En bref
- Malgré un recul général de l’excision et des avancées législatives sur le continent africain, les mutilations génitales se perpétuent et menacent la santé des filles et des femmes
- 230 millions de filles sont victimes d’excision dans le monde, dont plus de 2 millions avant leur 5 ans (1)
- Au Tchad et en Ethiopie, CARE sensibilise les communautés aux dangers de ces pratiques, et crée des groupes de filles et de femmes pour libérer la parole autour de l’excision.
Les conséquences de l’excision sur le corps des femmes
Victimes de traditions et de croyances patriarcales, les filles qui subissent des mutilations génitales voient leur santé mise en péril. Elles souffrent notamment de :
- Douleurs, saignements abondants
- Infections
- Incontinence urinaire
- Menstruations douloureuses
- Douleurs à l’accouchement voire infertilité, des grossesses et accouchements à risque
Les croyances patriarcales, première cause d’excision
- La culture et les traditions sexistes : de nombreuses communautés continuent de pratiquer l’excision “parce qu’elles ont toujours fait comme ça”.
- La pression sociale : dans les communautés qui pratiquent l’excision, une fille non excisée risque le rejet, et de ne pas trouver d’époux.
- Le contrôle de la sexualité de la femme : l’excision retire tout plaisir féminin. Dans la croyance, cela assure que la jeune fille reste chaste jusqu’au mariage, et qu’elle reste fidèle à son mari.
- La religion : Pourtant, aucun texte sacré, aucun texte religieux n’encourage cette pratique.
Au Tchad, sensibiliser pouvoirs publics et leaders communautaires contre les mutilations génitales
Le Tchad a officiellement interdit l’excision en 2002. Mais les croyances et pratiques perdurent dans l’illégalité. En 2024, on estimait que 80% des filles subissaient une excision dans la région de Mandoul (2)
Pour lutter contre cette violation des droits des filles et des femmes, CARE travaille en lien avec le gouvernement du Tchad et les leaders communautaires (directeurs d’écoles, chefs religieux) pour renforcer la sensibilisation contre l’excision. Le documentaire “La jeune fille, les chouettes et les hommes lions” est l’un des outils utilisés par nos équipes pour la sensibilisation.
Résultat ? 3 ans après le début du projet, 98% des leaders communautaires sont engagés dans la lutte contre l’excision.
En Éthiopie, libérer la parole autour des mutilations génitales
En Éthiopie près de ¾ des filles et des femmes ont subi une excision. Victimes de la pression sociale, elles sont encore peu à s’élever contre cette pratique.
En 2017, l’Éthiopie a interdit l’excision sur l’ensemble de son territoire, cependant le pays reste l’un de ceux où l’excision est le plus pratiqué en Afrique.
Pour briser le silence, plusieurs facilitatrices comme Saeda mettent en place des groupes de parole et d’épargne communautaires soutenus par CARE. Au sein de ces groupes, les filles et les femmes échangent sur leur expérience, se soutiennent et gagnent leur autonomie financière.
Agir partout pour les droits et la dignité des femmes et des filles
Depuis 80 ans, CARE agit dans 120 pays pour protéger les droits des femmes et des filles, sensibiliser à l’égalité de genre, et lutter contre les discriminations.
Nos équipes sont engagées dans la lutte contre l’excision, les mariages forcés, la déscolarisation, et pour l’autonomisation des femmes.
Foire aux questions
- L’excision, c’est quoi ?
L’excision et les mutilations sexuelles génitales faites aux femmes et aux filles sont une ablation partielle ou totale des organes génitaux (gland du clitoris, lèvres) et/ou toute autre mutilation des organes génitaux pratiqués à des fins non thérapeutiques.
- Quels sont les enjeux autour de l’excision ?
Les mutilations sexuelles génitales sont une atteinte aux droits fondamentaux de la personne, notamment l’intégrité physique et psychologique, la santé. Ces violences sont enracinées dans les inégalités historiques entre les femmes et les hommes.
- Dans quels pays l’excision est pratiquée ?
Malheureusement quasiment partout, mais à des degrés différents. L’excision se pratique en France, Angleterre, aux États-Unis, Burkina Faso, Éthiopie, Égypte Colombie, Inde, Indonésie, Irak… Les pays avec les taux de mutilations génitales les plus élevés au monde chez les femmes et les filles âgées de 15 à 49 ans sont la Somalie (99 %), la Guinée (95%) et le Djibouti (90%).
(1) UNICEF, Plus de 230 millions de filles et de femmes actuellement en vie ont subi des mutilations génitales féminines, 2024
(2) chiffre extrait du documentaire « La jeune fille, les chouettes et les hommes lions », Carol Valade, groupe URD, 2024