Je fais un don

Newsletter

Népal : quand l’école ferme, les mariages précoces progressent

Au Népal, la fermeture d’écoles et projets éducatifs expose des centaines d’adolescentes au risque de mariages précoces et de violences. La raison ? Les coupes budgétaires de l’aide internationale. Pourtant, les écoles soutenues par l’ONG CARE sont bien plus que des lieux d’apprentissage : ce sont des espaces sûrs où les filles peuvent construire leur avenir tout en se sentant protégées. Radhika, 12 ans, témoigne.

« J’ai peur que sans les cours de soutien, je ne puisse pas continuer mes études et que l’on me force bientôt à me marier. »
Radhika Yadav, écolière de 12 ans au Népal

L’histoire de Radhika n’est pas un cas isolé au Népal. Dans ce pays où près de 5 millions de filles sont mariées avant l’âge adulte, dont 1,3 million avant 15 ans (1), l’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage : c’est un rempart contre les mariages précoces, les violences et la pauvreté.   

L’éducation : un levier puissant contre les mariages précoces

La pression familiale, la pauvreté et l’absence de perspectives expliquent souvent les mariages d’enfants. Or, la scolarisation, en particulier au niveau secondaire, est l’un des moyens les plus efficaces de les retarder.   

Depuis 2013, l’ONG CARE déploie dans le sud du Népal un programme destiné aux filles de 10 à 14 ans jamais scolarisées ou sorties précocement du système éducatif.  

L’objectif est clair : permettre aux filles de réintégrer l’école. Déployé dans 13 centres d’apprentissage, ce projet combine enseignement académique, développement du leadership et soutien scolaire pour les aider à rester à l’école.   

En effet, les données sont claires :   

  • Les filles ayant complété le secondaire sont jusqu’à six fois moins susceptibles de se marier précocement que celles sans scolarisation (2).   
  • L’impact de l’éducation sur le recul du mariage précoce est fort : la plupart des filles quittent d’abord l’école, puis se marient.   
  • L’éducation renforce l’autonomie et permet de remettre en question les normes de genre discriminatoires.   

Autrement dit : maintenir une fille à l’école, c’est augmenter ses chances de choisir son avenir.   

1.3 millions

 de filles sont mariées avant 15 ans au Népal 

 

Source : ONU, 2019  

Quand les écoles ferment, les risques de mariages d’enfants augmentent

Lorsque certains financements ont été suspendus, les centres de CARE ont fermé brutalement. 307 filles se sont retrouvées sans solution.   

Dans les villages, les discussions autour des mariages ont rapidement repris.   

Les conséquences du mariage précoce sont lourdes pour les jeunes filles : au Népal, 35 % des filles se marient avant 18 ans, dont 6 % avant 15 ans. Par ailleurs, 14 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont eu un enfant avant 18 ans, avec des risques accrus pour leur santé et celle de leur enfant (3).   

Le mariage d’enfants n’est pas seulement une conséquence de la pauvreté : il l’aggrave. Il enferme les adolescentes dans un cycle de dépendance économique et de vulnérabilité aux violences.   

Dans les familles vivant de revenus journaliers, chaque décision est arbitrée à court terme. Lorsque les ressources manquent, c’est l’éducation des garçons qui est priorisée. 

Une école de filles au Népal
© CARE
Une écolière révise avec sa mère au Népal
© CARE

Une réaction d’urgence… mais temporaire

Présente dans plus de 100 pays et active au Népal depuis 1978, CARE a rapidement mobilisé des fonds relais avec ses partenaires locaux.   

En moins de deux mois, les centres ont rouvert temporairement. 282 des 307 filles ont pu réintégrer l’école formelle.   

Radhika est aujourd’hui en classe de sixième. Fournitures scolaires, suivi individualisé, enseignants sensibilisés : un véritable filet de sécurité s’est mis en place autour d’elle.   

Mais ce filet reste fragile.   

Pourquoi l'aide internationale est essentielle ?

Découvrez notre décryptage.

Une crise qui dépasse le Népal

La fermeture temporaire de notre programme au Népal s’inscrit dans un contexte plus large de contraction de l’aide publique au développement dans plusieurs régions du monde. En Europe comme ailleurs, les budgets consacrés à la solidarité internationale sont sous pression, entraînant la suspension de programmes éducatifs et de protection dans de nombreux endroits du monde.   

Lorsque ces dispositifs disparaissent, les premières touchées sont les adolescentes les plus vulnérables.  

Un groupe d'écolière au Népal
© CARE

Lutter contre les mariages précoces au Népal est encore possible

Radhika est aujourd’hui de retour à l’école, mais sa trajectoire reste suspendue à la pérennité des financements. Son histoire illustre une réalité plus large : l’investissement dans l’éducation des filles est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la pauvreté et prévenir les violences.   

À l’inverse, chaque interruption de programme crée un effet domino : abandon scolaire, mariage précoce, grossesse adolescente, dépendance économique.   

Soutenir durablement la solidarité internationale à travers des ONG comme CARE revient à protéger l’avenir de millions de vies. L’histoire de Radhika n’est pas isolée. Elle rappelle que derrière chaque ligne budgétaire supprimée, il y a une fille dont l’avenir peut basculer.   

L'association CARE aide les filles à aller à l'école, comme cette fillette au Cambodge

Droits des enfants et éducation

Connaissez-vous la manière la plus simple de changer une vie ? L’accès à l’éducation. C’est pourquoi nous  aidons les enfants à défendre leurs droits, réaliser leurs rêves et sortir de la pauvreté.

La newsletter CARE France

Recevez dans votre boîte mail des histoires inspirantes et des décryptages de l’actualité comme celle-ci !

Agissez pour soutenir les populations les plus touchées !

90 €

Vous fournissez par exemple des fournitures scolaires (crayons, livres...) à 30 enfants.

22après réduction fiscale

150 €

Vous permettez par exemple d'équiper une salle de classe avec des tables pour les élèves.

37après réduction fiscale

220 €

Vous couvrez par exemple les frais de scolarité d'une jeune fille pour qu'elle puisse choisir son avenir.

55après réduction fiscale

RESTEZ
INFORMÉ.E

Décryptage de l’actualité, portraits inspirants : recevez notre newsletter mensuelle !