2022 : Le choc et l’exode après l’invasion russe

Au printemps 2022, à la suite de l’invasion russe et des bombardements massifs de nombreuses villes, l’Ukraine fait face à un déplacement de population sans précédent. Douze millions de personnes fuient le pays ; six millions sont déplacées à l’intérieur du pays.  

Le pays tout entier est sous le choc. Mais déjà, certaines personnes agissent. 

L'action de CARE en UKraine

Depuis 2022, CARE, l’un des plus grands réseaux humanitaires au monde, présent dans plus de 100 pays et forte de 80 ans d’expérience dans les crises majeures, intervient auprès des populations touchées par la guerre en Ukraine. Avec nos partenaires locaux, nos équipes assurent l’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé, aux abris et à la protection, notamment contre les violences faites aux femmes. Chaque action vise à répondre aux besoins essentiels et à soutenir les familles jour après jour, partout où la guerre les a contraintes à survivre. 

Lyudmyla : retrouver les survivants et survivantes après les bombardements en Ukraine

À l’ouest de Kiev, Lyudmyla, 38 ans, parcourt les villages dévastés par les combats et les bombardements pour recenser les personnes âgées isolées dont les familles sont sans nouvelles. Dans son carnet, elle note le nom des personnes survivantes, mais les « X » symbolisant les décès l’emporte souvent sur les mentions « a survécu ». 

Dans son véhicule, elle transporte 1 000 sacs mortuaires. Elle identifie les corps, organise des sépultures, enterre parfois elle-même les victimes au milieu des ruines. Une manière d’agir et de redonner un peu d’humanité dans un monde qui s’effondre. 

Une femme avec son carnet.
Un abris en Ukraine, avec des matelas aménagés dans un couloir

S'engager pour ne pas sombrer : le parcours d'Iryna

Les abris fleurissent partout où un matelas peut tenir : écoles, stades, gares. À Lviv, près de la frontière polonaise, le stade de football se transforme en centre d’accueil. Les équipes de CARE y distribuent des kits d’urgence, des couvertures, des produits d’hygiène. Les familles arrivent avec quelques sacs, parfois rien.  

Iryna, 36 ans, fuit l’est du pays avec sa mère, son fils et son chat pour rejoindre un ancien camping près de Dnipro. Dans ce refuge de fortune, où une centaine de personnes partagent une seule machine à laver, elle prend conscience de la détresse des femmes seules autour d’elle. Elle commence alors à organiser des activités pour les enfants. Dessiner. Jouer. Rire un peu. Cette initiative l’amène à rencontrer Avalist, une organisation humanitaire partenaire de CARE.  

Aujourd’hui, Iryna n’est plus une déplacée : elle est devenue travailleuse sociale et accompagne à son tour celles et ceux qui ont tout perdu. 

CARE en Ukraine depuis 2022 : 

  • 1,59 million de personnes ont reçu une aide vitale. 
  • Plus de 500 000 personnes ont retrouvé un accès régulier à de l’eau potable et à des distributions alimentaires. 
  • Des centaines de milliers ont pu bénéficier d’un abri, de soins de santé ou d’un soutien face aux violences et traumatismes. 
  • 12 ONG ukrainiennes partenaires sont mobilisées aux côtés de CARE 

Depuis quatre ans, CARE et ses partenaires interviennent dans la durée pour répondre aux besoins essentiels des populations, partout où cela est possible. 

2023 : adaptation et aide humanitaire proche du front en Ukraine

La deuxième année, l’aide se structure jusque dans les villes proches du front, comme Kherson, dans le sud du pays. Là-bas, les explosions rythment les journées. Le bruit des tirs devient presque familier. 

Les populations sortent pour l’essentiel : eau, nourriture, distributions. CARE et ses partenaires installent des générateurs, fournissent des chauffages, distribuent des sacs de couchage à celles et ceux qui vivent dans les sous-sols. La survie s’organise. 

