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Yémen. « Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu lui sauver la vie. »

« Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu
lui sauver la vie. Mon père aurait pu avoir accès au traitement dont il avait
besoin en seulement 3 heures », témoigne Mohammed. Suite à la fermeture de l’aéroport international
de Sanaa, il y un an, 10 000 personnes sont mortes faute de pouvoir se rendre à
l’étranger pour recevoir des soins médicaux. Le père de Mohammed en fait partie. 


« Il a besoin de voyager pour être soigné mais il risque de mourir pendant le trajet. Vous devez prendre une décision. »

Les docteurs m’ont dit que l’état de santé de mon
père n’était pas bon. Au Yémen, il ne pouvait pas être soigné. Depuis le début de la guerre, les médicaments n’arrivent plus
dans le pays.
La principale raison est la fermeture de l’aéroport international
de Sanaa. Et ils n’arrivent pas non plus depuis le port de Hudaydah.

Mon père avait une fibrose au foie, notre seul espoir était qu’il reçoive une greffe à l’étranger. Les docteurs nous ont conseillé d’essayer de prendre un vol de Sanaa (via un vol humanitaire). Ils nous ont dit que mon père était trop
faible pour faire 20h de route en voiture jusqu’à l’aéroport de Seiyun, qu’il risquait de mourir durant le trajet. Cette route
est dangereuse, très dangereuse. 

Je leur ai demandé : « Alors que
faire ? ». Ils m’ont dit : « Il a besoin d’être soigné, de voyager
pour être soigné. C’est la seule option pour qu’il survive mais il risque de
mourir pendant le trajet. Il est très faible. Vous devez prendre une décision. » 

« Mon père répétait : "Quand je reviendrai, quand je reviendrai." Puis il est mort. »

Mon père était optimiste. Ça me faisait de la peine de le
voir comme ça. Il espérait être soigné à l’étranger et revenir à la maison. Il
a laissé de choses en suspens parce qu’il pensait pouvoir s’en occuper à son
retour. Il répétait : « Quand je reviendrai, quand je reviendrai. »
Puis il est mort soudainement. C’était horrible. 

Si on avait pu prendre un vol de Sanaa, on aurait pu lui sauver la vie. Mon père aurait pu avoir accès au traitement dont il avait besoin en seulement 3 heures.

La situation au Yémen est devenue catastrophique. Des gens meurent dans les hôpitaux yéménites,
d’autres essaient de trouver un moyen de sortir du pays.
Certains meurent sur la route ou une fois
arrivés dans la ville de Seiyun. 

Les ONG réclament l'ouverture de l'aéroport de Sanaa.

Le Yémen a besoin d’aide.

CARE a déjà soutenu 2 millions de personnes au Yémen. Notre bureau local aide les populations yéménites en leur apportant de l’eau potable, de la nourriture et des kits d’hygiène. Mais les besoins humanitaires sont très importants : l’ONU et les ONG ont besoin de 1,2 milliard de dollars pour couvrir les besoins les plus urgents des populations. 

Vous pouvez soutenir les actions d’urgence menées par CARE au Yémen et partout dans le monde.

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