Benoît Muracciole, président d’Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER), est convoqué par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 2 octobre prochain, en raison d’une suspicion « d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de compromission du secret de défense nationale. ». L’intimidation de représentants de la société civile est une atteinte grave à notre démocratie, alertent 14 ONG.
14 ONG humanitaires et de défense des droits humains dénoncent la convocation par les services de
renseignement français du président d’une ONG française demandant un véritable
contrôle des ventes d’armes françaises à l’étranger.
Benoît Muracciole, président d’Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER),
est convoqué par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 2
octobre prochain, en raison d’une suspicion « d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de compromission du
secret de défense nationale. »
Des journalistes avaient déjà fait l’objet de convocations similaires par
la DGSI, comme Geoffrey Livolsi et Mathias Destal du média d’investigation
Disclose, ainsi que Benoît Collombat de la cellule investigation de Radio
France en mai dernier, pour avoir publié des notes classées « confidentiel
défense » de la Direction du renseignement militaire (DRM).
Celles-ci confirmaient que des équipements militaires français achetés par
l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont engagés dans la guerre au
Yémen, avec un risque majeur d’utilisation dans des attaques illégales contre
des populations civiles, ce que nos organisations mettent en lumière depuis déjà
plus d’un an.
Benoît Muracciole, Président d’ASER, est inquiété pour avoir utilisé de
manière responsable des informations publiques essentielles à une action
juridique contre le gouvernement français, informations qui n’ont, en outre,
révélé aucune opération militaire française en cours, ni mis aucun personnel
français en danger.
Dans leurs référés respectifs contre le chargement des canons Caesar dans
le port du Havre, ainsi que dans l’appel du 8 septembre 2019 auprès de la Cour
d’Appel du tribunal administratif de Paris, ASER et ACAT-France ont utilisé les
documents produits par Disclose et ses partenaires, en accès public sur
internet et largement diffusés dans la presse française et internationale,
démontrant que le gouvernement français avait connaissance de l’usage des armes
françaises dans la guerre au Yémen.
C’est la première fois qu’une ONG est convoquée
par la DGSI dans le cadre de cette enquête. Nous nous déclarons totalement
solidaires d’ASER et sommes choqués par ce processus indigne de la France, pays
des droits de l’Homme: l’intimidation de représentants de la société civile est une
atteinte grave à notre démocratie et ne fera que renforcer notre détermination.
ONG signataires
ACAT-France ;
Action contre la Faim ; Cairo
Institute for Human Rights Studies (CIHRS) ; CARE France ; Fédération international des
droits de l’Homme (FIDH) ; Handicap International – Humanity &
Inclusion ; Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ; Médecins du Monde ;
Observatoire des armements ; Oxfam
France ; Salam for Yemen ;
Sherpa ; SumOfUs ; Yemen Solidarity Network