Aucune mesure notable pour soutenir les pays du Sud

Le sommet de Paris sur un nouveau pacte mondial de financement s’est achevé aujourd’hui sur un constat mitigé. Le sommet avait pour ambition de transformer véritablement le système financier mondial afin de soutenir les pays du Sud dans leur lutte contre les conséquences du changement climatique.  

Mais le sommet s’est contenté d’habiller l’ancien système de financement dans un nouvel emballage, par exemple en suggérant des « pauses sur la dette » pour les pays pauvres frappés par des catastrophes plutôt qu’une annulation totale de leur dette. Face à l’aggravation des impacts climatiques, les financements publics restent essentiels pour traiter des questions telles que l’adaptation et les pertes et dommages, qui sont aujourd’hui encore ignorées par les acteurs du secteur privé.  

Face aux conséquences du changement climatique, il manque des mesures concrètes

Nous avons besoin d’actions de grande envergure pour lever les milliards nécessaires pour faire face aux conséquences du changement climatique. Les pays du Sud sont les moins responsables du changement climatique, pourtant ce sont eux qui le subissent le plus. Pour rétablir une justice climatique mondiale, il est nécessaire de les soutenir financièrement. 

Le sommet a permis d’envoyer des signaux politiques sur la taxation de l’industrie du transport maritime, pour réellement transformer le système financier mondial et canaliser les fonds publics vers les crises les plus urgentes que sont le changement climatique, la pauvreté et le développement. Mais nous n’avons plus besoin de sommets pour reconnaître l’existence d’un problème. Nous avons maintenant besoin d’actions concrètes telles que l’augmentation et la concrétisation des engagements existants et la finalisation d’accords en vue de l’annulation totale de la dette des pays pauvres, afin que l’argent existant parvienne à ceux qui en ont le plus besoin au moment où ils en ont le plus besoin, sans conditions et sans restriction. 

L'ONG CARE continuera de se mobiliser pour une justice climatique

Walter Mawere est l’expert climat de CARE Somalie. Il est venu en France pour le sommet. Et voici son bilan : « c’est une déception. Le sommet n’est pas allé assez loin pour répondre aux besoins des personnes qui subissent de plein fouet les effets du changement climatique. D’ici 2030, plus de 2 000 milliards de dollars par an seront nécessaires pour aider les pays du Sud à faire face au changement climatique, dont ils ne sont même pas responsables... Mais qu’avons-nous obtenu lors de cette conférence ? Les pays riches ont annoncé qu’ils allaient éventuellement tenir leur promesse, vieille de 14 ans, de débloquer 100 milliards de dollars par an. C’est trop peu, trop tard. En Somalie, les familles souffrent chaque jour de la pire sécheresse depuis 40 ans et des conséquences les plus graves du changement climatique. Que vais-je leur dire en rentrant demain ? Ces conférences techniques internationales doivent répondre à la réalité et entendre nos messages. Les pays riches doivent cesser de traîner les pieds. Les pays vulnérables n’ont pas besoin de pansements, mais d’actions ambitieuses. Si l’argent manque, qu’il vienne des grands pollueurs, ceux qui continuent d’aggraver la situation – l’industrie des énergies fossiles, les secteurs maritime et aérien : il y a de quoi faire ! Il est dommage que les gouvernements n’aient pas parlé de mettre fin aux subventions publiques accordées aux entreprises fossiles. Les gouvernements ne peuvent pas prétendre défendre le climat tout en continuant à alimenter l’urgence climatique. »  

Contact presse pour les médias : 

  • Delphine Holstein, Chargée des relations médias, CARE France, holstein@carefrance.org, 07 86 00 42 75

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