12 novembre 2013

Typhon Haiyan : les conséquences tragiques du changement climatique à l'heure où la communauté internationale se réunit à Varsovie.

Les équipes du réseau humanitaire CARE témoignent des difficultés d'accéder aux 9,8 millions de personnes affectées par le typhon Haiyan. CARE, qui travaille aux Philippines depuis 1949, alerte la communauté internationale réunie depuis hier à Varsovie sur l'augmentation de ce type de catastrophes due au changement climatique.

Les médecins opèrent avec des lampes frontales

Quatre jours après le passage du typhon Haiyan et alors que les pluies continuent, le bilan de ce qui apparait être la pire catastrophe ayant jamais frappé le pays ne cesse de s'alourdir.

2013 / CARE

«De nombreuses régions ont été totalement dévastées. Pratiquement toutes les maisons en bois sont détruites. Le maire de la ville d'Ormoc, au centre de l'archipel, nous a déclaré que 95% des maisons construites en dur n'ont plus ni toit, ni fenêtres. Il y a des débris de verre partout dans les rues. L'hôpital de la ville n'a plus d'électricité. Les médecins opèrent avec des lampes frontales », témoigne Celso Dulce, chargé de mission réduction des risques des catastrophes pour CARE Philippines.

2,5 millions de personnes ont aujourd'hui besoin d'une aide alimentaire

La distribution de produits de première nécessité est essentielle alors que 2,5 millions de personnes ont aujourd'hui besoin d'une aide alimentaire. L'eau est également un sujet de préoccupation.

« Les docteurs de la ville d'Ormoc sont épuisés car ils n'ont pas dormi depuis des jours, et ce alors que de nouveaux patients continuent d'arriver, malades à cause de la consommation d'eau impropre. J'ai vu des gens s'abreuver à des canalisations endommagées dans la rue. Il n'y a aucune autre source d'eau ici », rapporte Sandra Bulling, coordinatrice de communication d'urgence auprès de CARE Philippines.

Les opérations de secours sont rendues difficiles du fait des routes détruites ou recouvertes de débris.

2013 / CARE
« Le principal défi est l'accès aux zones affectées. De nombreuses localités dans le centre des Philippines sont encore coupées du monde. Un membre de notre staff a rapporté qu'un trajet de 11 km lui avait pris près de 6 heures. Malgré la mobilisation d'équipes de déblayage par le gouvernement philippin, il est urgent de dégager les routes et de restaurer l'électricité et les moyens de communication. L'accès à certaines zones ne peut se faire aujourd'hui que par bateau ou avion », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Agir contre les effets du changement climatique

L'archipel est l'un des pays les plus exposés de la planète aux catastrophes naturelles et au réchauffement climatique. Dans l'échelle des pays à risques, les Philippines arrivent en troisième position, derrière le Vanuatu et Tonga et devant le Bangladesh. 

« Alors que les gouvernements du monde entier sont réunis depuis hier à Varsovie dans le cadre de la Conférence des parties sur le changement climatique, nous ne pouvons omettre le fait que le changement climatique a un effet direct sur ce type de catastrophes. Les scientifiques prévoient que le changement climatique va augmenter les précipitations associées aux cyclones tropicaux de 20% d'ici la fin du siècle. Les températures chaudes des eaux (2°C au-dessus des normales saisonnières autour des Philippines) et la montée du niveau de la mer accentuent encore la portée destructive des tempêtes », s'alarme Sven Harmeling, coordinateur de CARE International sur les questions de changement climatique.

Les gouvernements ont exprimé leur solidarité aux populations des Philippines mais cela ne doit pas rester des paroles vides. Des actions urgentes doivent être prises en faveur d'une lutte effective contre les effets du changement climatique.

« L'inaction n'est plus une option. Ce type de catastrophes va devenir plus fréquent. Le fait que certains pays pollueurs, tels que l'Australie ou le Japon, continuent de bloquer les négociations sur le climat est inacceptable », déclare Sven Harmeling.

Les pays développés qui sont en grande partie responsables du changement climatique doivent investir des ressources et de l'argent pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux impacts des catastrophes naturelles. CARE demande également la mise en place un mécanisme de compensation des pertes et dommages liés au changement climatique. Entre 2000 et 2012, les catastrophes naturelles ont coûté chaque année aux Philippines près de 188 millions d'euros, soit 0,7% du PIB national.

Aux Philippines, CARE va aider en urgence 150 000 personnes. Notre action se concentrera dans un premier temps sur les besoins immédiats des communautés touchées par la catastrophe : eau, nourriture mais aussi abri (seules 400 000 personnes ont trouvé refuge dans des centres sur les 618 175 personnes déplacées). Pour mener à bien ces actions, CARE lance un appel à dons. N'hésitez pas à relayer.

A propos de CARE

CARE International, WWF International et Action Aid International viennent de publier un rapport sur la nécessité, le rôle et les fonctions d'un mécanisme international sur les pertes et les dommages liés au changement climatique Tackling the climate reality: a framework for establishing an international mechanism to address loss and damage at COP19.

Fondé en 1945, CARE est l'un des plus grands réseaux humanitaires mondiaux. CARE est présent aux Philippines depuis 1949 et mène des programmes de prévention des risques de catastrophes. CARE y est intervenu en urgence lors des typhons Bopha (2012) et Ketsana (2009).

CONTACTS MEDIAS

Pour plus de renseignements ou pour toute demande d'interview avec nos équipes à Paris ou sur place, contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92.