Ces deux dernières semaines,
le nord de la Syrie a connu le plus important déplacement de population depuis
le début de la guerre. Les camps de déplacés et les zones d’habitations sont la cible de frappes
aériennes, ce qui pousse les habitants à fuir, en quête de sécurité, vers des
destinations inconnues, qui peuvent s’avérer tout aussi dangereuses. Les
conditions hivernales et le temps glacial aggravent encore la situation
humanitaire déjà catastrophique.
La situation est pire que jamais
Dans le nord de la Syrie, la
situation est pire que jamais : depuis le début du mois de février, au
moins 100 civils ont été tués par des frappes aériennes,
dont 35 enfants. Pour tenter d’échapper aux bombardements, plus de
800 000 personnes ont été contraintes de fuir entre le 1er décembre 2019 et le
12 février 2020. C’est le plus important déplacement de population depuis le
début du conflit, en 2011, et ces chiffres devraient encore augmenter à mesure
que la violence continue de s’intensifier.
« La
situation est tragique : la plupart des civils fuyant le danger
s’installent dans des zones surpeuplées près de la frontière syro-turque. Les
familles cherchent refuge dans des camps de fortune et des bâtiments inachevés
qui ne sont absolument pas isolés du froid alors que les températures
descendent à -11 degrés dans certaines parties d’Idlib. La pluie, la neige et
les températures glaciales dans le nord-ouest de la Syrie ont rendu les
conditions de vie vraiment insupportables » alerte Tue Jakobsen, directeur adjoint de
l’ONG CARE en Turquie.
CARE et ses partenaires mettent
tout en œuvre sur place pour venir en aide aux populations. Mais les besoins
sont immenses. CARE exhorte toutes les parties au conflit à assurer la
protection des civils, la liberté de circulation et à permettre aux
humanitaires un accès durable et sans entrave pour fournir une assistance
vitale à toutes les personnes dans le besoin.
Témoignage de Mounir, forcé de fuir les combats avec sa famille :
« Je vivais une vie normale avec ma famille, jusqu’au jour où, soudainement, notre village et nos maisons ont été bombardés ! Nous avons donc dû fuir vers une zone rurale, où nous avons vécu pendant deux ans et demi. Et puis, un jour d’hiver froid et pluvieux, il y a eu des bombardements là-bas aussi, nous avons donc dû fuir à nouveau. Nous avons chargé nos affaires à la hâte, dans des véhicules, alors que la pluie tombait. Nous étions coincés, nous ne savions pas où aller. Nous nous sommes enfuis dans l’une des montagnes voisines, où des familles partageaient des tentes.
Aujourd’hui, nous vivons à 17 personnes dans une seule tente qui ne nous protège ni de la pluie, ni du froid. L’eau de pluie s’infiltre dans la tente et nous ne pouvons rien y faire. Nous n’avons pas de chauffage ou même de bois, pour faire du feu et nous tenir chaud. Nous n’avons pas de point d’eau et nous devons marcher de longues distances pour en trouver. Je souhaite qu’il y ait assez d’aide pour tout le monde ici », témoigne Mounir
L'action de CARE en Syrie
Dans le nord-ouest du pays, CARE et ses partenaires sont mobilisés
pour répondre aux besoins des populations déplacées à travers une aide
d’urgence : eau potable, nourriture, articles d’hygiène, produits pour
bébés, matelas, couvertures et des vêtements pour enfants.
CARE apporte également son soutien à un réseau d’ambulances et
appuie les efforts d’évacuation des centres urbains ciblés par les
frappes aériennes.
L’ONG CARE est présente en Syrie depuis 2014.
Contact média
Des porte-paroles de CARE dans la région sont disponibles pour des
interviews. Contactez Camille Nozières, 07 86 00 42 75, nozieres@carefrance.org