La règle des deux murs d’Olga

Olga, 70 ans, s’adapte à cette nouvelle réalité. Sa petite-fille de neuf ans et elle mesurent désormais leur sécurité en « nombre de murs » : au moins deux parois doivent les séparer de la rue lorsque les missiles frappent. Chaque nuit, Olga et Darya dorment dans le couloir de leur appartement, organisant des tours de garde pour guetter le sifflement des tirs entrants. 

Toutes deux fréquentent un centre communautaire soutenu par CARE, l’un des rares espaces sécurisés pour les enfants et leurs proches à Pokrovsk. Ici, les familles reçoivent un soutien psychologique, participent à des activités de groupe et retrouvent de brefs instants de normalité.

Pour les enfants comme Darya, c’est un lieu pour dessiner, jouer et exprimer des peurs qu’ils ne peuvent partager nulle part ailleurs. 

Portrait d'Olga, une personne de 70 ans, pendant la guerre en Ukraine

Nataliia et le broyeur qui unit le village de Staryi Merchyk

À Staryi Merchyk, petit village proche de la frontière russe, Nataliia s’engage activement pour améliorer le quotidien de sa communauté. Formée au leadership dans le cadre du programme Women Lead in Emergencies (WLiE) de CARE, elle mobilise d’autres femmes de son village. Ensemble, elles achètent un broyeur de végétaux. 

Un détail en apparence. En réalité, une stratégie. Nettoyer les terrains abandonnés. Entretenir un parc historique. Produire un combustible alternatif lorsque les infrastructures énergétiques sont attaquées. Une solution locale qui renforce la résilience collective. 

« Les personnes âgées qui vivent seules ne peuvent pas porter de lourdes bûches ou du charbon. Mais les copeaux de bois issus du broyage sont faciles à ramasser et à allumer. C’est une solution qui bénéficie à beaucoup de monde. En temps de guerre, il ne faut pas penser qu’à soi. »

Souligne Nataliia

La solidarité devient une ressource. 

2024 : retour progressif à la vie quotidienne malgré la guerre en Ukraine

Dans certaines villes, les commerces commencent à rouvrir après des mois de perturbations. Les communautés tentent de reprendre un rythme. Mais la guerre reste là et les bombardements continuent. 

Olga et l’eau empoisonnée

Dans une bourgade de l’est de l’Ukraine, Olga qui avait passé près de 100 jours cachée dans son sous-sol avec son mari et ses animaux, quitte enfin ce refuge. Les explosions se font encore entendre au loin, mais elle ne sursaute plus à chaque détonation.  

Le danger, pourtant, circule dans l’eau. Les canalisations détruites et les enterrements des personnes tuées lors des bombardements précipités contaminent les nappes phréatiques. Elle ne boit plus que de l’eau en bouteille fournie par un partenaire de CARE. 

Portrait d'Olga et son chien, en Ukraine, pendant la guerre.
«C’est mieux qu’avant et je ne veux pas quitter ma maison. »

Olga, ukrainienne

Mais lorsque la ligne de front avance encore, les combats rendent l’acheminement de l’aide humanitaire impossible : les routes sont bloquées ou trop dangereuses et les livraisons d’eau cessent. Rester chez elle devient impossible. Olga, qui jurait autrefois de ne jamais quitter sa maison, est évacuée vers Odessa. 

Portrait de Vitalii, conducteur de bus solidaire en Ukraine soutenu par CARE

Vitalii, le conducteur de bus solidaire

À Pokrovsk, Vitalii, ancien chauffeur de bus, évacue désormais des personnes âgées sous les bombardements. Gilet pare-balles sur le dos, il traverse des routes menacées. 

 « Je fais juste mon travail » dit-il.

Grâce au soutien de CARE, les bus d’évacuation quotidiens permettent aux populations de rejoindre des centres de transit à Pavlograd. 

Parmi les passagères, Larisa, 66 ans. Elle monte dans le bus avec un manteau et un chapeau. Rien d’autre. Alors que les bombardements se multiplient, elle laisse toute ses affaires et toute sa vie derrière. 

