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Guerre au Yémen. Le silence est d’or pour la France

Depuis plus d’un an, la guerre
que se livrent les rebelles Houthis et la coalition militaire menée par l’Arabie
Saoudite a causé la mort de milliers de personnes et le déplacement de plus de
2,7 millions de Yéménites. Durant cette période les responsables français et
saoudiens se sont rencontrés à plusieurs reprises, essentiellement pour
des objectifs commerciaux, et non pour parler de la situation humanitaire
dramatique au Yémen. Les ONG françaises appellent la France à faire plus pour
mettre un terme à ce conflit et limiter les souffrances des civils.

Un communiqué conjoint de
Action contre la Faim,
CARE France, Handicap international,
Médecins du Monde,
Première Urgence Internationale

Plus d’une année de violences a mené l’un des pays les plus
pauvres du monde dans le chaos. L’impact du conflit est dramatique pour les
Yéménites : 82% de la population, soit 21,2 millions de personnes,
dépendent maintenant de l’aide humanitaire ; 2,75 millions sont déplacées ;
des dizaines d’écoles et d’hôpitaux ont été les cibles d’attaques ; 14,4
millions de Yéménites sont en situation d’insécurité alimentaire et les cas de
malnutrition se comptent aujourd’hui par centaines de milliers.

La cessation des hostilités conclue le 10 avril, préalable
indispensable aux discussions de paix qui devaient débuter le 18 avril au
Koweït, représente un premier espoir de paix après de nombreux mois sans aucune
avancée. Toutefois, de nombreuses violations de cet accord sont observées sur
le terrain et les pourparlers viennent d’être repoussés. Nous, ONG présentes et actives au Yémen, sommes profondément frappées
par la lenteur de ce processus et par l’inaction de la France, partenaire
privilégiée de l’une des parties au conflit.

En mai 2015, six semaines après le début des frappes aériennes
menées par la coalition, le Président français était l’invité du Conseil de
Coopération du Golfe. Seul chef d’Etat européen présent, François Hollande
aurait pu faire valoir ce statut unique afin de défendre les intérêts des
populations civiles yéménites. De même, les visites d’officiels saoudiens en
France ou de dignitaires français en Arabie saoudite et dans le Golfe se sont
multipliées ces derniers mois, jusqu’à la réception du ministre de l’Intérieur
saoudien le 4 mars dernier, à l’occasion de laquelle il a reçu la légion
d’honneur.

Si les communications ont été nombreuses entre Paris et Riyad, il
semble qu’elles aient essentiellement concerné les nombreux échanges
commerciaux entre les deux pays, particulièrement en matière d’armement*,
et non la condamnation des nombreuses violations du Droit International
Humanitaire au Yémen par toutes les parties au conflit, ni des obstacles
permanents rencontrés par les acteurs humanitaires pour venir en aide à la
population. Ainsi, il y a moins d’un mois, plus de 100 personnes étaient tuées
lors du bombardement d’un marché au nord du Yémen, sans qu’aucune condamnation
officielle ne soit faite par la France face à cette violation flagrante des
principes de précaution, de distinction et de proportionnalité dans la conduite
des hostilités.

Le silence français et international sur la crise en cours au Yémen,
pourtant l’une des trois plus graves au monde, se traduit également par le sous
financement de la réponse humanitaire : 16% des fonds nécessaires pour
2016 ont pour l’instant été reçus, et sans mobilisation significative de la
France, là non plus.

Lors de la visite du Président français en Jordanie, nous espérons
que le respect du Droit International Humanitaire dans la conduite des
hostilités sera discuté avec la Jordanie, également partie à la coalition armée
menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. De même, nous souhaitons vivement que la
visite du Vice-prince héritier et Ministre de la défense saoudien Mohammed bin
Salman bin Abdul Aziz, le 25 avril à Paris, soit l’occasion d‘aborder la
question de l’application du Droit International Humanitaire au Yémen. Nous
espérons que la France prendra enfin ses responsabilités en tant que membre
permanent du Conseil de sécurité et œuvrera activement à la résolution de ce
conflit meurtrier dont les premières victimes sont les civils.

* Selon le
Rapport 2015 au Parlement sur les
exportations d’armement de la France
, en 2014 les commandes saoudiennes en
armement français s’élevaient à plus de 3,5 milliards d’euros et sont en
augmentation croissante depuis 2012.

Contacts presse :

  • Action contre la Faim 

A Amman : Florian Seriex / fseriex@me.acfspain.org / +962 778 367 673
A Paris : Julia Belusa / jbelusa@actioncontrelafaim.org / + 33 1 43 35 82 22

  • CARE France

A Paris : Laury-Anne Bellessa / bellessa@carefrance.org / + 33 1 53 19 89 92 – 06 24 61 85 37

  • Handicap international

A Paris : Sophie GAGUIN / sgaguin@handicap-international.fr/+ 33 (0) 4 26 68 76 47 / +33 (0) 6 60 97 09 38

  • Médecins du Monde

A Paris : Aurélie Defretin / Lisa Veran 01 44 92 13 81 – 14 31 / 06 09 17 35 59 – presse@medecinsdumonde.net

  • Première Urgence Internationale 

A Amman : Alain Coutand / meroc@premiere-urgence.org / +962 7 78 41 47 00
A Paris : Jean JAVOGUES / jjavogues@premiere-urgence.org / +33 1 80 88 72 61

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