Devenir mère avant l’amplification du conflit à Gaza... vs après

Farah a donné naissance à son deuxième enfant fin septembre, il y a quatre mois. « L’accouchement a été facile. J’ai eu la chance d’accoucher dans un hôpital, avec tous les traitements et les médicaments dont j’avais besoin » , décrit Farah. « Mon mari, ma fille ainée et moi-même étions si heureux d’accueillir le nouveau membre de notre famille. Nous étions pleins d’espoir pour l’avenir et d’amour les uns pour les autres » .

Mais deux semaines après son accouchement, les violents bombardements débutent. Et les conditions de vie empirent drastiquement. « Au cours des quatre derniers mois, certaines de mes amies ont accouché sans anesthésie, même lors de césariennes. D’autres ont dû accoucher dans des abris, sur des sols sales et froids, avec l’aide de leur mère ou d’autres femmes âgées » . Seul un tiers des hôpitaux de Gaza sont encore partiellement fonctionnels à ce jour (1), les autres ayant été détruits par les bombardements. Il n’y a pratiquement plus de médicaments à Gaza. Alors que la faim et les maladies se répandent, les populations civiles sont les premières à souffrir des impacts de ce conflit et du blocus.

Jour après jour, Farah doit faire bonne figure devant ses enfants afin de ne pas les inquiéter. Mais elle lutte chaque jour pour la survie de sa famille. « Le sentiment merveilleux de la maternité s’est transformé en quelque chose de plus difficile que je n’aurais jamais pu imaginer. On a du mal à trouver de quoi manger, je n’ai pas de couches pour mon bébé, je ne peux pas laver les vêtements de mes enfants. Je me sens impuissante. »

Vivre ses menstruations avant l’amplification du conflit à Gaza... vs après

Avant que les bombardements et les ordres d’évacuation ne soient annoncés, Farah et sa famille vivaient dans leur maison avec tout le confort moderne. Mais comme 85% de la population, la famille a dû fuir les violences et tout laisser derrière elle (2). Beaucoup de familles gazaouies ont été contraintes de se réfugier dans des abris de fortune et survivent dans des tentes. Farah et ses enfants ont un toit au-dessus de leur tête, mais pour autant, leurs conditions d’hygiène sont tout aussi précaires. La famille vit dans une petite maison à Rafah avec 25 autres personnes ; elles partagent une seule toilette.

« Si vous êtes une femme, vous savez ce que c’est que d’avoir ses règles. Vous savez ce dont vous avez besoin et ce que vous ressentez. Pour l’instant, nous n’avons pas de produits sanitaires. Dans les centres d’hébergement, les femmes doivent parfois faire la queue pendant des heures pour utiliser les toilettes et pouvoir se débarrasser de mouchoirs en papier imbibés de sang, car il n’y a pas de serviettes hygiéniques » , décrit Farah.

La population de Gaza a besoin d’un cessez-le-feu

« Je suis terrifiée de perdre ma famille dans les bombardements. Ils sont tout pour moi. Mon souhait est simple : je souhaite vivre avec ma famille et mes proches en paix et en sécurité. Tout comme vous. Nous voulons vivre et réaliser nos rêves, loin de la mort et de la guerre » , appelle Farah.

L’association CARE, dont les équipes sont présentes à Gaza, renouvelle son appel à un cessez-le-feu, à la libération des otages et à l’acheminement d’une aide humanitaire.

*Le prénom a été modifié pour protéger l’identité de la personne
Source : (1) ONU, 2024 ; (2) OCHR, 2023

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L'action de CARE à Gaza

  • L’ONG CARE opère à Gaza et en Cisjordanie depuis 1948. Avant le conflit actuel, nous soutenions environ 200 000 Palestiniens à Gaza. Nous continuons d’aider environ 300 000 personnes en Cisjordanie à répondre aux besoins alimentaires de base, à améliorer l’agriculture, à donner aux femmes les moyens de gagner un revenu, à soutenir leur leadership et à améliorer les programmes de santé axés sur la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès à la santé sexuelle et reproductive et la santé mentale des enfants.
  • Depuis l’escalade du conflit, l’équipe de CARE à Gaza et ses partenaires ont pu distribuer des kits d’hygiène, des articles d’abris tels que des couvertures et des matelas, et de l’eau potable à plus de 91 000 personnes déplacées vulnérables. CARE a également fourni un soutien médical à plus de 60 000 personnes, notamment des médicaments, du matériel médical et des services de santé primaires.
  • Dans le cadre de sa réponse multi-crises, l’ONG CARE soutient les populations dans le besoin : Maroc,  Syrie, Afghanistan… Nous apportons une aide humanitaire d’urgence partout où nous sommes en capacité de le faire. Notre mandat est clair : soutenir les victimes qui en ont besoin. Nous sommes résolument apolitiques afin de garantir notre accès à ces communautés impactées. En soutenant notre Fonds d’urgence, vous nous permettez d’apporter une aide vitale lors de ces crises.

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