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Soudan du Sud : « Des enfants ont dû marcher 7 jours pour fuir la faim et le conflit. »

Depuis trois ans, un conflit ravage le Soudan du Sud. Des
populations entières sont contraintes de fuir à cause de la famine et des
attaques. L’aide humanitaire est primordiale pour permette leur survie,
pourtant l’accès aux zones durement touchées par le conflit reste limité. 

« J’avais peur pour mes enfants qui n’avaient rien à manger. »

Que faire en cas de famine ? Rester chez soi en espérant
que la situation s’améliore ? Marcher vers un ailleurs plus sûr où trouver
de la nourriture pour sa famille ? Comme des centaines de milliers
d’autres, c’est un dilemme auquel Nyarmon, sud-soudanaise de 34 ans, a dû faire
face.

En février 2017, après des années de combats, la famine a
officiellement été déclarée dans l’État d’Unité où vivait Nyarmon.
Tous les
mois, elle faisait des allers-retours à Bentiu pour essayer d’acheter de la
nourriture, avec l’argent que ses parents lui prêtaient. Elle marchait pendant
des jours, avec des sacs de sorgho et son bébé de 7 mois, Nyachiong, sur le
dos.

« Parfois, les soldats prenaient ma nourriture sur le
chemin du retour. J’avais peur pour
mes enfants qui n’avaient rien à manger », nous raconte Nyarmon.

C’est la souffrance de ses enfants sous-alimentés qui a été
un élément déclencheur pour Nyarmon.
Elle a décidé de rejoindre le site de
protection des civils (POC) de l’ONU à Bentiu qui abrite actuellement plus de
120 000 personnes. À leur arrivée, son fils Nyachong a été immédiatement pris
en charge et placé sous traitement par les équipes de CARE. Il a été soigné pendant
huit semaines pour malnutrition sévère. 

« Les nouveaux arrivants sont gravement affaiblis et souffrent de malnutrition. »

Au Soudan du Sud, des familles passent des jours entiers à
chercher de l’eau et de la nourriture et sont menacées par les nombreuses attaques
des groupes armés. Beaucoup ne mangent qu’un repas par jour, et parfois, aucun.
La faim force des milliers de personnes, comme Nyarmon, à fuir leur maison.

« Nous observons une forte augmentation du nombre de
nouveaux arrivants sur le site de protection des civils (POC) à Bentiu. Ils
viennent de régions dans lesquelles la famine a récemment été déclarée. Des
familles, et notamment de jeunes enfants, ont fait jusqu’à sept jours de marche
pour fuir la faim et les conflits. Un grand nombre d’entre elles a déclaré
avoir dû abandonner les membres de la famille les plus âgés, qui ne pouvaient
pas faire le voyage. Les nouveaux arrivants sont gravement affaiblis et
souffrent de malnutrition
 », nous explique Demelash Habtie, responsable du programme nutrition pour CARE à
Bentiu.

Sans aide humanitaire, des millions de personnes risquent de mourir.

Déplacements à grande échelle, crise économique, incapacité
des populations à cultiver la terre, état de famine : tous ces facteurs,
qui se surajoutent à la guerre civile, épuisent le Soudan du Sud. 

Sans aide
humanitaire, des millions de personnes risquent de mourir. CARE demande aux
gouvernements de permettre sur-le-champ la libre circulation des ONG dans les
zones les plus affectées par le conflit.

« Si l’aide humanitaire est vitale, elle ne suffira pas
à mettre fin aux souffrances de toute une population. La résolution de cette
crise nécessite une volonté affirmée des parties au conflit et une fin
immédiate des combats 
», explique Benoît Munsch, responsable de nos
programmes d’urgences en Afrique de l’Est.

CARE a déjà aidé plus de 350 000 personnes au Soudan du Sud

Depuis
le début du conflit en 2013, CARE est venu en aide à plus de 350 000
personnes dans 4 des états les plus affectés par la crise. Avec la récente
déclaration de famine, CARE prévoit d’intensifier et d’étendre son aide
alimentaire d’urgence et ses programmes nutritionnels.

Vous pouvez soutenir nos actions : 

  • 55 €
    permettent, par exemple, de fournir des coupons alimentaires à une famille
    entière pendant un mois.
  • 150 € peut, par exemple, apporter tous les soins nécessaires à un enfant souffrant de malnutrition.

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