172,3 millions¹ de femmes et de filles sont d’ores et déjà en situation d’insécurité alimentaire dans les pays qui devraient être les plus durement frappés par El Niño, un phénomène qui perturbe les régimes climatiques à travers le monde et dont la fréquence et l’intensité augmentent sous l’effet du changement climatique.
Un épisode El Niño de forte intensité entraînera de la sécheresse dans certaines régions et des inondations dévastatrices dans d’autres, augmentant les risques d’insécurité alimentaire, de malnutrition et de maladies. Dans la quasi-totalité des pays les plus à risque (20 sur 22²), les femmes et les filles sont plus nombreuses que les hommes à souffrir de la faim.
Entre 2015 et 2016, l’épisode El Niño le plus intense de l’histoire récente avait touché environ 60 millions de personnes dans le monde. Le monde connaît aujourd’hui des niveaux d’insécurité alimentaire et de déplacement bien plus élevés qu’il y a dix ans, aggravés par les conflits, les épidémies et le manque d’engrais abordables ou disponibles.
Le traitement de la malnutrition infantile est devenu nettement plus coûteux et plus difficile en raison de la hausse des coûts, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des coupes dans l’aide. Le coût moyen des fournitures nécessaires pour traiter un seul enfant souffrant de malnutrition dans les pays touchés par El Niño a augmenté de 403 dollars depuis la première fermeture du détroit d’Ormuz. Cela signifie qu’il faudrait désormais 275,4 millions de dollars supplémentaires pour traiter les près de 7 millions d’enfants actuellement en situation de malnutrition, et ce, avant même que les effets d’El Niño ne se fassent pleinement sentir.
CARE International appelle à une réponse mondiale urgente et coordonnée pour prévenir une catastrophe humanitaire. Un investissement accru dans l’action anticipative, la préparation et la réponse est urgemment nécessaire, en particulier dans les pays identifiés comme étant fortement exposés aux impacts liés à El Niño. Agir avant qu’une crise ne s’installe permet, comme cela a été démontré à de nombreuses reprises, de sauver des vies, de protéger les moyens de subsistance et de réduire le coût global de la réponse humanitaire.
Aux côtés d’organisations locales et nationales expertes, CARE International renforce sa préparation face aux pires impacts de cette crise mondiale. En collaboration étroite avec des organisations dirigées par des femmes, ancrées dans les communautés les plus durement touchées, CARE International soutient des formations au leadership destinées aux femmes, afin de valoriser leurs compétences essentielles et de renforcer leur confiance pour préparer leurs communautés à l’arrivée d’une catastrophe. Conçus et pilotés par ces femmes, ces plans d’action précoce et ces systèmes de déclenchement localisés seront mieux adaptés aux besoins et aux priorités des femmes et des filles lorsque la crise surviendra.
Le Fonds d’action précoce de CARE a été mobilisé et se consacre spécifiquement à cette approche de l’action anticipative pilotée par les femmes. En débloquant des financements en amont des impacts météorologiques extrêmes, le Fonds aide les ménages exposés à prendre des mesures préventives telles que la protection des cultures et du bétail, la sécurisation des réserves d’eau, l’accès à une aide monétaire anticipative et le développement d’une agriculture résiliente au climat, y compris la production d’engrais locaux.
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