Donald Trump vient d’annoncer qu’il tournait le dos à la lutte contre les changements climatiques en sortant de l’accord de Paris sur le climat. Les ONG françaises dénoncent cette décision et rappellent l’urgence climatique.
Cette décision ne remet pas en question l’urgence climatique.
Donald Trump vient d’annoncer qu’il tournait le dos à la lutte contre les changements climatiques en sortant de l’accord de Paris sur le climat. Il cède ainsi aux lobbies des énergies fossiles, au détriment des intérêts d’une large majorité des citoyens, des villes, des Etats et de l’économie des États-Unis mais aussi des populations les plus vulnérables aux impacts du changement climatique.
Cette décision, annoncée à demi-mot à l’issue du G7, ne remet pas en question l’urgence climatique: plus que jamais, c’est aux pays fortement émetteurs de gaz à effet de serre de prendre les devants pour respecter les engagements de la COP21 en accélérant la transition écologique et en faisant preuve d’une solidarité accrue envers les pays en développement.
« La décision de Donald Trump est un grave recul. »
Réaction de Célia Gautier, du Réseau Action Climat
« La décision de Donald Trump est un grave
recul. Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris et en préserver la
crédibilité, les autres gouvernements, en particulier ceux des pays fortement
émetteurs de l’Union européenne comme la France, doivent montrer qu’ils
redoubleront d’efforts pour respecter les engagements de la COP21. Ils ont
l’occasion de le faire lors du Sommet Europe-Chine qui a lieu actuellement à
Bruxelles et lors du G20 en Allemagne, les 7 et 8 juillet.
Nous saluons
l’engagement du Président français de rester mobilisé sur l’application de l’accord de
Paris et l’incitons en conséquence à agir dès maintenant dans notre pays pour
revoir l’ensemble des politiques qui aujourd’hui encore sont nuisibles au
climat : fiscalité, transport, production énergétique, agriculture et
alimentation, habitat.
Par ailleurs, plus que jamais, notre pays devra tenir
les promesses financières faites aux pays les plus touchés par les impacts
des changements climatiques. »
« Cet acte traduit l’égoïsme des puissants au mépris de leur population et de la paix dans le monde. »
Réaction d'Armelle Le Comte, d’Oxfam France
« Cédant aux lobbies des fossiles, le
président climato-sceptique Trump décrédibilise et isole les États-Unis sur
la scène internationale en prenant une décision honteuse et irresponsable.
Alors que le changement climatique risque de faire basculer 100 millions de
personnes dans la pauvreté d’ici à 2030, et impacte déjà des millions
d’autres, la sortie des États-Unis de l’accord de Paris traduit l’égoïsme des
puissants au mépris de leur population et de la paix dans le monde.
Les
autres Etats doivent rester mobilisés pour réduire durablement leurs
émissions et aider les plus vulnérables à s’adapter au changement climatique.
La France, en particulier doit faire preuve d’exemplarité en augmentant les
fonds pour ces pays et en soutenant d’ici l’été, la mise en place de la taxe
européenne sur les transactions financières. »
« La décision de Donald Trump force chacun à se positionner et à accepter ou non d'être complice d'une course vers le chaos climatique. »
Réaction de Lucie Pinson, des Amis de la Terre
« Désormais, il n’y a plus de place aux
doutes. Les banques françaises, qui se sont engagées à respecter l’accord de
Paris, doivent prendre acte de la décision de Donald Trump : elles doivent
s’engager clairement à ne pas financer les projets fossiles auxquels
l’administration états-unienne va dérouler le tapis rouge. Il s’agit, en
priorité, de la construction des terminaux de gaz de schiste Rio Grande Ing
et Texas Ing dans lesquels sont impliquées Bnp paribas et Société générale
mais également des oléoducs Keystone XL et Trans Mountain. Crédit agricole
s’est engagé à ne pas financer le premier mais seule l’exclusion de
Transcanada de ses financements garantira l’absence de soutiens au projet.
En
France, les projets de terminaux gaziers doivent également être gelés car ils
constitueraient une porte d’entrée à l’arrivée de bateaux chargés en gaz de
schiste en provenance des USA. La décision de Donald Trump force chacun à se
positionner et à accepter ou non d’être complice d’une course vers le chaos
climatique. »
« Donald Trump devra assumer devant les peuples du monde cette décision, et devant l’histoire. »
Réaction de Philippe Jahshan, de Coordination SUD, plateforme des ONG
françaises de solidarité internationale
« On n’est jamais à l’abri de la bêtise !
Être à rebours de l’histoire est un droit, mais quand on est à la tête de la
première puissance mondiale, en faire usage est irresponsable. Donald Trump
devra assumer devant les peuples du monde cette décision, et devant
l’histoire.
Les Objectifs universels du développement durable (ODD), adoptés
par les Nations unies en 2015, fixent un cap de développement ambitieux d’ici
à 2030. Cette feuille de route ne pourra se réaliser sans lutter efficacement
contre les changements climatiques.
