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Madagascar : deux adultes engagés contre le tabou des règles à l’école, une révolution pour l’éducation des filles 

Dans une centaine de collègeà Madagascar, parler de menstruation était impensable. Aujourd’hui, le sujet s’invite dans les salles de classe. Derrière ce changement, une enseignante, un accompagnateur engagé et l’action de l’ONG CARE : une transformation profonde au service de l’éducation des filles. 

Un silence autour des règles qui freine la scolarité des filles

Dans la cour du collège de Vohidahy Centre, rien ne laisse deviner ce qui, pendant des années, a pesé sur la scolarité de nombreuses jeunes filles. Et pourtant, chaque mois, certaines élèves disparaissaient des salles de classe. D’autres restaient, mais en retrait, moins concentrées, moins confiantes. Progressivement, leurs résultats scolaires en pâtissaient. 

La raison ? Les règles. 

À Madagascar, comme dans de nombreux contextes, les menstruations restent un sujet tabou, souvent entouré de silence et de gêne.

« Le sujet reste rarement abordé, que ce soit entre adultes ou avec les jeunes. Ce n’est pas seulement une question d’isolement géographique, ce sont surtout les normes culturelles qui freinent la discussion »
Césaire, accompagnateur au sein de l’association malgache SAGE, partenaire de CARE

Les conséquences pour les filles sont concrètes et multiples : 

  • Harcèlement, notamment liés à la méconnaissance des garçons qui se moquaient. 
  • Dangers pour leur santé et risques d’infections : les protections menstruelles sont cachées dans des endroits insalubres pour éviter d’être vues. 
  • Absentéisme scolaire, notamment lors des activités sportives, et désengagement en classe. 

Ce tabou a un impact direct sur l’éducation : aujourd’hui, dans la région d’Amoron’i Mania à Madagascar, une fille sur deux ne passe pas au niveau supérieur(1).

Écoles et associations unies contre ces discriminations

Pour Nirina Rasoanandrasana, professeure de français au collège de Vohidahy Centre, cette situation ne pouvait plus durer. Lorsque le projet KILONGA, porté par CARE et ses partenaires, arrive dans l’établissement, elle s’engage immédiatement, aux côtés du corps enseignant et des équipes associatives. 

Peu à peu, les lignes bougent. Les premières discussions sont timides. Les mots hésitent. Mais progressivement, le silence se fissure. Les tabous commencent à tomber, grâce à une approche globale combinant : 

  • sensibilisation des élèves et des enseignants  
  • formation de jeunes filles leaders  
  • distribution de protections menstruelles réutilisables 

 

Une méthode qui a fait ses preuves depuis 2021. Après une première phase réussie dans 105 écoles, le projet, pensé par CARE grâce à 80 ans d’expertise dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, a été étendu à autant d’autres établissements dans le pays.  

« Nous aidons les jeunes filles à mieux comprendre leur corps et à vivre leurs menstruations avec plus de sérénité. Et nous les aidons à partager ces connaissances entre elles, avec tous les autres élèves »
Césaire

La parole circule. Entre filles, d’abord. Puis avec les enseignants. Et, fait plus inattendu, avec les garçons.  

« Ce qui est encourageant, c’est de voir les garçons s’impliquer. Ils comprennent mieux les réalités de leurs camarades et contribuent concrètement par exemple en contribuant à la construction de douches pour améliorer les conditions d’hygiène dans les écoles. Ce sont des gestes forts, porteurs de changement »
Césaire

Faire tomber les idées reçues sur les menstruations, ensemble

Dans les salles de classe, les croyances évoluent : 

  • non, le sport n’est pas interdit pendant les règles  
  • non, ce n’est pas une maladie  
  • oui, c’est un phénomène naturel  

 

Les discussions dépassent même le cadre scolaire. Dans les familles, pères et frères commencent à s’informer, à comprendre. « En tant qu’homme, accompagner ce changement est à la fois une responsabilité et une fierté », témoigne Césaire. 

 

Et les impacts sont là : « La menstruation est devenue une discussion ouverte. Ce n’est plus un motif d’absence des filles à l’école », témoigne Madame Rasoanandrasana. 

 

Des gestes simples, des impacts durables pour les filles

Le changement se voit au quotidien. 

  • Là où régnaient les moqueries, le respect s’installe. 
  • Là où les protections étaient cachées, elles sont désormais séchées au soleil, sans honte. Un geste simple, mais essentiel pour la santé. 
  • Peu à peu, l’école change d’atmosphère. La parole se libère. Les menstruations ne sont plus un sujet tabou. La confiance des filles revient, s’affirme. 

 

Derrière ces évolutions, un enjeu majeur : l’éducation des fillesAujourd’hui, au collège de Vohidahy Centre et dans une centaine d’autres établissements scolaires : 

  • les filles restent en classe  
  • elles participent davantage  
  • elles s’expriment plus librement  

 

Et cela change tout. Sur la phase 1 du projet, une étude menée par un centre de recherche indépendant à démontrer que les résultats scolaires des filles avaient nettement augmenté ! La probabilité pour les filles de réussir leurs examens de fin d’année est passée d’1 chance sur 2 à 60% avec l’implémentation du projet.   

« Ce n’est pas seulement une question d’hygiène. C’est une question de dignité et de réussite scolaire »
Madame Rasoanandrasana, enseignante

Briser le tabou des règles, un enjeu global

Ce qui se joue ici dépasse largement les murs de quelques établissements scolaires. À Madagascar, comme dans de nombreux pays, le tabou des menstruations reste un frein à l’éducation des filles. 

« Je vois chaque jour que le changement est possible, même dans des contextes sensibles. Tant que ces actions améliorent la vie des jeunes filles, je resterai engagé. »
Nour, 15 ans, soutenue par CARE au Liban

Aujourd’hui, ce projet à Madagascar bénéficie à près de 28 000 personnes, élèves, corps enseignant et parents. Une révolution silencieuse, portée par le corps enseignant, des associations de terrain, et surtout par les jeunes eux-mêmes. Et tout a commencé par une chose simple :  oser en parler. 

Soutenez l’éducation des filles avec CARE 

Depuis 80 ans, CARE agit contre les injustices. Pour cela, nous menons des projets de soutien à l’éducation des filles et de lutte contre les discriminations sexistes, notamment liées au tabou des règles, dans plus de 100 pays. Pour un impact global. Engagez-vous avec nous !  

L’association CARE défend les droits des femmes et lutte contre les violences sexistes

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Face aux inégalités femmes-hommes, il n’y a pas de petites actions. Des femmes et des hommes se battent déjà avec une force incroyable. Vous avez le pouvoir d’agir à nos côtés.

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