Une salle de classe fermé, un avenir mis en pause
À seulement 9 ans, Laila sait déjà exactement ce qu’elle veut faire.
Pourtant, au lieu d’aller à l’école pour réaliser son rêve, depuis quelques semaines, ses journées ressemblent à la triste réalité de millions de filles en Afghanistan : elle aide sa mère, fait la vaisselle et prépare les repas. Si Laila ne va plus en classe, ce n’est pas parce qu’elle a atteint l’âge auquel les filles sont interdites d’école en Afghanistan (vers 12 ans), mais parce que la classe d’éducation communautaire dans son village a dû fermer, faute de financements.
Elle y retrouvait ses amies chaque matin et y construisait peu à peu sa confiance en elle. Depuis la fermeture de la classe, cet élan s’est brutalement interrompu.
L’Afghanistan, le seul pays au monde où les filles sont privées d’enseignement secondaire
Depuis le retour au pouvoir des Talibans en 2021, l’Afghanistan est devenu le seul pays au monde à interdire formellement aux filles de poursuivre leur scolarité au-delà du primaire. Une interdiction qui touche environ 2,2 millions d’adolescentes avec des conséquences majeures sur leur développement, leur sécurité, et leur autonomie financière (1).
Au-delà de cette interdiction, les obstacles commencent souvent bien plus tôt, notamment dans les zones rurales :
- Les écoles publiques sont souvent éloignées des villages.
- Faute de transports accessibles, le coût et le temps de trajet deviennent insurmontables pour les familles les plus pauvres.
- Les enfants participent aux tâches domestiques ou agricoles.
- Les écoles manquent cruellement de personnel féminin, alors que de nombreuses familles refusent d’envoyer leurs filles dans une classe dirigée par un homme.
C’est cet enchainement précis de facteurs qui excluent progressivement les filles du système éducatif. Et au total, en 2026, 7,1 millions d’enfants ont besoin d’un soutien éducatif d’urgence. (2)
Les écoles communautaires : une solution pour les filles afghanes
Pour répondre à ces difficultés, CARE soutient des classes communautaires directement installées dans les villages. En tant qu’ONG de solidarité internationale, nous agissons au plus proche des communautés pour lutter contre les inégalités dans le monde.
En Afghanistan, ces classes à destination des filles âgées de 6 à 15 ans leur redonnent espoir et répond aux principaux freins rencontrés par les familles :
- Les classes sont mises en place directement au sein des villages.
- Les élèves n’ont pas à traverser des zones dangereuses ou isolées.
- Les cours sont assurés par des enseignantes.
Les responsables communautaires participent au projet afin de rassurer les familles que l’espace est sûr, adapté et respectueux.
Dans le village de Laila, c’est un ancien respecté qui avait convaincu ses parents de l’inscrire.
Grâce à ce modèle, des milliers de filles apprennent à lire, écrire et compter, malgré un contexte particulièrement difficile.
Le manque de financements menace le dernier accès à l'éducation de milliers de filles
Malheureusement, ces classes n’existent que si elles sont financées. Plusieurs de nos écoles continuent à travers le pays mais faute de fonds, celle de Laila a cessé. « Je suis triste que les cours se soient arrêtés. J’espère qu’ils vont reprendre », regrette Laila.
En attendant, elle continue d’attendre, d’espérer et d’aider à la maison. Son avenir et celui de milliers de filles comme elle, dépend en grande partie de décisions qui se prennent très loin de son village du Ghazni, de financements internationaux, de la mobilisation d’ONG comme CARE, qui maintiennent ces classes ouvertes là où tout pousse à les fermer. Car nos équipes présentent en Afghanistan depuis 60 ans refusent de baisser les bras et maintiennent d’autres programmes éducatifs pour les filles et de santé pour les femmes à travers le pays là où les financements le permettent encore.
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Le manque de financements menace l’accès à l’éducation de milliers de filles, en Afghanistan et ailleurs.