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Budget européen. L’Europe consacre des moyens nécessaires à la politique extérieure mais fragilise l’aide au développement

La Commission européenne vient de
présenter son projet de cadre financier pour la période de 2021-2027.
Coordination SUD et CONCORD se réjouissent de l’augmentation prévue des
ressources consacrées à l’action extérieure. Mais les deux collectifs d’ONG, dont CARE fait partie, rappellent que ces fonds ne doivent pas servir des objectifs politiques à court terme contraires à la lutte contre la pauvreté.

Le prochain cadre financier pluriannuel
permettra de concrétiser, d’ici 2027, les ambitions et priorités politiques de
l’UE, y compris en matière d’action internationale. Il déterminera à cet égard
l’orientation donnée à l’aide européenne au développement. Pour la période
2021-2027, la Commission européenne propose de consacrer 123 milliards à
l’action extérieure, ce qui représente une hausse de 27 % par rapport au
budget actuel
, et ce, dans un contexte de réduction des ressources liée à la
perte de la contribution britannique au budget européen.

Coordination SUD, la coordination des
ONG françaises de solidarité internationale et CONCORD, la confédération
européenne des ONG d’urgence et de développement, devraient se réjouir du fait
que l’UE se dote de moyens ambitieux, aptes à relever les grands défis du
développement au travers de la mise en œuvre des objectifs de développement
durable.

« L’Europe a pris un engagement
sérieux en faveur d’un monde plus solidaire et durable, avec les objectifs de
développement durable et l’Accord de Paris. L’aide au développement a un rôle
clé à jouer pour faire de ces ambitions une réalité et veiller à ce que
personne ne soit laissé de côté. En augmentant les ressources dédiées à
l’action extérieure dans le prochain budget, l’UE se donne les moyens de
confirmer son engagement 
»,
 souligne
Johannes Trimmel, président de CONCORD.

Cependant, au vu de la reconfiguration
de l’aide européenne proposée (qui ressort de documents ayant fait l’objet de
fuites) il est fort peu probable que ces ressources supplémentaires soient
mises au service d’un développement plus inclusif et durable. Si jusqu’à
présent l’action extérieure de l’Union européenne était essentiellement
construite autour de sa politique de développement, à l’avenir, la Commission
entend diluer cette dernière dans un champ d’action extérieure plus large,
davantage orienté vers les préoccupations européennes, notamment en matière de
sécurité et de migration. 

Pour Katarzyna Lemanska, cheffe de file
de la commission Europe de Coordination SUD et chargée de plaidoyer à Action
Santé Mondiale : « Il faut regarder au-delà
des chiffres. Valider cette proposition équivaudrait à accepter que l’aide au
développement soit mise au service, non plus des plans de développement des
pays partenaires, mais des objectifs à court terme de politique étrangère de
l’Union européenne, notamment en matière de contrôle migratoire
, ce qui est
contraire au traité de Lisbonne et à la Déclaration de Paris sur l’efficacité
de l’aide »
.

Les ONG de développement demandent par
conséquent au Parlement européen et aux États membres, en particulier la
France, de soutenir cette augmentation budgétaire mais également de peser sur
les négociations pour préserver l’intégrité du mandat de l’aide au
développement, conformément au traité de Lisbonne.

« L’APD est le levier principal pour
le développement. Elle est essentielle pour les pays les plus pauvres pour
combler les déficits d’investissement qu’ils connaissent et pour réduire les
inégalités.
La France a une responsabilité majeure dans ces négociations. Nous
comptons sur sa parole pour veiller à ne pas détourner les moyens de l’APD de
ces enjeux.
La réduction de la pauvreté, la lutte contre les effets des
changements climatiques, l’investissement dans les secteurs sociaux, sont les
meilleurs atouts pour la stabilité et la paix. »
réaffirme Philippe Jahshan, président de Coordination SUD.

CONCORD est la confédération européenne des ONG d’urgence et de développement. Elle regroupe 28 plateformes nationales, 21 réseaux internationaux et 3 membres associés représentant plus de 2 600 ONG soutenues par des millions de citoyens.ne.s partout en Europe. Plus d’infos sur : www.concordeurope.org

CARE France est membre de Coordination SUD – Solidarité
Urgence Développement – coordination nationale des ONG françaises de solidarité
internationale. Elle rassemble aujourd’hui 164 ONG, adhérents directs ou au
travers de six collectifs (Clong-Volontariat, Cnajep, Coordination humanitaire
et développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives), qui mènent des actions
humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de
l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations
défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale
et de plaidoyer.

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