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En Irak, le personnel soignant aide les femmes enceintes face à la canicule 

À Bassora, en Irak, les températures dépassent désormais régulièrement les 49 °C. Pour les femmes enceintes, la chaleur peut s’avérer dangereuse. Plongée en immersion aux côtés du personnel soignant, agents et agentes de santé communautaires et familles qui doivent s’adapter aux périodes de canicules. 

En bref

  • Bassora est la deuxième ville la plus peuplée d’Irak, plus d’1,6 millions de personnes y vivent
  • Peu végétalisée, la ville connait des pics de chaleurs très importants l’été, allant jusqu’à 54°C. Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables à ces fortes chaleurs. 
  • CARE sensibilise la population aux gestes à adopter en période de canicule et aide le personnel soignant avec des outils concrets et des formations

Vivre sous près de 50°C un effort d’adaptation constant pour les femmes

À Bassora, les étés comptent parmi les plus chauds au monde. Cette ville côtière et désertique a toujours été chaude, mais en 2016, elle a enregistré un pic à 54 °C, l’une des températures les plus élevées jamais relevées sur Terre.  

Chiffre clé : 54°C c’est la température relevée en 2016 à Bassora, l’une des plus hautes jamais enregistrées. 

Ces chaleurs extrêmes représentent un défi pour Taysir Salim*, une mère de quatre enfants, âgée de 35 ans. Elle passe une grande partie de sa journée à s’occuper de ses enfants et de son mari, qui est diabétique.

Même des choses simples comme faire le ménage ou cuisiner deviennent difficiles pendant l'été. Je pense que tout le monde à Bassora a déjà eu un problème de santé à cause de la chaleur.
Taysir Salim*, une mère de quatre enfants, âgée de 35 ans

Protéger les femmes enceintes de la chaleur, un défi pour le personnel soignant

Dans les centres de soin, les canicules sont synonymes d’un afflux croissant de patientes. Pour les soignantes ça ne fait aucun doute : la chaleur aggrave les symptômes, notamment des femmes enceintes. 

« De nombreuses femmes enceintes arrivent avec une tension artérielle basse et des symptômes aggravés par la chaleur »
Sarah Yasin, qui travaille au centre de soins de santé primaires de Hay Al Hussein, soutenu par CARE.

Marwa Hayman, une collègue de Sarah, explique que la hausse des températures augmente les risques pour la santé des femmes qui cumulent une grossesse, la garde de jeunes enfants et les tâches ménagères quotidiennes.  

Face à l’augmentation des températures, les équipes de soignantes ont dû s’adapter pour réduire les risques de leurs patientes. Avec le soutien du ministère de la Santé, CARE a mis en place une formation spécialisée destinée au personnel soignant, pour les aider à mieux prendre en charge les patientes et informer les familles sur les bons gestes à adopter. 

Du porte-à-porte pour faire de la prévention sanitaire

Pour toucher un maximum de foyer, une équipe d’agents soutenue par CARE sensibilise au-delà des murs des cliniques. Ils se rendent dans les foyers, les quartiers et les centres de soins de premier secours pour échanger avec des femmes comme Taysir et leurs familles sur la santé maternelle, l’allaitement, la planification familiale et la prévention face aux chaleurs extrêmes. 

« C'est gratifiant lorsque les gens nous disent qu'ils ont appris quelque chose de nouveau, surtout quand cela peut améliorer leur vie. »
Muamal, le chef d'équipe

La présence d’agents masculins et féminins permet à l’équipe de proposer des séances individuelles séparées pour les femmes et pour les hommes. Au cours de leurs visites, ils rencontrent souvent des familles ayant un accès limité à l’information médicale. Certaines ne connaissent pas les options de planification familiale, tandis que d’autres arrêtent l’allaitement parce qu’elles pensent que le lait infantile fait grandir les bébés plus vite. 

Ghufran est une autre agente de santé communautaire pour qui ce travail revêt une dimension très personnelle. Comme tous les autres membres de l’équipe, elle vit dans les communautés où elle intervient. 

« En tant que mère, j'ai vu à quel point l'espacement des grossesses donne aux femmes le temps de récupérer physiquement et émotionnellement. Cela permet aux familles d'accorder plus d'attention et de soins à chaque enfant et facilite grandement la gestion des responsabilités familiales. »
Ghufran, agente de santé communautaire

Ces conversations atteignent des femmes comme Amina Yousuf*, qui a assisté à des séances de sensibilisation dans son centre de santé primaire local.

« Ces sujets sont très utiles. Je suis désormais beaucoup plus consciente de la façon dont la chaleur extrême peut affecter les femmes, en particulier les femmes enceinte. »
Amina Yousuf

*Les prénoms ont été modifiés pour protéger l’identité des participants

L'action de CARE en Irak

L’ONG CARE travaille en Irak depuis 1991, apportant une aide essentielle aux communautés touchées par les conflits, les déplacements de population et les difficultés économiques. 

Les femmes et les filles sont au cœur de l’action de CARE en Irak. Nous travaillons en étroite collaboration avec des organisations dirigées par des femmes et luttant pour leurs droits afin de renforcer le leadership féminin, d’élargir les opportunités économiques, d’améliorer l’accès aux soins et aux informations sur la santé maternelle, et de soutenir la participation des femmes aux décisions qui affectent leur vie et leur communauté. 

Foire aux questions

Les fortes chaleurs accroissent la vulnérabilité des femmes enceintes. Elles courent notamment plus de risque de souffrir de déshydratation et de baisses de tension.  

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de s’occuper des enfants, d’effectuer le travail domestiques quotidien (ménage, cuisine…) dans des logements souvent peu ventilés en période de canicule. Leur vulnérabilité est d’autant plus forte lorsqu’elles sont enceintes.  

Le pays, dévasté par la guerre de 2003, s’oriente vers une plus grande stabilité. La pauvreté a baisséLa population est toutefois menacée : l’Irak (notamment le sud du pays) est l’un des pays les plus touchés par le changement climatique (sécheresse, désertification.) 

L’association CARE défend les droits des femmes et lutte contre les violences sexistes

Défense des droits des femmes

Face aux inégalités femmes-hommes, il n’y a pas de petites actions. Des femmes et des hommes se battent déjà avec une force incroyable. Vous avez le pouvoir d’agir à nos côtés.

Le changement climatique est sexiste

Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente.