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Conflits. Les civils sont les principales victimes, dénonce CARE

Syrie, Myanmar, Soudan du Sud…Les civils sont devenus les
premières victimes des conflits armés dans le monde, en complète violation du
droit humanitaire international. Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de CARE
France, alerte sur cette situation en 4 points. 

Les civils sont aujourd’hui les premières victimes des
conflits dans le monde. Ça n’a pas toujours été le cas.

Aujourd’hui, 80 % à 90% des victimes dans les conflits dans
le monde sont des civils*.
C’est une tendance contemporaine. Lors de la
Première Guerre mondiale, 9 tués sur 10 étaient des combattants, 1 sur 10 était
un civil. Un siècle plus tard, la proportion s’est inversée. 

En 2018 seulement, plus de 22 800 civils ont été tués ou
blessés rien que dans six pays : l’Afghanistan, l’Irak, le Mali, la Somalie, le
Soudan du Sud et le Yémen**.
Cela s’explique notamment par le fait que la
plupart des combats se déroulent désormais au cœur des villes. Quand les civils
ne sont pas directement ciblés comme en République démocratique du Congo, des
nombreuses attaques indiscriminées touchent les populations. Les armes
explosives utilisées en zones peuplées font une victime toutes les 24 minutes.

Les infrastructures civiles sont également régulièrement
attaquées : les hôpitaux, écoles… Par exemple, au Yémen, 1 140 bombardements
ont ciblé la production et l’approvisionnement en nourriture du pays
: fermes,
marchés ou réservoir d’eau potable… Cela a des conséquences dramatiques sur
les besoins humanitaires. Aujourd’hui, 80% de la population yéménite, soit 24
millions de personnes, ont besoin d’aide humanitaire pour survivre. 

Pour ceux qui survivent aux conflits, les violences ont
aussi des conséquences à long terme.

Les dangers liés à un conflit pour les civils seront
présents pendant des années. On estime qu’il faudra cinquante ans pour déminer
la Syrie après la fin de la guerre.
Le déminage au Cambodge, suite au conflit
des années 70, se poursuit encore aujourd’hui, faisant des victimes chaque
année. 

Et combien d’années faudra-t-il pour reconstruire toutes les
infrastructures vitales pour les populations ? La ville de Mossoul en Irak a été détruite à 70 %. En Syrie, les
destructions sont estimées à près de 400 milliards de dollars.
Ce sont des
économies entières qui ont été détruites. Au Yémen, l’ONU estime que le conflit
en cours a entraîné un retour en arrière de plus de 20 ans en matière de
développement humain. Même si le conflit prenait fin demain, il faudrait des
décennies pour revenir à la situation d’avant-guerre en termes d’accès à la
santé, l’éducation…

Et il faut penser aux traumatismes, aux blessés et aux
impacts sur des générations d’enfants qui n’ont pas pu aller à l’école et n’ont
connu que les violences au cours de leur vie.  

Quelle est la responsabilité de la communauté internationale
?

Il y a un non-respect flagrant du droit international
humanitaire. Les parties en conflit au Yémen, Syrie attaquent les civils en
toute impunité. 

Régulièrement, CARE et de nombreuses associations exhortent
la communauté internationale à améliorer de manière significative la protection
des civils.
Mais la réponse de la communauté internationale est insuffisante :
manque de condamnation publique et de pressions diplomatiques sur les pays
impliqués dans des crimes de guerre, impunité pour de nombreux responsables de
ces violations. Nous avons pourtant une responsabilité et un devoir vis-à-vis
de ceux qui souffrent. 

Et quelle est la responsabilité de la France ?

La France continue d’exporter des armes à des pays qui
mènent sans scrupule des attaques contre des civils, au mépris de ses
obligations internationales et du respect des droits humains. 
La France ne doit pas faire passer ses
intérêts commerciaux avant les vies humaines ! Par exemple, les principaux pays
impliqués dans les bombardements et le blocus imposé aux civils au Yémen
figurent dans le top 3 des pays ayant acheté des armes françaises entre 2009 et
2018, pour plus de 10,3 milliards d’euros de bénéfices. 

CARE France a d’ailleurs lancé une pétition pour exiger la
fin des ventes d’armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen.
12 pays
européens ont déjà stoppé ou réduit leurs ventes d’armes aux pays impliqués
dans la guerre au Yémen. La France doit suivre cet exemple ! Ce sont des
obligations morales et légales. Vous pouvez rejoindre notre mobilisation ! 

* source UN : https://www.un.org/press/fr/2019/cs13822.doc.htm 

** source UN :
https://news.un.org/fr/story/2019/05/1044151 

Au Yémen, les armes françaises tuent ? Dites stop et signez
notre pétition !

Les civils sont les premières victimes de la violente guerre
au Yémen. La France participe à cette crise humanitaire en vendant des armes et
des navires aux pays qui bombardent le Yémen et maintiennent un blocus illégal
affectant les populations civiles. 

La France doit cesser ses ventes d’armes aux pays impliqués
dans le conflit. Refusons d’être complices de la souffrance de millions de
personnes/de cette guerre ! Signez notre appel #PasEnMonNom que nous remettrons
aux députés français ! 

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