Quelle situation humanitaire au Moyen-Orient, un mois après le début de l'escalade ?
« À travers la région, des familles qui peinaient déjà à reconstruire leur vie se voient une fois de plus contraintes de fuir, sans savoir où elles dormiront, d'où viendra leur prochaine gorgée d'eau potable, comment elles se nourriront, elles et leurs enfants »
Robyn Savage, directrice humanitaire de CARE au Moyen-Orient
Les déplacements forcés massifs et les frappes aériennes continuent de menacer la vie et le bien-être de millions de personnes. Plus de 161 millions de femmes et de filles vivent dans des pays touchés par le conflit¹, beaucoup étant contraintes de s’entasser dans des abris surpeuplés où le manque d’intimité et d’installations sanitaires sûres accroît les risques de violence et d’exploitation.
« Les femmes et les filles font face à des risques disproportionnellement plus élevés lors des déplacements. Sans abris sûrs ni bien éclairés, sans installations sanitaires adéquates, les dangers qu'elles courent augmentent de façon dramatique, immédiatement »
Robyn Savage
Au Liban et en Palestine, l’accès à la nourriture, à l’eau potable, au carburant et aux soins médicaux demeure gravement entravé, tandis que les restrictions de déplacement et la violence persistante perturbent la vie quotidienne et la réponse humanitaire.
L'impact du conflit dans le monde entier
Les conséquences ne se limitent pas à la région du Moyen-Orient. Le conflit perturbe les chaînes d’approvisionnement humanitaires au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, retardant l’acheminement de l’aide vitale tout en faisant grimper les coûts du carburant et du fret.
« Ces perturbations continues ralentissent les livraisons, augmentent les coûts et compromettent la capacité à atteindre les populations à temps, dans de multiples crises à travers le monde. Au vu du niveau actuel des besoins humanitaires que nous observons à l'échelle mondiale, les impacts sont considérables. »
affirme Robyn Savage.
Des fournitures médicales destinées à des centaines de milliers d’enfants ont déjà subi des retards, tandis que les itinéraires de transport alternatifs peuvent allonger les délais de plusieurs semaines et alourdir les coûts de plusieurs milliers de dollars par livraison.
La hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires pousse des millions de personnes davantage vers la faim. Le Programme alimentaire mondial avertit que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient se trouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, tandis que la hausse des coûts des engrais risque de réduire la production alimentaire mondiale.
Les femmes et les filles sont souvent les plus durement touchées : elles mangent moins, quittent l’école ou font face à des risques de protection accrus lorsqu’elles sont forcées de fuir.
L'aide apportée par CARE pour répondre à l'urgence humanitaire
Main dans la main avec les organisations humanitaires locales et nationales de premier plan, dont les équipes accomplissent leur travail en faisant face à d’immenses dangers, CARE fournit une aide d’urgence à grande échelle — nourriture, aide en espèces, soins de santé, eau et soutien psychosocial — à des milliers de personnes affectées par les répercussions de ce conflit au Liban et en Palestine.
Dans le même temps, nous nous préparons à une montée en flèche des besoins humanitaires en Syrie, en Jordanie, en Irak et en Türkiye.
« Nos équipes sont présentes sur le terrain, au sein même des communautés à travers la région. Nous sommes susceptibles de voir la gravité des besoins dans ces pays se multiplier de façon exponentielle à mesure que la violence menace de s’étendre, risquant de coûter encore plus de vies, de forcer davantage de personnes à fuir et de soumettre les chaînes d’approvisionnement mondiales à de nouvelles perturbations. Nous constatons également des niveaux de financement humanitaire historiquement bas. Si cela continue, nous ferons face à un enchaînement catastrophique et déstabilisateur de crises qui viendront s’ajouter les unes aux autres », témoigne Robyn Savage, directrice humanitaire de CARE au Moyen-Orient.
« Les niveaux de financement humanitaire sont historiquement bas. Si cela continue, nous ferons face à un enchaînement catastrophique et déstabilisateur de crises qui viendront s'ajouter les unes aux autres. »
Robyn Savage.
CARE appelle toutes les parties au conflit, ainsi que ceux qui exercent une influence sur elles, à déployer tous les efforts diplomatiques nécessaires pour obtenir une cessation immédiate des hostilités menant à un cessez-le-feu durable et à une résolution juste et inclusive du conflit.
Les populations civiles et les infrastructures civiles doivent être protégées. Un accès humanitaire complet, rapide, sûr et sans entraves doit être garanti afin que l’aide puisse parvenir aux personnes dans le besoin sans délai.
LIBAN : Comment aider les personnes déplacées par la guerre ?
Dans un centre d’accueil informel situé dans la banlieue nord de Beyrouth, l’ONG CARE distribue des kits de dignité aux travailleuses et travailleurs migrants déplacés. Des centre d’accueil d’urgence sont mis en place dans des gymnases, écoles ou stades de foot, partout où c’est possible pour permettre aux familles fuyant les bombardements de se réfugier.
Contact presse pour les médias :
Laurence Bondard, responsable presse, 0033 7 86 00 42 75, bondard@carefrance.org
Références :
¹ Données issues des Perspectives de la population mondiale des Nations Unies. Les pays inclus dans l'estimation régionale sont les suivants : Bahreïn, Chypre, l'Iran, l'Irak, Israël, la Jordanie, le Koweït, le Liban, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite, le territoire palestinien occupé, la Syrie, la Türkiye et les Émirats arabes unis.