05 mars 2013

Balkans. Sois un homme : respecte les femmes et les filles !

Comment les normes sociales dans l'ouest des Balkans influencent l'utilisation de la violence par les hommes ? Comment soutenir les adolescents à respecter les femmes et les filles ?

CARE a développé un projet dans 5 pays des Balkans : la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Kosovo et le Monténégro, permettant à des groupes de jeunes hommes âgés de 13 à 19 ans de se rassembler pour parler de la masculinité, de l'égalité des genres et des violences faites aux femmes.

Mettre fin aux attitudes sexistes contre les femmes et les filles

L'ouest des Balkans fait face à l'émergence d'une culture de la violence, notamment familiale et communautaire.

« La jeunesse est une étape critique au cours de laquelle les individus reproduisent les attitudes de leurs aînés. Il est primordial de travailler avec eux afin de briser les normes sociales sur lesquelles reposent ces violences », rappelle Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Depuis 2007, le programme'Young Men Initiative' vise à mettre fin aux attitudes sexistes des adolescents. En rencontrant d'autres jeunes et en échangeant ouvertement sur le rôle des hommes dans la société, les adolescents sont plus disposés à remettre en question leurs attitudes discriminatoires à l'égard des femmes.

Ces groupes, crées par CARE et nommés'Be a man' (sois un homme), partagent le même logo dans tous les pays des Balkans: un biceps avec un cerveau dessiné à l'intérieur, pour montrer que les vrais hommes ne comptent pas exclusivement sur leur force physique mais se servent également de leur tête.

Des clubs pour échanger sur les rôles des hommes et des femmes et la violence

Les jeunes se rencontrent dans l'après-midi pour jouer au football, regarder des films ou mener des activités comme ramasser les ordures dans les jardins publics. Grâce à l'encadrement d'éducateurs formés par CARE, ils prennent part à des ateliers sur les rôles des hommes et des femmes, la violence et autres sujets qui font rarement partie du programme scolaire officiel. Ils peuvent poser des questions sur l'utilisation du préservatif ou autres sujets personnels.

L'implication des jeunes au Kosovo

Cette approche a été introduite au Kosovo en 2010.

Les moins de 26 ans représentent près de 70% de la population du Kosovo. C'est un atout indéniable pour ce pays qui est l'un des plus pauvres d'Europe - mais également un défi: dans certaines régions, les classes s'effectuent par rotation car il n'y a pas suffisamment de professeurs pour accueillir tous les élèves.

Une fois que les jeunes sont diplômés, ils se disputent le peu d'offres d'emploi disponibles. Près de 70% des jeunes sont actuellement en recherche d'emploi. Les activités extrascolaires ou les loisirs sont rares, ce qui entraîne un fort sentiment de frustration. De plus, les attitudes chauvines et les stéréotypes traditionnels influencent la perception de ces jeunes du rôle des hommes dans la société.

Gramos ,16 ans, fait partie d'un des clubs'Be a man' de Pristina : « J'ai beaucoup changé grâce à ce programme. Aujourd'hui, je peux parler sans honte de mes sentiments. J'ai vraiment évolué et je réfléchis davantage à la façon dont je traite les autres personnes et mes priorités dans la vie ».

Gramos aime parler des ateliers et des activités avec ses amis et ses proches, qu'il encourage à venir participer.

Felix Wolff, directeur régional des Balkans témoigne de l'implication de ces jeunes et de leur créativité :

« Certains groupes nous étonnent. L'année dernière, des jeunes se sont rendus dans le centre de Pristina à l'occasion de la journée de la femme et ont offert des roses aux passants. Ils les distribuaient aux hommes afin que ceux-ci puissent ensuite les remettre à leurs femmes et à leurs filles. C'était une façon de les encourager à penser à leur entourage féminin.»

CONTACT MEDIAS

CARE : Laury-Anne Bellessa
01 53 19 89 92