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Réfugiés du Myanmar. « Mon mari s’est fait tirer dessus mais je n’ai pas pu m’arrêter. Je devais sauver mes enfants. »

Ayesha, 22
ans, fait partie des 400 000 personnes qui ont fui les violences et les
exactions au Myanmar. Soutenue par CARE après son arrivée au Bangladeh, elle a
confié les horreurs de sa fuite à nos équipes.

Des assaillants ont mis le feu à son village. D’autres ont tiré sur son mari

C’était un matin comme les autres. Ayesha s’occupait des
tâches ménagères et son mari Abdur Rahim s’apprêtait à ouvrir sa petite
épicerie. Des assaillants sont arrivés soudainement et ont mis le feu à tout le
village. Tous les habitants ont pris la fuite pour sauver leur vie.
Ils se sont
réfugiés dans un village voisin où ils ont dormi en plein air pendant plusieurs
jours.

Mais l’horreur ne s’est pas arrêtée là. Ils ont de
nouveau été attaqués, mais cette fois, les assaillants disposaient d’armes à
feu. Ils ont dû fuir, encore une fois… Le mari d’Ayesha s’est fait tiré dessus.
Ayesha a continué de courir pour sauver ses enfants.

« Ton
mari se fait tirer dessus devant tes yeux…il tombe au sol et réclame de l’aide mais
tu ne t’arrêtes pas. Tu continues à courir… et tu t’éloignes…le plus loin
possible sans savoir si ton mari est encore en vie 
», se souvient
péniblement Ayesha qui s’est confiée à nos équipes.

Avec ses enfants et ses parents, Ayesha a fui, de lieu en
lieu, pendant plusieurs jours. Puis, elle a aperçu une foule de personnes
terrifiées et en état de choc, à la frontière du Bangladesh. C’est comme ça qu’elle
est arrivée au Bangladesh, au côté de milliers d’autres. Ayesha se trouve
actuellement dans un camp de fortune, où de nombreux réfugiés rohingyas continuent
d’affluer. 

4 réfugiés sur 5 sont des femmes et des enfants

Au cours des trois dernières semaines, plus de
400 000 réfugiés sont arrivés dans la ville de Cox’s Bazar, dans le
sud-est du Bangladesh. Tous ont fui l’escalade de violences dans le nord de l’État
de Rakhine au Myanmar. 

Comme Ayesha, la plupart des réfugiés sont des femmes
avec des enfants, parfois en bas-âge. 
Ayesha allaite son plus jeune enfant, tout en s’occupant
des trois autres encore petits. Elle a peu de temps pour aller à la recherche de
l’aide apportée par les humanitaires. Heureusement, ses parents partagent avec
elle tout ce qu’ils peuvent se procurer.

« Nous avons besoin de nourriture…d’eau…de latrines
et de vêtements. Mais nous n’avons pas d’argent pour acheter quoi que ce soit.
 »

Des milliers de familles dorment dans la boue dans des camps de fortune

 « La
situation des réfugiés empire à chaque instant. Beaucoup sont arrivés au
Bangladesh avec les seuls vêtements qu’ils portaient. Ils ont marché de longues
distances des jours entiers pour trouver un lieu sûr. Ils n’ont aucun autre
endroit où aller », indique Zia Choudhury, directeur de CARE au Bangladesh.

À Cox’s Bazar, des milliers de familles dorment dans des
camps de fortune, le long des chemins ou dans des champs. Tous ces endroits sont
boueux, escarpés et glissants au point d’être dangereux.

« J’ai
rarement observé des conditions aussi misérables. Les réfugiés ont
désespérément besoin d’abris, de nourriture et de soins », ajoute Zia Choudhury.

CARE a commencé des distributions alimentaires à plus de
3 500 personnes afin qu’elles puissent se nourrir pendant 15 jours. CARE va mettre en place un centre de santé et mobilise des experts nutrition et genre afin d’apporter une
aide d’urgence aux femmes et aux enfants.

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