À Pavlograd, un vieux théâtre devient centre de transit. Les fauteuils rouges sont poussés contre les murs pour laisser place aux lits de camp. Des psychologues et travailleurs sociaux, soutenus par CARE, l’aident à trouver un logement. 

«Cette guerre m’a épuisée »,  confie Larisa 

Mais grâce à la solidarité de Vitalii et des équipes humanitaires, elle a trouvé un espace sûr et l’espoir de reconstruire son quotidien. 

2025 : La normalisation de l’inacceptable

En 2025, les attaques s’intensifient. Les infrastructures civiles, les centrales énergétiques et les immeubles d’habitation sont visés en permanence, et plus de 70 % du réseau électrique du pays est endommagé ou détruit. 

Le rendez-vous de Katerina et Stanislav

Au sud du pays, à Zaporizhzhia, Stanislav, 81 ans, et sa partenaire Katerina vivent dans une petite chambre d’un ancien dortoir universitaire, après avoir fui leur ville natale alors que le front approchait. Comme beaucoup de familles déplacées, ce couple dépend des distributions alimentaires et de l’aide humanitaire pour passer l’un des hivers les plus froids de ces dernières années. 

Le dortoir a été touché par un missile et plus de 100 fenêtres ont été réparées par un partenaire de CARE, car les températures hivernales rendaient la vie à l’intérieur impossible.

En levant brièvement les yeux, elle exprime sa gratitude envers ceux qui sont venus aider :  

« Merci de ne pas nous avoir oubliés. Merci de nous aider et de vous soucier de nous.»

Katerina , ukrainienne soutenue par CARE

Lyudmila et les soins à domicile près du front en Ukraine

À quelques kilomètres de la ligne de front à Kramatorsk, Lyudmila, 66 ans, reçoit régulièrement la visite d’une équipe médicale mobile de CARE. Son fils Maxim, est paralysé depuis des années et les hôpitaux locaux sont trop éloignés ou dangereux. 

Chaque visite est un soulagement : le médecin et l’infirmière ajustent le lit de Maxim, administrent ses traitements et vérifient les fournitures médicales. Même au milieu des routes bloquées et des combats, CARE maintient l’accès aux soins essentiels, offrant un soutien vital là où les infrastructures sanitaires ont été fragilisées. 

 

«Chaque fois que je vois l’ambulance arriver, mon cœur se remplit de soulagement. »

confie Lyudmila.

Ces interventions montrent que, même dans un contexte où l’inacceptable devient quotidien, l’expertise et la présence de CARE permettent aux personnes vulnérables de continuer à vivre dignement. 

Un impact rendu possible par vos dons

Quatre ans après l’escalade du conflit, la guerre continue de bouleverser chaque aspect de la vie quotidienne en Ukraine. Les bombardements se poursuivent, l’hiver fragilise les infrastructures et des millions de civils vivent toujours dans l’incertitude. Pourtant, sur le terrain, l’aide ne s’arrête pas. 

Grâce à un réseau solide d’organisations locales partenaires et à l’engagement de ses équipes, CARE poursuit ses actions au plus près des populations civiles : soigner, distribuer de la nourriture et de l’eau potable, réparer, protéger, accompagner. 

Derrière chaque chiffre, il y a un visage. Celui d’Olga, de Lyudmila, de Larisa, de Katerina. Quatre ans plus tard, les besoins sont toujours là. Maintenir l’aide humanitaire dans le temps reste essentiel pour répondre à cette crise qui s’inscrit dans la durée. 

90 €

22 € après réduction fiscale

icone hygiene lavage de mains

Vous offrez par exemple un kit d’hygiène à 3 familles pour couvrir leurs besoins pendant 1 mois.

150 €

37 € après réduction fiscale

icone représentant de la nourriture

Vous offrez par exemple une aide alimentaire à 4 familles pendant 1 mois

220 €

55 € après réduction fiscale

icone tente

Vous offrez par exemple un kit d’hébergement à 5 familles déplacées.

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