des cultures et des pâturages pour régénérer les sols dégradés. C’est une méthode peu coûteuse et facile à adopter par les agriculteurs, tout en étant très efficace dans la restauration des sols.
Derrière chaque parcelle restaurée se trouve une famille qui se bat pour maintenir sa capacité à produire et vivre de leur métier dans un climat devenu plus incertain.