Je fais un don

Newsletter

Canicule : « Chaque dixième de degré supplémentaire fait augmenter les violences faites aux femmes »

Canicules à répétition, records de chaleur à plus de 40 °C, incendies. Derrière ces catastrophes se cache une autre urgence, bien moins médiatisée : l’augmentation des violences faites aux femmes et aux filles. Car le changement climatique est sexiste. Chaque dixième de degré supplémentaire fait reculer les droits des femmes. Des études internationales le prouvent. Et les chiffres sont sans appel.

 

Lors de la canicule de fin juin 2026, les signalements de harcèlement de rue ont augmenté de 30 % à Paris (1). En Espagne, les risques de féminicides augmentent lors des épisodes de chaleur (2)

On le voit partout dans le monde. En Éthiopie, la sécheresse historique de 2022 a entraîné jusqu’à 119 % de mariages forcés supplémentaires dans certaines régions (3). En Asie, chaque augmentation d’un degré de la température annuelle moyenne est associée à une augmentation de + 4,7 % de violences conjugales supplémentaires (4).

Le changement climatique creuse les injustices

Pourquoi ? Parce que la chaleur agit comme un accélérateur de violences. Les fortes températures accentuent le stress, l’irritabilité du fait du manque de sommeil, des difficultés économiques – interruption des emplois, perte des récoltes agricoles – et du confinement contraint dans les maisons. Qui subit ces violences ? Dans un contexte d’inégalités de genre, ce sont les femmes et les filles.

Le changement climatique creuse les injustices et révèle les failles de nos sociétés. Et pourtant, cette réalité demeure largement absente des politiques climatiques et des débats publics. Pire, on assiste à des reculs des politiques climatiques. Alors que les canicules, les sécheresses et les incendies se multiplient sous l’effet du réchauffement, le gouvernement vient de mettre fin à certains programmes de recherche sur l’adaptation des logements et des territoires aux fortes chaleurs. Les conséquences de cette inaction sont déjà visibles.

Et quand il s’agit de s’attaquer aux causes même du problème, la baisse des émissions de gaz à effet de serre, elle reste très insuffisante : – 3 % en 2024, puis – 2,1 % en 2025, loin des – 5 % par an nécessaires pour que la France contribue à maintenir le réchauffement mondial dans les limites fixées par l’Accord de Paris de 2015 (5). Les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique, représentent encore près de 60 % de notre consommation d’énergie (6).

40 millions de femmes en plus exposées chaque année aux violences

Les conséquences se font et continueront de se faire au détriment des plus vulnérables aujourd’hui, dont les femmes. Les canicules qui frappent aujourd’hui la France surviennent dans un monde qui s’est réchauffé d’environ 1,3 °C depuis l’ère préindustrielle. Si, comme prévu initialement par l’Accord de Paris, le réchauffement atteint 2 °C d’ici à 2090, 40 millions de femmes et de filles supplémentaires pourraient être exposées chaque année aux violences. Or, les politiques actuelles nous placent toujours sur une trajectoire de réchauffement bien supérieure à cet objectif initial !

Nos gouvernements doivent prendre conscience de ce lien étroit entre changement climatique et violences sexistes. Depuis sept ans, la France revendique une politique nationale et une diplomatie féministe. Pourtant, au niveau national, peu d’actions politiques et juridiques sont mises en place pour stopper le fléau des violences sexistes. Au niveau international, cette ambition semble aussi s’effacer. Lors du dernier G7, la France a renoncé à porter à la fois la question du respect des droits des femmes et de la lutte climatique à la plus haute échelle.

Un défi démocratique et social

Pourtant, les femmes ne sont pas seulement les premières victimes de la crise climatique. Elles sont aussi porteuses de solutions. Dans de nombreuses régions du monde, elles produisent une grande partie de l’alimentation locale, préservent les ressources naturelles, transmettent les savoirs agricoles et mettent en œuvre des solutions d’adaptation éprouvées. Elles sont au cœur de la résilience des communautés.

Elles restent cependant largement exclues des négociations où se décident les politiques climatiques et des financements internationaux destinés à y répondre. C’est une faute politique autant qu’une erreur stratégique. Donnons la voix aux femmes ! Car elles sont les mieux placées pour construire des stratégies d’adaptation répondant aux besoins spécifiques des femmes.

Le climat est souvent présenté comme un défi scientifique, énergétique ou économique. Il est aussi un défi démocratique et social. Parce qu’agir pour le climat, c’est aussi défendre les droits humains et les droits des femmes.

(1) (application Umay, 2026)
(2) « Vague de chaleur et risque de violence conjugale », Sanz-Barbero B., Linares C., Vives-Cases C., González J. L., Lopez-Ossorio J. J., Díaz J., 2018
(3) Unicef, 2022
(4) ONU, 2025
(5) Ministère de la transition écologique, 2026
(6) Gouvernement français, 2026

Lutte contre le changement climatique

Est-il possible de lutter contre l’une des principales injustices de notre époque ? Oui ! Avec l’ONG CARE, aidez concrètement les populations affectées par le changement climatique. Rejoignez-nous !
L’association CARE défend les droits des femmes et lutte contre les violences sexistes

Défense des droits des femmes

Face aux inégalités femmes-hommes, il n’y a pas de petites actions. Des femmes et des hommes se battent déjà avec une force incroyable. Vous avez le pouvoir d’agir à nos côtés.

Le changement climatique est sexiste

Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente.