En bref
- Entre 2014 et 2017, le génocide de la communauté Yezidi commis par l’État Islamique au Kurdistan (nord de l’Irak) cause plusieurs milliers de morts. De nombreuses femmes et filles sont réduites à l’esclavage et subissent des violences sexuelles
- Les familles survivantes sont contraintes à l’exil et subissent déscolarisation, précarité et stress lié à l’incertitude de l’avenir
- Le centre communautaire soutenu par CARE leur propose un accompagnement psycho-social
Marwa et Kuchar font partie de ces personnes qui, malgré les conséquences persistantes de la fuite et du déplacement, tentent de redonner une certaine stabilité à leur famille. Confrontées à un impossible retour et un avenir incertain, elles trouvent de l’aide dans un centre communautaire soutenu par CARE, notamment sous forme d’accompagnement psychologique, pour faire face aux conséquences de ce qu’elles ont vécu.
Marwa : surmonter les problèmes de santé et d’argent
Marwa (27 ans) est née et a grandi à Dogre, dans le district de Sinjar. Elle avait 15 ans lorsque les violences ont atteint sa région natale.
Comme pour beaucoup d’enfants yézidis déplacés, cette fuite a signifié pour Marwa la fin de sa scolarité. Lorsque, des années plus tard, Marwa a voulu poursuivre ses études, elle a appris qu’elle avait besoin des dossiers de son ancienne école, détruire entre-temps, et avec elle les dossiers relatifs à son parcours scolaire.
Aujourd’hui, elle vit avec son mari et ses deux enfants, Anas, âgé de six ans, et Alma, âgée de cinq ans, dans un bidonville de la province de Dohuk. Comme la famille vit en dehors d’un camp de personnes réfugiées officiel, elle ne bénéficie que de peu d’aide humanitaire. Son mari travaille comme intérimaire, quand il y a du travail. Atteint de diabète, il doit se faire des injections quotidiennes d’insuline. Inquiets pour leur avenir financier, Marwa et son mari ont décidé de ne pas avoir d’autres enfants.
Elle trouve de l’apaisement dans le soin de ses animaux, et de ses promenades matinales avec sa voisine, Mme Kuchar. Mais la nostalgie d’une enfance entourée d’amis et de famille et les angoisses financières persistent. Lorsque sa voisine, Mme Kuchar, lui parle du centre communautaire soutenu par CARE, Marwa décide d’y solliciter de l’aide.
Kuchar a soigné ses inquiétudes pour sa santé, son fils et son argent
Dans le même bidonville, Kuchar, âgée de 54 ans, vit avec son mari Haji (74 ans) et son fils célibataire. Elle aussi a fui sa ville natale de Sinjar en 2014.
Kuchar et son mari souffrent tous deux de maladies chroniques : Haji d’une maladie cardiaque, Kuchar de diabète.
Il y a quelques mois, ces inquiétudes sont devenues si pesantes que Kuchar a cherché un soutien psychologique au centre communautaire.
Pour CARE, rester présent après la fin des conflits est essentiel : nous accompagnons les communautés dans la reconstruction des infrastructures, le développement de nouvelle activités économiques, et le suivi psycho-social des personnes survivantes au conflit.
Warveen, qui travaille au centre communautaire pour l’organisation partenaire de CARE, The Lotus Flower, déclare : « Je ne peux pas soulager leur douleur ni leur rendre ce qu’elles ont perdu. Mais si je peux offrir ne serait-ce qu’à une seule personne un moment d’espoir, de réconfort ou de dignité, alors mon travail a un sens. »
Pour ses tâches ménagères quotidiennes, Kuchar bénéficie de l’aide de sa belle-fille, Malak. Récemment, la famille de Malak a perdu des documents d’identité importants lors d’un incendie. Grâce au centre communautaire, elle bénéficie désormais d’une aide pour remplacer ces documents.
Un accompagnement psycho-social pour se reconstruire
Douze ans après le génocide des Yézidis, les histoires de Marwa et de Kuchar montrent à quel point les conséquences de la fuite et de l’expulsion continuent aujourd’hui encore de marquer le quotidien de ces personnes.
À une époque où les financements humanitaires diminuent partout dans le monde et où de nombreux services sont supprimés, l’accès à une aide de proximité est de plus en plus limité.
Grâce au financement de l’Office européen d’aide humanitaire et de protection civile (ECHO), le centre communautaire soutenu par CARE reste l’un des rares lieux où les familles yézidies déplacées peuvent bénéficier d’un soutien dans un environnement protégé et confidentiel. Pour des femmes comme Marwa, Kuchar et Malak, ce centre est bien plus qu’un simple lieu où obtenir une aide pratique. C’est un endroit où elles se sentent écoutées, où elles retrouvent confiance en elles, renforcent leur résilience et apprennent, pas à pas, à faire face aux conséquences de ce qu’elles ont vécu.
Rejoignez le combat
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