En bref
- Dans le monde, une fille sur 5 est mariée avant l’âge de 18 ans(1).
- Les mariages forcés sont synonymes de déscolarisation, augmentation des violences conjugales et des violences sexuelles pour les filles qui en sont victimes.
- Au Yémen, 23,1 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire(2)
- CARE agit pour apporter soutien psychologique et développement d’activité économique pour rendre leur autonomie aux filles et aux femmes
Se marier pour survivre : la réalité des filles au Yémen
Dans les zones rurales et les villages, des années de crise ont contraint les familles à faire des choix difficiles, comme marier leurs filles très jeunes dans l’espoir d’alléger leur fardeau financier ou de leur assurer une protection. C’est dans cet espoir d’un avenir meilleur qu’Heba*, 15 ans, quitte les bancs de l’école et revêt sa robe blanche.
50% de la population
souffre de la faim et près de la moitié des enfants de moins de cinq ans présentent une malnutrition chronique
Mais très vite, elle est confrontée à la réalité : l’illusion du « mariage salvateur » s’efface. Elle doit endosser les responsabilités d’une adulte : s’occuper du foyer, répondre aux attentes de son mari, tout en gardant le silence. La pression constante et l’accumulations de tâches quotidiennes l’enferment dans une nouvelle prison.
Progressivement, elle perd l’appétit. Puis son sommeil. Puis son sourire. À 16 ans, elle sombre dans une profonde dépression.
À ses 17 ans, le mariage se termine par un divorce. De retour dans sa famille, Heba ne sort pas pour autant de sa solitude. Elle doit désormais porter une double peine : le traumatisme des épreuves subies et la stigmatisation réservée aux jeunes femmes divorcées au Yémen.
Au Yémen, un mariage pour une femme c’est :
- Ne pas avoir le droit de sortir sans l’autorisation de son mari
- Ne pas pouvoir demander le divorce sans l’accord d’un tribunal
- Ne pas pouvoir refuser un acte sexuel
Écouter pour soigner : aider les filles à sortir du silence
Complètement isolée, Heba s’est d’abord rendue au centre de santé de Batees pour soigner des maux physiques. C’est un de ses soignants qui l’oriente vers un s soutien psychosocial mis en place par CARE dans des espaces sécurisés et confidentiels.
Au fil des entretiens, elle retrouve sa voix. Pour la première fois, elle n’était plus perçue comme une victime impuissante, mais comme une personne digne de respect, capable de guérir.
Dans les zones de crise, la santé mentale est souvent négligée. CARE intègre le soutien psychosocial directement au cœur des structures de santé locales. Nos équipes d’assistance sociale et de psychologues garantissent une prise en charge professionnelle, confidentielle et humaine.
Grâce au soutien de partenaires institutionnels exigeants tels que le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, CARE a pu accompagner chaque étape de la reconstruction d’Heba.
CARE agit sur le terrain
Nous ne nous contentons pas d’apporter une aide d’urgence immédiate aux familles touchées par la guerre. Grâce à une expertise de 80 ans, nous luttons durablement contre les violences basées sur le genre, protégeons les jeunes filles et accompagnons les populations vers l’autonomie et la dignité.
Une machine à coudre pour réparer le passé et coudre l'avenir
Voilà les mots qui ont marqué le tournant le plus fort dans sa guérison. Retrouver la couture, pour Heba, c’est renouer avec une passion d’enfance. Déterminée à regarder vers l’avenir, elle vend la bague de son mariage pour s’acheter une machine à coudre d’occasion.
A présent, Heba confectionne des vêtements, génère ses propres revenus et gagne une précieuse indépendance financière. Mais plus encore qu’un moyen de subsistance, le fil et l’aiguille sont devenus les instruments de sa reconstruction. La jeune fille réservée et brisée a laissé place à une jeune femme confiante, fière de son travail et résolument tournée vers l’avenir.
Ensemble, redonnons le pouvoir de choisir aux jeunes filles
Des milliers de jeunes filles comme Heba ont besoin d’un espace sécurisé et d’un accompagnement pour se reconstruire et prendre leur envol. Votre soutien permet à nos équipes d’agir chaque jour.
Foire aux questions
Quelle est la situation au Yémen ?
Après la révolte populaire de 2011, le Yémen s’est enfoncé dans une profonde crise politique. Le gouvernement, soutenu par des puissances régionales dont l’Arabie Saoudite est en guerre contre les rebelles Houthis. Après 3 ans de trêves, les combats ont repris en 2025. Cela engendre une grave crise humanitaire, aggravée par des conditions climatiques extrêmes.
Qu’est-ce qu’un mariage forcé ?
Un mariage forcé concerne une union où le consentement des deux parties n’est pas respecté. Les femmes et les filles en sont les premières victimes. Souvent organisé pour sortir de la pauvreté, obtenir un gain économique, ou d’assurer un avenir à sa fille, les mariages forcés reposent sur des stéréotypes de genre.
Comment lutter contre le mariage des enfants ?
L’ONG CARE est mobilisée pour lutter activement contre les stéréotypes de genre, fournir un accompagnement psycho-social individuel et soutenir la création d’activité économique pour aider les filles et les femmes à gagner leur autonomie. CARE est également présente pour accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles.
*Le prénom a été modifié pour préserver la sécurité de la personne accompagnée.
(1) https://www.unicef.fr/convention-droits-enfants/protection/mariage-force/
(2) https://www.oxfamfrance.org/humanitaire-et-urgences/yemen-crise-humanitaire/