Alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé devant les Nations
unies à augmenter l’aide publique au développement, plusieurs organisations
appellent les députés à la renforcer en proposant des mesures concrètes.
L’aide publique au développement est un instrument crucial
pour lutter
contre la pauvreté et les inégalités.
Encore des mots, les mêmes mots, rien que des mots ? Le 26
septembre, le président de la République, Emmanuel Macron, s’engageait devant
l’Assemblée générale des Nations unies à augmenter l’aide publique au
développement – actuellement de 0,38% du revenu national brut – à 0,55% d’ici
2022. Mais cette annonce, saluée par les représentants de la communauté
internationale présents, est une avancée partielle. L’objectif international
fixé par les Nations unies porte à 0,7% du revenu national brut la part qui
doit être allouée à cette aide.
L’aide publique au développement est un instrument crucial
pour l’atteinte des objectifs de développement durable, et donc pour lutter
contre la pauvreté et les inégalités puis assurer le développement et l’accès à
des services essentiels tels que l’éducation et la santé. Elle est également
vitale pour garantir la stabilité du monde en permettant aux populations
vulnérables de s’adapter aux changements climatiques ou de faire face à des
crises humanitaires et alimentaires.
La France, sixième puissance économique mondiale, n’est que le douzième bailleur
international.
Pourtant, ce budget a subi des coupes successives au cours
du précédent quinquennat. Cet engagement du nouveau président de la République
à l’augmenter enfin est particulièrement bienvenu. La France a un rôle
éminemment important sur la scène internationale et en ce qui concerne l’aide,
elle peut davantage briller pour tenir son rang et rattraper son retard. Notre
pays, sixième puissance économique mondiale, n’est que le douzième bailleur
international.
L’engagement d’Emmanuel Macron est donc porteur d’espoir
pour la société civile. Mais pour concrétiser sa promesse, le président de la
République devra dégager 6 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans, soit
1,2 milliard d’euros en plus par an. Avec une augmentation de seulement 100
millions d’euros prévue au budget de l’aide internationale, le compte n’y sera
pas avant belle lurette !
Nous appelons les député.e.s à se mobiliser pour affecter
l’intégralité de cette taxe à la solidarité internationale.
Il n’est pas trop tard : le scénario présenté par le
gouvernement peut être revu pendant les débats parlementaires et gagner en
ambition. Les députés peuvent rectifier le tir en augmentant, d’une part, le
budget de l’aide publique au développement et en s’appuyant, d’autre part, sur
les financements innovants tels que la taxe sur les transactions financières.
Cette taxe rapporte actuellement 1,5 milliard d’euros, dont la moitié est allouée
à la lutte contre la pauvreté et les changements climatiques. Notre demande est
claire : nous appelons les député.e.s à se mobiliser pour affecter
l’intégralité de cette taxe à la solidarité internationale.
Emmanuel Macron s’est lui-même déclaré « prêt et volontaire »
pour affecter l’intégralité des revenus d’une même taxe européenne à l’aide au
développement lors de son discours sur l’Europe à la Sorbonne. Prenons-le au
mot et montrons l’exemple en appliquant cette mesure en France dès 2018.
Nous appelons aussi les députés à augmenter le taux de cette
taxe de 0,3 à 0,5% pour l’aligner sur le modèle de la taxe britannique que le
Président a annoncé vouloir étendre à toute l’Europe. Nous souhaitons enfin la
réintroduction des opérations infra-journalières dans l’assiette de cette taxe.
Nos demandes ne sont pas utopistes mais nécessaires pour concrétiser les
engagements du président de la République. Aidons-le à tenir ses promesses pour
la solidarité internationale et la lutte contre les changements climatiques.
Les beaux discours ne feront jamais de grandes politiques.
Premières organisations signataires :
Coordination SUD, ONE,
Oxfam France, Groupe Initiatives, Agrisud International, CARE France, CFSI,
Initiative Développement, Handicap International, CCFD-Terre Solidaire.
Ce texte a été publié sur le site de Libération