28 mars 2014

Climat : ces peuples témoins du changement climatique

Le changement climatique ne se résume pas à des chiffres et des débats scientifiques. Au Bangladesh, au Tchad ou au Pérou, trois femmes voient leur mode de vie bouleversé par les effets du changement climatique.

S'adapter au changement climatique, un défi quotidien

Au Pérou, le recul du glacier Huayatapallana dans la cordillère des Andes et la raréfaction des ressources en eau menacent la communauté d'América.

« Les scientifiques prévoient la disparition du glacier d'ici à 2030. Que ferons-nous alors ? », s'inquiète América.

Déjà les effets du changement climatique se font sentir. Outre le manque d'eau, les épisodes de gels durant la nuit et les pics de chaleur dans la journée qui détruisent les récoltes sont des défis quotidiens. Avec le soutien de CARE, América tente de s'adapter en cultivant des pommes de terre et céréales natives oubliées résistant mieux aux épisodes de gel et consommant moins d'eau.

« Outre leur meilleure adaptation au changement climatique, les céréales traditionnelles présentent des caractéristiques nutritionnelles intéressantes pour cette région où la malnutrition est élevée », déclare Aurélie Ceinos, chargée de mission Changement Climatique chez CARE France.

l'association humanitaire CARE a participé à une conférence sur les changements climatiques
2014 / CARE
América, Khatun, Hindou lors d'une conférence à Sciences Po

Au Tchad, le peuple peul voit ses traditions nomades remises en cause par l'alternance de longue période de sécheresse et de courtes et violentes pluies.

« Les lacs se tarissent et le manque d'eau est un vrai problème. De nouvelles maladies apparaissent comme le choléra ou la typhoïde », explique Hindou.
« Certaines herbes, que le bétail consommait, ont disparu. A cause du manque de nourriture et d'eau, les vaches sont parfois trop faibles pour se déplacer. Elles ne produisent plus assez de lait pour nourrir les enfants. » 

Depuis 10 ans, les variations du climat sont devenues plus brutales et les anciens n'arrivent plus à faire de prévisions. Hindou s'inquiète de voir le mode de vie de sa communauté disparaitre prochainement.

Au Bangladesh, Khatun vit dans une région côtière menacée par la montée des eaux et frappée par des cyclones de plus en plus fréquents. Les productions agricoles ont diminué radicalement ces dernières années du fait de l'augmentation de la salinité des terres.

« Nous ne produisons plus assez pour nourrir nos familles et nous n'avons pas assez d'argent pour acheter de la nourriture sur les marchés », explique Khatun 

Beaucoup ont déjà abandonné l'agriculture et vivent désormais de l'artisanat. Khatun se demande combien de temps sa communauté pourra rester dans cette région avant d'être obligée de fuir.

Il faut une action internationale rapide

« Seuls, nous ne pourrons pas faire face aux changements climatiques qui menacent notre survie. Il faut que la communauté internationale réagisse rapidement. Mais dans les négociations internationales, les Etats oublient souvent les souffrances de leurs peuples au profit d'intérêts économiques à plus court terme », déclare Hindou.

Il est essentiel que les pays industrialisés à l'origine d'une grande partie des émissions de gaz à effets de serre prennent leurs responsabilités. Réduire les émissions dans ces pays industrialisés et soutenir les populations les plus vulnérables déjà affectées permettraient de remédier à l'injustice sociale du changement climatique.

Des mesures dans ce sens ont déjà été envisagées, à l'image de la création d'un fonds vert pour financer l'adaptation au changement climatique. L'enjeu de ces prochains mois sera d'alimenter ce fonds et d'assurer le financement de l'adaptation pour les communautés les plus vulnérables.

« Le changement climatique a déjà des impacts dans les pays du Nord. On l'a vu avec les tempêtes qui ont frappé l'Angleterre cet hiver. Les pays du Nord réagiront tôt ou tard mais donneront la priorité à leurs populations. D'ici là, nos peuples auront peut-être déjà disparu », s'alarme Hindou.

Contact médias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org