Il est désormais urgent que cet acte
indigne demeure isolé. Nous en appelons à la France et à la communauté
internationale à redoubler leurs efforts pour l’accentuation des engagements
de la COP21 et la mise en œuvre des ODD. »
« Nous allons tou-te-s être affecté-e-s par ce retour en arrière. »
Réaction de Fanny Petitbon, de CARE France
« Dix jours après la fin des négociations
climatiques à Bonn où la grande majorité des pays a rappelé l’urgence de
mettre en œuvre l’accord de Paris, la décision de Donald Trump est
consternante.
Nous allons tou-te-s être affecté-e-s par ce retour en arrière,
et en particulier les populations les moins responsables des émissions de gaz
à effet de serre qui vont en subir les impacts de plein fouet. Rester sous la
barre des +1,5°C de réchauffement climatique est pourtant littéralement une
question de survie pour les populations les plus vulnérables, notamment
celles des petits États insulaires, comme les Fidji, qui présideront la
prochaine COP.
Les États doivent, sans attendre, faire preuve de solidarité
et soutenir des solutions au changement climatique qui respectent les droits
humains. »
« Sortir de l’accord de Paris revient à mettre en péril la vie de millions de personnes. »
Réaction de Peggy Pascal, d'Action Contre la Faim
« La décision de Donald Trump va contre le
sens de l’Histoire et frappe avant tout les populations les plus pauvres,
déjà durement touchées par la faim et les guerres à travers le monde. Le
changement climatique accentue tragiquement cette situation, menaçant la
sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 795 millions de personnes,
qui pourraient être 600 millions de plus d’ici à 2080 particulièrement avec
la réduction concomitante des budgets d’aide au développement.
Sortir de
l’accord de Paris revient à mettre en péril la vie de dizaine de millions de
personnes dans les années qui viennent. »
« L’Union européenne doit se montrer à la hauteur en rehaussant ses engagements climatiques. »
Réaction de Samuel Leré, de la Fondation pour la Nature et l’Homme
« En niant la réalité scientifique et la
responsabilité de l’humanité sur le changement climatique, Donald Trump
réalise un acte stupide et criminel qui va à rebours du sens de l’Histoire.
L’Union européenne (UE) doit se montrer à la hauteur en rehaussant ses engagements
climatiques et en retrouvant son leadership sur la scène internationale. Plus
que jamais, l’UE doit faire de sa politique commerciale un levier pour
accélérer la transition écologique, d’abord en arrêtant de négocier des
accords commerciaux climaticides comme le TAFTA, ensuite en interdisant
l’importation de charbon et d’hydrocarbures américains. »
« Cette décision illustre les faiblesses intrinsèques de l’accord de Paris. »
Réaction de Maxime Combes, d’ATTAC France
« La décision de la Maison-Blanche,
véritable bras d’honneur aux populations qui supportent d’ores et déjà les conséquences
des dérèglements climatiques, place les États-Unis en pôle position pour être
un jour condamnés d’écocide et de crime contre l’humanité.
Cette décision
illustre les faiblesses intrinsèques de l’accord de Paris qui, en plus
d’objectifs climatiques insuffisants, ne donne aucun pouvoir légal aux
institutions internationales, aux États et aux citoyens pour poursuivre les
États voyous (dont la Russie est un autre exemple), là où la Banque mondiale,
le FMI et l’OMC disposent de règles contraignantes et de mécanismes de
sanction pour maintenir un statu quo économique et financier insoutenable.
C’est à cette dichotomie injustifiable entre commerce et climat qu’il faut
désormais s’attaquer d’urgence. »
« La France doit faire preuve d’exemplarité, de fermeté et de solidarité. »
Réaction de Nicolas Haeringer, de 350.org
« Dans la séquence qu’ouvre le retrait des
États-Unis de l’accord de Paris, la France doit faire preuve d’exemplarité,
de fermeté et de solidarité. Emmanuel Macron doit ainsi geler le
développement de tout nouveau projet fossile – les permis d’exploration comme
d’exploitation, bien sûr, mais aussi les infrastructures vouées à
l’importation d’hydrocarbures vers la France. »
Contacts presse
- Simon Coquillaud, Réseau Action
Climat, simon@rac-f.org / +33 6 66 28 95 06 - Caroline Prak, Oxfam France, +33 6 31 25 94 74 / cprak@oxfamfrance.org
- Lucie Pinson, Les Amis de la Terre, +33 6 79 54 37 15
- Jean-Baptiste Poncelet, France Nature Environnement, +33 6 79 21 31 14
- Manuela Lorand, Fondation
pour la Nature et l’Homme, +33 6 98 45 46 91 - Yaëlle Szwarcensztein, Care France, +33 7 86 00 42 75 / szwarcensztein@carefrance.org
- Maxime Combes, Attac France, +33 6 24 51 29 44 / maxime.combes@gmail.com
- Léa Vollet, Action Contre la Faim, 01
70 84 72 22 / lvollet@actioncontrelafaim.org - Gautier
Centlivre,
Coordination SUD, +33 7 70 00 28 81