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Irak. Une clé à molette pour dévisser les stéréotypes sexistes

Nadima vit dans le camp de déplacés
et réfugiés de Berseve en Irak. Elle a su gagner le respect de sa communauté en
devenant la première femme plombière du
camp. Un témoignage recueilli par Maxime Michel, qui coordonne des programmes humanitaires
au sein du réseau CARE, lors d’une mission en Irak. 

Nadima a su gagner le respect de tous

Nadima n’aime pas rester assise à ne rien faire. Elle cherche toujours à
s’occuper.

Elle est devenue la première femme plombière du camp de réfugiés de
Berseve, au nord de l’Irak.
Si son métier est traditionnellement considéré
comme masculin, Nadima n’a aucun problème à prendre une clé à molette pour
dévisser ces stéréotypes.

Aujourd’hui, tous ceux qui participent à la gestion du camp sont
heureux de pouvoir compter sur elle. Nadima a su gagner le respect de tous.

«Je préfère être plombière
plutôt qu’agricultrice. »

Nadima a grandi sans son père. C’est son oncle qui lui a enseigné à
devenir habile de ses mains.

« À la maison, j’ai toujours tout réparé », dit-elle.

Pourtant, avant le conflit et les violences qui l’ont forcée à se déplacer, Nadima cultivait des tomates.

« Je préfère être plombière plutôt qu’agricultrice », précise-t-elle en souriant.

Nadima partage une petite tente avec sa mère et sa
sœur.

Depuis quelques années, Nadima vit dans ce camp avec sa famille. Elle partage une petite tente avec sa mère
et sa sœur. Aujourd’hui, elle reçoit une rémunération de 285 € par mois. Ce
montant lui permet d’améliorer un peu leur quotidien en achetant nourriture,
vêtements et médicaments. 

Le quotidien des réfugiés est très difficile car ils
dépendent essentiellement de l’aide humanitaire qu’ils reçoivent. C’est l’un des sujets qui reviennent en boucle quand on parle avec les
déplacés et réfugiés du camp de Berseve : « Tout ce qu’on veut, c’est travailler
et faire vivre nos familles. Mais ce n’est pas toujours facile. » Plusieurs d’entre
eux n’ont pas de permis de travail. Les ONG, telles que CARE, parviennent à
fournir des emplois à quelques-uns au sein des camps. Car leur aide est très
précieuse. Mieux que quiconque, ils connaissent le quotidien des autres
déplacés et leurs besoins. 

Nadima aime son nouveau travail. Elle en tire de la force et est
désormais autonome.

« Tout le monde est ravi de voir une femme travailler. Je n’ai jamais
eu d’expérience désagréable », dit-elle. Alors que la crise mondiale des réfugiés se poursuit, j’espère que les
femmes comme Nadima pourront retourner vivre chez elles, en paix et en sécurité.
En attendant, nous continuons de les écouter et de leur donner des moyens
d’action. J’appelle la communauté internationale à en faire de même. 

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