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À Madagascar, une élève brise le tabou des règles… et transforme toute son école 

Lors d’un événement public, une jeune fille ose se dire ce que beaucoup taisent. L’impact du tabou autour des menstruations et du manque d’infrastructures dans son école. Formée par CARE, sa prise de parole va déclencher un changement concret et durable pour des centaines d’élèves. 

Le jour où elle a osé parler de menstruations

Ambatofinandrahana, 2025. À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, élèves, corps enseignant et autorités locales sont réunis. Sur scène, les discours s’enchaînent. Puis vient un moment inattendu. Une jeune fille, Elisa, élève au collège Philibert Rakotomaharo, parle des difficultés qu’elle vit liées à ses règles à l’école. Une réalité que partagent chaque mois des centaines de filles : le manque d’eau, l’absence d’infrastructures adaptées, la peur du regard des autres. 

 

Dans un contexte où la menstruation reste un sujet tabou, son geste est rare. Courageux. Car à Madagascar, les règles sont souvent perçues comme quelque chose de « sale ». Les conséquences : des femmes et des filles sont isolées, stigmatisées. Et on ne parle pas des règles.  

Ce silence n’est pas sans conséquences. Les menstruations restent un frein majeur à la scolarité des filles. Moqueries, manque d’équipements et pression sociale jouent sur l’assiduité scolaire des filles. Résultat : aujourd’hui, à la puberté, une fille sur deux ne passe pas au niveau supérieur dans la région d’Amoron’i Mania.

Floris, elle, parle de dignité. Elle parle aussi de besoins concrets, de ce qui manque pour apprendre dans de bonnes conditions. Elle formule alors une demande claire : construire une douche pour les filles dans son établissement 

 

Une mobilisation collective pour la santé menstruelle

Son message ne reste pas sans réponse. Touché par son courage, le directeur de l’établissement décide d’agir. Très vite, une dynamique collective se met en place :  les parents d’élèves se mobilisent, les associations locales s’impliquent, la communauté éducative s’organise. Ensemble, ils réunissent les ressources nécessaires et quelques mois plus tard, les travaux sont terminés. 

Des douches fonctionnelles sont installées dans l’établissement. Au-delà de ces nouvelles installations, le quotidien des jeunes filles est transformé. Elles peuvent désormais :  

  • se laver à l’école en toute intimité  
  • gérer leurs menstruations sereinement  
  • rester en classe sans crainte  

 

C’est toute une dynamique qui évolue. Les filles sont plus à l’aise pour se concentrer sur leurs études.

Quand la parole devient un moteur de changement pour les droits des filles

L’histoire de Floris illustre une réalité essentielle : donner la parole aux filles permet de transformer de manière positive et durable les communautés. Formée comme “Jeune Fille Leader” dans le cadre du projet KILONGA, porté par CARE, elle était déjà engagée dans la sensibilisation de ses pairs pour ouvrir la parole sur les menstruations, briser la honte qui entoure ce phénomène naturel et enseigner les gestes de santé essentiels.  

 

Ce jour-là, Floris a fait bien plus. Elle a déclenché un mouvement. 

 

Et son histoire est loin d’être isolée.  

À Ambatomarina, les élèves construisent eux-mêmes des solutions

Dans le lycée d’Ambatomarina, qui rassemble 253 élèves, une dynamique similaire a émergé. Grâce aux actions de sensibilisation menées par les Jeunes Filles Leaders et face aux difficultés rencontrées par les filles du fait du manque d’eau pendant leurs règles, les élèves ont décidé d’agir eux-mêmes. 

 

Ils ont mobilisé leurs compétences, leurs ressources locales, notamment celles des élèves issus de familles de maçons, et construit une douche sécurisée et fonctionnelle de leurs propres mains. 

 

Aujourd’hui, cet espace permet aux jeunes filles de vivre leurs menstruations avec sérénité à l’école. Et cette douche symbolise la fin d’un tabou, l’engagement des jeunes et une école plus inclusive.  

 

« Les élèves parlent désormais ouvertement d’hygiène menstruelle, sans gêne ni moquerie. Cette douche est devenue un symbole fort : celui d’une école où l’hygiène menstruelle n’est plus un obstacle, mais un droit respecté », souligne l’équipe éducative du lycée.

Une méthode qui a fait ses preuves depuis 2021.

Ces transformations ne sont pas le fruit du hasard. Depuis 2021, CARE et ses partenaires, des associations malgaches, déploient à Madagascar le projet KILONGA, une approche globale pour lutter contre le tabou des menstruations et favoriser l’éducation des filles. Après une première phase réussie dans 105 écoles, le projet a été étendu à autant d’autres établissements. 

 

Les résultats sont concrets : 

  • une amélioration des conditions d’apprentissage  
  • une participation accrue des filles  
  • une progression des résultats scolaires. Une étude menée par le centre de recherche J-Pal, dont les fondateurs ont reçu le prix Nobel d’économie en 2019 – a montré cet impact : la probabilité de réussir les examens de fin d’année est passée de 50 % à 60 % chez les filles bénéficiaires.  

 

« Ce n’est pas seulement une question d’hygiène. C’est une question de dignité et de réussite scolaire », rappelle une enseignante d’une école participante.  

 

Tout cela démontre que les tabous peuvent être brisés et des solutions simples peuvent émerger grâce à la mobilisation des filles. Des jeunes filles qui ne sont pas seulement bénéficiaires des projets, mais en sont les actrices. 

 

Soutenez l’éducation des filles avec CARE 

Depuis 80 ans, CARE agit contre les injustices. Pour cela, nous menons des projets de soutien à l’éducation des filles et de lutte contre les discriminations sexistes, notamment liées au tabou des règles, dans plus de 100 pays. Pour un impact global.  

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Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente.