Une coalition de 8 ONG salue l’ambition affichée, lors de la conférence
de Londres, pour renforcer l’échelle et la portée de la réponse humanitaire à
la crise syrienne. Cependant, les promesses de dons pour l’année 2016 ne sont
pas suffisantes. 3 milliards de dollars restent à financer pour couvrir les besoins
humanitaires les plus urgents, estimés à 9 milliards par les Nations unies. Si
les ONG saluent la générosité de certains Etats, elles encouragent les autres à
assumer leur part équitable. Elles ont également tiré la sonnette d’alarme :
de nombreux Syriens vont continuer à souffrir si rien n’est fait pour mettre
fin aux violences en Syrie et assurer la protection des populations à
l’intérieur et à l’extérieur du pays.
« Tout l’argent du
monde ne suffira pas à protéger les enfants des armes explosives et en
particulier des bombes barils. Il faut mettre fin aux bombardements indiscriminés
contre les civils syriens, protéger les populations assiégées qui meurent de
faim, et celles qui n’ont pas accès à de la nourriture, de l’eau et un abri à
cause des violences ou des obstacles bureaucratiques. Il faut exercer une
pression diplomatique sur toutes les parties afin que le droit international
humanitaire et les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité de l’ONU
soient respectés », déclare Anne Héry, directrice du plaidoyer et des relations
institutionnelles d’Handicap International.
Les participants à la conférence ont condamné les
violations généralisées du droit international humanitaire par toutes les
parties du conflit. Cette condamnation ne suffira pas, les ONG demandent que
l’augmentation de l’aide humanitaire soit accompagnée d’efforts pour trouver des
solutions durables aux causes profondes du conflit. Il revient aux donateurs et à l’ONU de s’assurer
que l’aide humanitaire puisse atteindre l’ensemble du territoire syrien, y
compris dans les zones les plus vulnérables et les plus difficiles d’accès.
Il faut également fournir
des itinéraires sûrs et légaux pour les populations qui cherchent refuge hors
de la région et notamment vers l’Europe. Les conditions d’accueil doivent y
largement améliorées, l’accès aux droits
fondamentaux doit être renforcé y compris concernant l’accès au travail.
L’accueil des réfugiés ne peut reposer sur les seuls pays limitrophes.
Les trois principaux pays d’accueil des réfugiés, la
Jordanie, la Turquie et le Liban, ont accepté d’ouvrir leur marché du travail
et d’en améliorer la règlementation ainsi que de favoriser les investissements.
« Un million
de nouveaux emplois pourrait redonner espoir aux réfugiés syriens et aux pays
qui les accueillent. Il faut que les réfugiés aient accès à des permis de
travail et que ceux-ci soient abordables financièrement. Cela fait cinq ans que
la crise syrienne a débuté, c’est une crise longue. Nous ne pouvons pas nous
contenter de fournir une aide financière d’urgence aux réfugiés, il faut leur garantir
des emplois décents et qui ne les exposent pas à des risques d’exploitation. En
l’absence de source de revenu, certaines familles réfugiées sont contraintes
d’avoir recours aux mariages précoces, au travail d’enfants ou sont vulnérables
à l’exploitation sexuelle », explique Alexandre Giraud, directeur des
opérations de Solidarités International.
Les ONG saluent les engagements des gouvernements en
faveur d’un accès à une éducation de qualité pour tous les enfants réfugiés
d’ici l’année scolaire 2016/2017.
« Les nouveaux
financements répartis sur plusieurs années représentent une avancée majeure
pour permettre à des millions d’enfants de retourner à l’école. Mais il reste
encore à préciser la mise en œuvre de ces politiques. Les enfants syriens ont
été privés d’éducation depuis trop longtemps. Ils nous tardent de les voir
retourner dans une salle de classe. La communauté internationale doit également
soutenir l’accès à l’éducation en Syrie. 2,1 millions d’enfants sont
déscolarisés, les écoles ont été détruites, endommagées ou sont occupées »,
explique Adrien Tomarchio, directeur de la communication d’ACTED.
Les ONG appellent
à un suivi transparent et sérieux de la mise en œuvre de ces promesses. Il faut
garantir que les engagements pris à Londres se traduisent par des actions
concrètes et concertées.
« La France a
annoncé qu’elle fournira 1 milliard d’euros d’aide pour la crise syrienne entre
2016 et 2018. Même si d’autres Etats ont promis plus, il s’agit du plus grand
engagement financier français depuis le début du conflit. On ne peut que saluer
cette décision. Cependant ces paroles ne doivent pas rester lettres mortes, et abandonner
des millions de personnes qui subissent les conséquences tragiques de la crise
à travers la région. Il faut en outre rapidement préciser la nature et
l’affectation de la contribution française, et s’assurer qu’il s’agisse de dons
visant à financer l’aide et l’accès aux services de base pour les plus
vulnérables, et non pas seulement des prêts », déclare Jean-Patrick
Perrin, chargé de plaidoyer d’Oxfam France.
Les ONG signataires
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Signataires en France : ACTED ; CARE France ;
Handicap International Federation ; Médecins du Monde ; Oxfam France ; Secours
Islamique France ; Solidarités International ;UOSSM-France
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Signataires
à l’étranger : Amnesty International, Badael, Basmeh & Zeitooneh, Baytna
Syria, CAABU, CAFOD, Care International, Caritas Lebanon, Center for Victims of
Torture, Concern Worldwide, Dawlaty, Doctors of the World UK, International
Alert, Islamic Relief, Karam Foundation, Mercy Corps, Norwegian Church Aid,
Open Doors UK & Ireland, Oxfam, Pax Christi International, Protection
Approaches, Save the Children, Sawa Foundation, Sawa for Development and Aid,
Syria Relief and Development, Tearfund, Trocaire, UOSSM, Warchild,
Welthungerhilfe, World Vision