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Liban : près de 70 000 femmes enceintes prises au piège de la crise humanitaire selon l’ONG CARE 

BEYROUTH — Depuis le 2 mars 2026, le Liban est plongé dans une nouvelle urgence humanitaire. Selon les calculs de l’ONG CARE à partir de données démographiques de l’ONU, près de 70 000 femmes sont enceintes au Liban. Parmi elles, plus de 7 500 ont été forcées de fuir et se trouvent en danger immédiat selon l’UNFPA. Toutes peinent à accéder aux soins : les routes sont dangereuses, les transports perturbés, et les établissements de santé font face à des pénuries de carburant, de médicaments et de produits d’hygiène.

Des femmes accouchent dans des écoles et des voitures

« Depuis près de quinze jours, les femmes déplacées accouchent dans des écoles, des voitures et des centres d’accueil surpeuplés, sans aucune intimité, sans eau potable et sans assistance médicale. Cela entraine des risques majeurs d'infection et d'autres complications.»
s’inquiète Nour Beydoun, en charge de la protection des femmes et des filles pour l’ONG CARE dans la région du Moyen-Orient

Rana a accouché juste après les premiers bombardements. Nour Kassab, coordinatrice Genre et Protection de CARE International au Liban, témoigne :  

« Elle venait d'accoucher par césarienne quand nous l'avons rencontrée, allongée sur un trottoir, avec son bébé de quatre jours dans les bras. Elle avait faim, soif et mal. Rana devrait être soignée dans un endroit sûr. Au lieu de cela, elle est dans l'incapacité de prendre soin de ses plaies, en train d'essayer de protéger son nouveau-né de tous les dangers de la rue.»

 Nour Beydoun, en charge de la protection des femmes et des filles pour l’ONG CARE dans la région du Moyen-Orient 

Rana fait partie des 7 500 femmes enceintes contraintes de fuir en urgence, sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portaient, cherchant refuge dans des abris collectifs surpeuplés, des immeubles abandonnés ou à la rue. 

7,500 femmes enceintes

 sont contraintes de fuir Beyrouth en urgence à cause des bombardements.

Le système de santé libanais, déjà sous pression extrême, ne peut absorber ce choc. Selon l’OMS, en 15 jours, 49 centres de soins primaires et cinq hôpitaux ont fermé du fait des ordres d’évacuation, réduisant l’accès aux soins au moment même où les besoins explosent.

Bébé au Liban
© CARE
Bombardements au Liban à Beyrouth
© CARE

Des risques extrêmes pour leur santé physique et mentale

Les risques ne sont pas uniquement physiques. Dans des abris surpeuplés, les femmes déplacées sont particulièrement exposées aux violences basées sur le genre. 

Nour Beydoun alerte :  

« Imaginez : en plus de la peur de mourir sous les bombardements, de l'incertitude constante pour leurs enfants, de l'incapacité à se soigner, ces femmes vivent sous la menace permanente de violences supplémentaires, notamment d'exploitation, d’abus sexuels, ainsi que de la traite des êtres humains, parce qu'elles sont des femmes. Songez à l'accumulation des traumatismes et au temps qu’il faudra pour les soigner.»
Nour Beydoun, en charge de la protection des femmes et des filles pour l’ONG CARE dans la région du Moyen-Orient

Sous le coup d’ordres d’évacuation d’une ampleur inédite, plus d’un million de personnes ont été déplacées de force au Liban en à peine deux semaines. Il s’agit de l’un des mouvements de population les plus rapides de l’histoire du pays. Cela créé des traumatismes psychologiques immenses auprès une population exsangue, acculée par cinq années de crises cumulées et non résolues.  

Une réponse humanitaire insuffisante face aux besoins écrasants

Depuis 2019, en plus de l’explosion du port de Beyrouth et du conflit de 2024, le pays est confronté à un effondrement économique grave, à une augmentation spectaculaire de la pauvreté, à une insécurité alimentaire croissante et à un accès limité aux soins de santé. Le Liban ne pourra pas s’en sortir seul. Selon la Banque mondiale, la première phase du conflit au Liban (septembre – novembre 2024) avait causé 11 milliards de dollars de dégâts. 

L’ONG CARE appelle à ce que les parties au conflit et les acteurs influents déploient tous les efforts diplomatiques nécessaires pour obtenir une cessation immédiate des hostilités ; un accès humanitaire immédiat, complet et sans entrave ; et à la protection de toutes les infrastructures, notamment de santé, conformément au droit international humanitaire.

L'action de CARE au Liban

Présente depuis 20 ans au Liban, l’ONG CARE et ses six organisations partenaires libanaises ont apporté leur aide à plus de 16 000 personnes depuis le 2 mars 2026 : 41 000 litres d’eau potable distribués, des milliers de repas chauds, des kits d’hygiène. Mais face à l’ampleur de la crise, ces efforts demeurent insuffisants. 

Les femmes dans la région

Les besoins humanitaires au Moyen-Orient s’aggravent de jour en jour, alors que l’escalade de la violence oblige les familles à fuir leurs foyers et plonge les communautés dans une crise toujours plus profonde. Dans toute la région, plus de 161 millions de femmes et de filles vivent dans des pays touchés par le conflit¹.

Beaucoup ont déjà dû fuir leur foyer et sont désormais exposées à la violence et à l’exploitation, tout en étant privées d’accès aux services essentiels. D’après les estimations démographiques de l’ONU, en Irak, en Jordanie, au Liban, dans les territoires palestiniens occupés et en Syrie, où CARE intervient, plus de 1,6 million de femmes enceintes vivent sous la menace de ce conflit alarmant. (Données issues des « Perspectives démographiques mondiales » des Nations Unies) 

CARE France lance un appel aux dons pour le Liban.

Mabelle membre de l'équipe de CARE au Liban
En 1945, l’ONG CARE apporter une aide humanitaire après la guerre en Europe.

CARE : l’un des plus grands réseaux humanitaires au monde

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, CARE apporte une aide humanitaire aux populations frappées par la pauvreté et les injustices à travers le monde. Et cela grâce à l’engagement solidaire de centaines de milliers de personnes.

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